Les miscellanées d'Usva

Chroniques littéraires sans frontières

#jaimemonlibraire | 12 janvier 2019 — janvier 12, 2019

#jaimemonlibraire | 12 janvier 2019

Je vous retrouve comme chaque semaine pour faire un point sur les nouveautés qui ont rejoint ma bibliothèque. Mon objectif : rester fidèle à mes sujets de prédilection mais me pousser aussi un peu hors de ma zone de confort.

 

  • Thelonious de Roland Brival et Bruno Liance, paru aux éditions Gallimard le 1er novembre 2018 :

GO1272_thelonius_monk_COUV.indd« Thelonious Monk vit ses dernières années reclus et mutique. Un mystérieux mécanisme s’est brisé dans son esprit qui le rend incapable de jouer la moindre note. Lors de ses séjours dans la villa de son amie, la baronne Pannonica de Koenigswarter, il ne quitte plus sa chambre, ne touche plus au magnifique Steinway que celle-ci lui a offert, et communique très rarement avec les autres musiciens.

Le temps d’une nuit, celui qui fut l’un des pianistes de jazz les plus réputés revoit défiler son passé comme un vieux film parsemé d’images en lambeaux. Les tournées à l’autre bout du monde, du Japon au Mexique en passant par la France ou la Scandinavie. Les concerts dans les salles les plus prestigieuses, de la Fenice à la Salle Pleyel. Les souvenirs s’entremêlent et se succèdent pour raconter l’incroyable destin qui fut le sien dans une Amérique raciste et en proie à la ségrégation.

Thelonious, roman richement illustré de dessins réalisés à la craie, rend hommage à celui qui a révolutionné l’histoire du jazz et montré que dans les silences se trouvaient bien plus que des mots. »

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  • La morsure de Fred Dewilde, paru aux éditions Belin le 19 septembre 2018 :

41001536_0« Un récit graphique personnel sur l’après-Bataclan.

Fred Dewilde est un homme de la résilience. Il a vécu de l’intérieur les attentats qui ont plongé la France dans un état de sidération. Quelques mois après l’attaque du Bataclan, il tente de renouer avec une vie familiale heureuse et légère. Cependant, l’annonce des attentats de Nice le replongent dans la peur mais aussi le refus de la haine.

C’est par le dessin de Fred Dewilde a choisi d’exprimer les échos et les mécanismes du traumatisme. Pour lui, et plus encore pour ses enfants, il raconte la douleur qui envahit les victimes de cette guerre d’un genre nouveau… Profondément blessé, il lutte contre le désir de vengeance. Chaque planche de cette bande dessinée donne à voir toute l’humanité d’un des survivants du terrorisme contemporain. »

 

  • Le carnet retrouvé de Monsieur Max de Bruno Doucey, paru aux éditions Bruno Doucey le 21 mai 2015 :

71xmfwddmkl« Hypothèse n° 1 : on ne me tolère ce carnet que parce qu’il est jaune. Si le tissu vient à manquer pour l’étiquette, on pourra toujours y découper des étoiles et les coller sur la poitrine des Juifs que l’on amène ici. Hypothèse n° 2 : les Allemands ont un goût très prononcé pour l’humour jaune. En connaissez-vous la raison, mademoiselle ? Pas le moins du monde. Regardez autour de vous, réfléchissez. Je sais ce qu’est l’humour noir, monsieur Jacob, mais l’humour jaune, non, vraiment, je ne vois pas. Eh bien, les SS n’aiment-ils pas voir les Juifs se faire de la bile ? Si mon carnet était rouge, on me l’aurait déjà confisqué.

1943 : Saint-Benoît-sur-Loire. Dans une chambre, un vieux poète juif attend qu’on vienne le chercher et noircit les pages d’un petit carnet, racontant avec un humour féroce la folie qui s’est emparée du monde. Bruno Doucey se glisse ainsi dans la peau de Max Jacob, jusqu’à ses dernières heures à Drancy. Ce faux journal résonne avec une justesse bouleversante et nous tient en haleine de bout en bout. »

 

  • La lumière volée d’Hubert Mingarelli, réédité chez Folio Junior le 2 juillet 2009 :

817cljvy9dl« 1942. Élie, onze ans, s’est réfugié dans le cimetière du ghetto de Varsovie. La police allemande traque les jeunes trafiquants sans lesquels le ghetto serait affamé. Une nuit, Élie est rejoint par l’un d’eux, Gad, un peu plus âgé que lui.

Ensemble, ils s’inventent un monde intime, fragile. Au loin résonnent des coups de feu, qui se rapprochent…

Un texte d’une grande intensité sur le sort inhumain réservé aux populations prisonnières des ghettos. Un roman plein d’émotion et de poésie sur le désarroi des hommes face à la barbarie. »

 

Et vous, quelles sont vos nouvelles trouvailles ?

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#jaimemonlibraire | 8 décembre 2018 — décembre 8, 2018

#jaimemonlibraire | 8 décembre 2018

Je vous retrouve comme chaque semaine pour faire un point sur les nouveautés qui ont rejoint ma bibliothèque. Mon objectif : rester fidèle à mes sujets de prédilection mais me pousser aussi un peu hors de ma zone de confort.

 

  • Le vieil homme et la mer d’Ernest Hemingway, paru en 1952 et réédité par les éditions Gallimard le 4 mai 2017 :

G00089« À Cuba, voilà quatre-vingt-quatre jours que le vieux Santiago rentre bredouille de la pêche, ses filets désespérément vides. La chance l’a déserté depuis longtemps. À l’aube du quatre-vingt-cinquième jour, son jeune ami Manolin lui fournit deux belles sardines fraîches pour appâter le poisson, et lui souhaite bonne chance en le regardant s’éloigner à bord de son petit bateau. Aujourd’hui, Santiago sent que la fortune lui revient. Et en effet, un poisson vient mordre à l’hameçon. C’est un marlin magnifique et gigantesque. Débute alors le plus âpre des duels.

Combat de l’homme et de la nature, roman du courage et de l’espoir, Le vieil homme et la mer est un des plus grands livres de la littérature américaine.

Cette nouvelle traduction s’attache à restituer la prose lente, solennelle, presque dépouillée et subtilement ouvragée dans laquelle Hemingway chante l’aventure du vieil homme, lui redonnant ainsi toute sa dimension héroïque et tragique. »

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  • Elle s’appelait Sarah de Pascal Bresson et Horne, adapté du livre de Tatiana de Rosnay, paru aux éditions Marabout le 7 novembre 2018 :

71Xlq7-DsnL« Deux histoires se déroulent en parallèle : celle de Julia américaine qui vit à Paris, en 2000, avec son mari Bertrand et sa fille Zoë et celle de Sarah déportée avec son père et sa mère, en 194,2 lors de la rafle du Vel’ D’Hiv’. Les deux récits se rejoignent malgré les années qui les séparent.

Paris, juillet 1942 : Sarah, une fillette de dix ans qui porte l’étoile jaune, est arrêtée avec ses parents par la police française, au milieu de la nuit. Paniquée, elle met son petit frère à l’abri en lui promettant de revenir le libérer dès que possible.

Paris, mai 2002 : Julia Jarmond, une journaliste américaine mariée à un Français, doit couvrir la commémoration de la rafle du Vél d’Hiv. Soixante ans après, son chemin va croiser celui de Sarah, et sa vie va changer à jamais.

Elle s’appelait Sarah, est l’histoire de deux familles que lie un terrible secret, c’est aussi l’évocation d’une des pages les plus sombres de l’Occupation.

Le roman de Tatiana de Rosnay est porté par le souffle de Pascal Bresson et revit sous la délicatesse des dessins de Horne. »

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  • Zaï Zaï Zaï Zaï de Fabcaro, paru aux éditions 6 pieds sous terre le 21 mai 2015 :

FFFFFF-80-f-nature-0« Les filles, c’est papa… Écoutez, je ne rentrerai pas à la maison ce soir… et peut-être même pendant quelques jours… Vous avez peut-être déjà regardé les infos… Je veux que vous sachiez que votre papa n’est pas un bandit…

Un auteur de bande dessinée, alors qu’il fait ses courses, réalise qu’il n’a pas sa carte de fidélité sur lui. La caissière appelle le vigile, mais quand celui-ci arrive, l’auteur le menace et parvient à s’enfuir.

La police est alertée, s’engage alors une traque sans merci, le fugitif traversant la région, en stop, battant la campagne, partagé entre remord et questions existentielles.

Assez vite les médias s’emparent de l’affaire et le pays est en émoi. L’histoire du fugitif est sur toutes les lèvres et divise la société, entre psychose et volonté d’engagement, entre compassion et idées fascisantes. Car finalement on connaît mal l’auteur de BD, il pourrait très bien constituer une menace pour l’ensemble de la société.

Voici le nouveau récit choral de l’imparable Fabcaro, entre road movie et fait divers, l’auteur fait surgir autour de son personnage en fuite, toutes les figures marquantes – et concernées – de la société (famille, médias, police, voisinage…) et l’on reste sans voix face à ce déferlement de réactions improbables ou, au contraire, bien trop prévisibles. »

 

  • Sophie Scholl : non à la lâcheté de Jean-Claude Mourlevat, paru aux éditions Actes Sud Junior en mai 2014 :

41rjY4UufTL« Elle demande un billet aller-retou pour Stuttgart. Elle devrait pouvoir le faire sans angoisse, mais au moment de parler, il lui semble que sa voix se trouble et la trahit. C’est à cause de son coeur qui cogne et de son estomac qui vrille. Elle doit se battre chaque fois avec la même incontrôlable peur. Elle voudrait passer inaperçue, devenir invisible. Or il lui semble qu’elle occupe tout l’espace, qu’on ne voit qu’elle dans cette gare. La poignée de la valise lui brûle les doigts. Car la menace est partout, qui rôde : les soldats de la Wehrmacht, la police criminelle, la Gestapo. Aussi longtemps qu’elle tient cette valise au bout de son bras, elle est en danger de mort. Et elle le sait. »

 

Et vous, quelles sont vos nouvelles trouvailles ?

Book Haul final | Novembre 2018 — décembre 1, 2018

Book Haul final | Novembre 2018

Comme à la fin de chaque mois, je vous retrouve pour partager avec vous le bilan de mes acquisitions. Merci aux auteurs et aux éditeurs pour ces beaux moments, merci aussi à vous pour vos conseils !

Pour accéder à ma base de données, c’est par ici !

 

Retrouver les Book Haul de : février 2018, mars 2018, avril 2018, mai 2018, juin 2018, juillet 2018, août 2018, septembre 2018, octobre 2018

 

Et vous, quelles belles trouvailles avez-vous faites ?

#jaimemonlibraire | 24 novembre 2018 — novembre 24, 2018

#jaimemonlibraire | 24 novembre 2018

Je vous retrouve comme chaque semaine pour faire un point sur les nouveautés qui ont rejoint ma bibliothèque. Mon objectif : rester fidèle à mes sujets de prédilection mais me pousser aussi un peu hors de ma zone de confort.

 

  • Les aventures de Ruben Jablonski d’Edgar Hilsenrath, paru aux éditions du Tripode le 14 septembre 2017 :

51yFbGa5OfL« Un roman idéal pour découvrir ou redécouvrir Edgar Hilsenrath, un regard sensible et intime sur une période historique méconnue.

Arraché à l’insouciance et l’espièglerie de l’enfance par la terreur nazie, le jeune Ruben Jablonski se retrouve à la sortie de la Seconde Guerre mondiale dans une situation désespérée. Libéré d’un ghetto, séparé de sa famille et à la recherche d’un nouveau destin, il s’engage dans un périple épique qui le conduit de la Roumanie aux États-Unis, en passant par l’Ukraine, la Turquie, la Palestine et la France…

Les réminiscences enfantines, l’humanité qui survit à l’horreur et l’amour de la littérature pour unique boussole confèrent aux Aventures de Ruben Jablonski une force et un humour rares. Edgar Hilsenrath a écrit ce roman en 1997 – bien après les autres livres qui lui avaient déjà apporté une renommée internationale – et il fait la bouleversante synthèse des quinze années qui ont vu sa vie basculer. »

 

  • La boîte aux lettres du cimetière de Serge Pey, paru aux éditions Zulma en mai 2014 :

LaSolutionEsquimauAW« Tout commence et s’achève avec la porte de la maison d’enfance. Comment accueillir son monde, un 1er Mai, quand il n’y a pas de table assez grande – tous les bergers descendus de la montagne, les ouvriers agricoles, les camarades fomentant la grève générale ? À bout de bras, le père extirpe alors de ses gonds la lourde porte qu’il vient lui-même de construire et la couche sur deux tréteaux. Pour l’enfant ébahi, c’est le monde qui s’inverse…

Après le Trésor de la Guerre d’Espagne qui nous avait fait découvrir le singulier talent de Serge Pey, la Boîte aux lettres du cimetière vient confirmer un ton unique dans l’art du récit, avec ces trente histoires cruelles, drolatiques ou tendres – des histoires à couper le souffle, tant par leur beauté immédiate, brutale, que par l’univers à la fois charnel, réaliste et enchanté qui se dévoile à nous. »

 

  • Toutes ces vies qu’on abandonne de Virginie Ollagnier, paru aux éditions Liana Levi en janvier 2007, réédité dans la collection Piccolo en octobre 2018 :

A Mathematician (?)« En décembre 1918, à Annecy, l’armistice est signé, mais les trains continuent de ramener du front des hommes à jamais meurtris. L’un d’eux, à l’identité inconnue, semble ne pas vouloir se réveiller. C’est à Claire, une jeune novice travaillant depuis quatre ans dans son service, que le professeur Tournier confie la tâche de ramener à la vie ce corps muet, refermé sur ses souvenirs.

Par fragments, l’inconnu se dévoile au lecteur et la jeune infirmière à elle-même… Les débuts de la psychiatrie, les vestiges de la guerre et l’apprentissage du désir forment un violent mélange qui en quelques semaines peut faire basculer toute une vie. »

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  • Simple de Julie Estève, paru aux éditions Stock le 22 août 2018 :

9782234083240-001-T« On ne l’appelle jamais Antoine Orsini dans ce village perché au coeur des montagnes corses mais le baoul, l’idiot du coin. À la marge, bizarre, farceur, sorcier, bouc émissaire, Antoine parle à sa chaise, lui raconte son histoire, celles des autres, et son lien ambigu avec Florence Biancarelli, une gamine de seize ans retrouvée morte au milieu des pins et des années 80.

Qui est coupable ?

On plonge à pic dans la poésie, le monde et la langue singulière d’un homme simple, jusqu’à la cruelle vérité. »

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Et vous, quelles sont vos nouvelles trouvailles ?

#jaimemonlibraire | 17 novembre 2018 — novembre 17, 2018

#jaimemonlibraire | 17 novembre 2018

Je vous retrouve comme chaque semaine pour faire un point sur les nouveautés qui ont rejoint ma bibliothèque. Mon objectif : rester fidèle à mes sujets de prédilection mais me pousser aussi un peu hors de ma zone de confort.

 

  • Heimat : loin de mon pays de Nora Krug, paru aux éditions Gallimard BD le 18 octobre 2018 :

HEIMAT_Couv_OK.indd« Comment comprendre qui l’on est si l’on ne comprend pas d’où on vient ?

Nora Krug est née trois décennies après la chute du régime nazi, mais les ombres de la Shoah ont assombri son enfance, passée dans la ville de Karlsruhe, en Allemagne. Devenue adulte et installées aux États-Unis, elle retourne dans son pays natal pour tenter d’exhumer la vérité du passé familial, jusque-là soigneusement occultée.

Par bribes, elle retrace notamment l’histoire de son grand-père maternel, moniteur de conduite pendant la guerre, et celle de son oncle paternel, soldat SS tombé au combat alors qu’il était encore adolescent.

La quête de Nora Krug, odyssée aussi fascinante qu’émouvante, court sur plusieurs générations de part et d’autre de l’Atlantique, l’auteur se débattant avec le concept de Heimat, terme allemand déignant, entre autres, l’endroit où l’on a commencé à se construire.

Entre bande dessinée et album photo, une enquête intime stupéfiante au cœur de l’Allemagne nazie. »

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  • Cris de Laurent Gaudé, paru aux éditions Actes Sud (Babel) en janvier 2004 :

9782742745999« Ils se nomment Marius, Boris, Ripoll, Rénier, Barboni ou M’Bossolo. Dans les tranchées où ils se terrent, dans les boyaux d’où ils s’élancent selon le flux et le reflux des assauts, ils partagent l’insoutenable fraternité de la guerre de 1914. Loin devant eux, un gazé agonise. Plus loin encore retentit l’horrible cri de ce soldat fou qu’ils imaginent perdu entre les deux lignes du front : « l’homme-cochon ». A l’arrière, Jules, le permissionnaire, s’éloigne vers la vie normale, mais les voix des compagnons d’armes le poursuivent avec acharnement. Elles s’élèvent comme un chant, comme un mémorial de douleur et de tragique solidarité, prenant en charge collectivement une narration incantatoire, qui nous plonge, nous aussi, dans l’immédiate instantanéité des combats, avec une densité sonore et une véracité saisissantes. »

 

  • Rosa Parks : la femme qui osa dire « non » ! de Sophie De Mullenheim et Johan Papin, paru aux éditions Fleurus le 26 octobre 2018 :

rosa-parks-fleurus-2018« – Maman, demande Rosa. Est-ce que l’eau des Blancs est meilleure que la nôtre ?
– Non, ma chérie, bien sûr que non.
– Mais alors, pourquoi il y a deux fontaines ?
Leona ne répond pas et regarde sa fille intensément. Elle sait très bien que Rosa connaît la réponse à sa question, qu’elle n’ignore pas que les Blancs ne veulent pas risquer de se contaminer au contact des Noirs.

Un récit qui retrace la vie de Rosa Parks, militante pour les droits des Noirs américains.

Une histoire qui repose sur des faits historiques afin que la lectrice découvre Rosa Parks : une femme engagée, courageuse, qui a marqué l’histoire des luttes contre le racisme. »

 

  • Le revenant d’Éric Chauvier, paru aux éditions Allia le 23 août 2018 :

book_814_image_cover« Dans le Paris de la disruption, de ses limbes de mort-vivant, il traque des motifs de soulagement. Mais ne subsistent en lui que des idées fantômes et des sensations pâles. Il ne peut rien exprimer de sa quête passée et de sa damnation éternelle. Même si des souvenirs précis venaient hanter son esprit demeuré, il ne pourrait rien en dire. Cette aphasie est peut-être une résurgence de ses troubles cérébraux, nous n’en savons rien.

Et si Baudelaire revenait parmi nous ? S’il flânait de nouveau dans les ruelles de nos grandes métropoles, réapparu sous la forme, non du dandy de jadis, mais du vagabond ? Un misérable hère assistant, affalé sur le bitume, à la valse de nos contemporains et essuyant leur mépris. Lui qui redoutait tant de se sentir inférieur à ceux qu’il dédaignait, le voici hué, puis bientôt hissé à la tête d’une parade de zombis avant de connaître le destin d’une âme suppliciée.

Par vagues réminiscences, lui parvient le souvenir de son être passé et de son oeuvre. La rue assourdissante autour de moi hurlait peut-on lire dans son poème À une passante. Et Rimbaud n’écrivait-il pas de lui qu’il est le premier voyant ? Éric Chauvier montre à quel point les visions prémonitoires de Baudelaire révèlent la nature véritable des figures qui hantent nos métropoles contemporaines, de l’artiste en résidence dans les territoires défavorisés à la prostituée slave. C’est une comédie noire, réaliste et crue, celle de nos villes modernes, des hommes qu’elles brisent et rejettent. Il faut bien se rendre à l’évidence : au cœur de nos vies quotidiennes, Les Fleurs du mal continuent de croître. »

 

Et vous, quelles sont vos nouvelles trouvailles ?

#jaimemonlibraire | 10 novembre 2018 — novembre 10, 2018

#jaimemonlibraire | 10 novembre 2018

Je vous retrouve comme chaque semaine pour faire un point sur les nouveautés qui ont rejoint ma bibliothèque. Mon objectif : rester fidèle à mes sujets de prédilection mais me pousser aussi un peu hors de ma zone de confort.

 

  • Le jour où la Durance de Marion Muller-Colard, paru aux éditions Gallimard (collection Sygne) le 4 octobre 2018 :

G01210« Tout le monde n’a pas le don des larmes.

Bastien est mort dimanche et Sylvia, sa mère, aimerait croire que cela ne change pas grand-chose. Car Bastien, lourdement handicapé, n’a jamais pu parler ni adresser un regard à quiconque. Alors que passent les premiers jours sans lui, une pluie diluvienne gonfle les eaux de la Durance voisine. Chez Sylvia aussi, la part sauvage menace de déborder à mesure que les souvenirs familiaux affluent.

À travers un récit bouleversant, Marion Muller-Colard questionne le sens de l’amour filial, emportant son lecteur vers des rives inattendues »

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  • Soixante-douze heures de Marie-Sophie Vermot, paru aux éditions Thierry Magnier le 14 février 2018 :

51XQ2CIDpNL« Soixante-douze heures, c’est le temps dont dispose lrène pour revenir sur la décision qu’elle a prise un matin de septembre, pendant un devoir de maths : celle d’accoucher sous X. Dans le silence de sa chambre d’hôpital, elle chasse l’air de ses poumons, puis reprend une inspiration et le chasse à nouveau, avec plus de vigueur cette fois. Par bribes, les souvenirs affleurent, qui reconstituent son histoire. Ces derniers mois, ces dernières années. Sa rencontre avec ce garçon, fasciné par son ultrafinesse, le lycée, sa mère, les secrets de famille. Malgré ses efforts, Irène est habitée par cette voix qui la poursuit et lui rappelle que ce bébé qu’elle vient d’expulser de son corps est le sien pour la vie. Tout se mêle, c’est le chaos dans son crâne. Et l’heure approche.

Mais cette décision lui appartient à elle, et à personne d’autre.

Un texte rare qui dit, sans fard et sans jugement, un combat aussi intime qu’universel. »

 

  • Little Big Bang de Benny Barbash, paru aux éditions Zulma en janvier 2011 :

81UGVItpdyL« Un peu d’obésité chez un honnête homme israélien est loin d’être une disgrâce. Sauf s’il décide de maigrir à tout prix. Malgré les moqueries affectueuses de son épouse et des grands-parents, notre homme multiplie en vain les régimes : tout fruit, tout viande, ou tout carotte. Une diététicienne de renom lui recommande le tout olive. II finit par avaler un noyau qui se fiche dans l’épigastre. Et voilà qu’un beau jour quelque chose bourgeonne de son oreille gauche, une pousse d’olivier dirait-on, un phénomène qui sera à l’origine d’un véritable Big Bang local…

À partir d’un événement pour le moins insolite, traité à la manière positive du conteur, Benny Barbash nous offre une fable à mourir de rire, d’une pertinence abrasive. »

 

  • Augustin d’Alexandre Duyck, paru aux éditions JC Lattès le 10 octobre 2018 :

9782709662406-001-T« Le 11 novembre 1918 à 5h15, la France et l’Allemagne signent l’armistice. Mais l’état-major français décide d’attendre onze heures, en ce onzième jour du onzième mois, pour que cessent les combats.

À 10h45, le soldat de première classe Augustin Trébuchon est tué.

Il est le dernier soldat français tué.

Alexandre Duyck a fouillé les archives militaires et civiles, retrouvé tout ce qu’on pouvait savoir sur ce berger devenu soldat et imaginé le reste : les pensées de cet homme courageux, observateur, taiseux, blessé deux fois, qui fut de tous les combats, ne prit en 4 ans qu’une seule permission et obéi aux ordres jusqu’au bout. »

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Et vous, quelles sont vos nouvelles trouvailles ?

#jaimemonlibraire | 3 novembre 2018 — novembre 3, 2018

#jaimemonlibraire | 3 novembre 2018

Je vous retrouve comme chaque semaine pour faire un point sur les nouveautés qui ont rejoint ma bibliothèque. Mon objectif : rester fidèle à mes sujets de prédilection mais me pousser aussi un peu hors de ma zone de confort.

 

  • Nanofictions de Patrick Baud et illustré par Yohan Sacré, paru aux éditions Flammarion le 3 octobre 2018 :

61yzu3MSjEL« Il avait un sablier à la place du cœur, qui égrenait doucement le temps qu’il lui restait. À la fin de sa vie, il commença à marcher sur les mains pour inverser le processus. Et il put tout recommencer, la tête en bas.

Avec les Nanofictions, Patrick Baud s’est lancé dans un étonnant défi littéraire : raconter des histoires complètes en quelques phrases. Teintées de fantastique, d’onirisme, de poésie et d’humour, ces micronouvelles invitent les lecteurs à plonger dans un imaginaire riche et foisonnant. »

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  • Le singe, l’idiot et autres gens de William Chambers Morrow, paru aux éditions Libretto le 1er novembre 2018 :

9782369144205« William Chambers Morrow s’est rendu célèbre en 1897 grâce à la publication de ce recueil de nouvelles. Il enchanta Apollinaire et Alfred Jarry, qui n’hésiteront pas à en faire un héritier de l’œuvre d’Edgar Allan Poe.

Sont ici recueillies quatorze histoires où l’on meurt beaucoup, et rarement dans son lit. Morrow est un maître du conte cruel, usiné à froid, sans recherche d’effet, et d’autant plus impressionnant. L’humour n’est pas loin, mais comme invisible, et du noir le plus noir.

Dire qu’on en sort un peu secoué est un euphémisme, pourtant on serait prêt à en redemander. »

 

  • Les mille et une nuits de Krushnik de Sholem-Aleikheim, paru aux éditions de L’Antilope le 4 octobre 2018 :

Ant_16_Sho_1001Nuits_COUV_RVB« Donc, comme je vous l’ai promis, monsieur Sholem-Aleikhem, je vais commencer par mon fils aîné, mon Yehiel, que les Ruskoffs ont pris à la guerre et mis à tirer au même titre que les moujiks. […] Tu parles d’une science, tirer ! On attrape le machin, on appuie un coup, et ça tire ! Mais là n’est pas la question. Allez-y, fusillez-vous, pendez-vous, noyez-vous, et laissez mon Yehiel tranquille, pourquoi doit-il tirer avec vous ?

Dans ces mille et une nuits, le palais est un bateau d’émigrants fuyant vers l’Amérique. Shéhérazade, c’est Yankl, le narrateur, qui confie ses déboires : sa Krushnik natale n’a cessé de passer de l’occupation russe à l’occupation allemande. De quoi rendre fous les habitants juifs, véritables dindons de la farce.

Faire rire de la guerre – la Première Guerre mondiale – Sholem-Aleikhem s’y emploie avec brio.

Un récit écrit en 1915, l’un des derniers de l’auteur. »

 

  • Devant la mort d’Hervé Prudon, paru aux éditions Gallimard le 11 octobre 2018 :

G02336« Atteint d’un cancer diagnostiqué en août 2017, Hervé Prudon se savait condamné. Durant les deux derniers mois de sa vie, où il lui était devenu impossible d’écrire le roman qu’il avait ébauché, il remplira deux carnets de moleskine noirs d’une écriture tremblée. Une centaine de poèmes qui tous parlent de la mort à venir et frappent par leur lucidité et l’urgence dont ils sont un puissant témoignage. Ils dessinent en creux la personnalité d’un homme, porteur d’une douleur existentielle qu’il chercha toute sa vie à conjurer par la légèreté. Sylvie Péju. »

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Et vous, quelles sont vos nouvelles trouvailles ?

Book Haul final | Octobre 2018 —

Book Haul final | Octobre 2018

Comme à la fin de chaque mois, je vous retrouve pour partager avec vous le bilan de mes acquisitions. Merci aux auteurs et au éditeurs pour ces beaux moments, merci aussi à vous pour vos conseils !

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Retrouver les Book Haul de : février 2018, mars 2018, avril 2018, mai 2018, juin 2018, juillet 2018, août 2018, septembre 2018

 

Et vous, quelles belles trouvailles avez-vous faites ?

#jaimemonlibraire | 13 octobre 2018 — octobre 13, 2018

#jaimemonlibraire | 13 octobre 2018

Je vous retrouve comme chaque semaine pour faire un point sur les nouveautés qui ont rejoint ma bibliothèque. Mon objectif : rester fidèle à mes sujets de prédilection mais me pousser aussi un peu hors de ma zone de confort.

 

  • La fille d’avril d’Annelise Heurtier, paru aux éditions Casterman le 5 septembre 2018 :

« La fille d'avril » d'Annelise Heurtier (Casterman, 2018)

« À travers le parcours d’une adolescente déterminée, une plongée fascinante dans les années 60.

Comme pour la plupart des jeunes filles dans les années 1960, l’avenir de Catherine est tout tracé : se marier, avoir des enfants, puis s’en occuper le plus clair de son temps. Un jour, elle est contrainte de rentrer du collège en courant. C’est une révélation : quel sentiment de force, de liberté ! Mais courir, surtout pour une femme, est une chose alors impensable. Pourtant Catherine s’interroge, rêve d’une vie différente, s’entête… Jusqu’où sa détermination la mènera-t-elle ? »

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  • Dans la gueule du loup de Michael Morpurgo et Barroux, paru aux éditions Gallimard jeunesse le 11 octobre 2018 :

« Dans la gueule du loup » de Michael Morpurgo et Barroux (Gallimard jeunesse, 2018)

« Francis et Pieter ont toujours été très différents. Lorsque la guerre éclate en 1939, ils choisissent deux chemins opposés: l’un est pacifiste, l’autre s’engage comme soldat dans la Royal Air Force et part au combat. La suite de l’histoire va bouleverser leurs vies pour toujours. Et Francis doit se jeter à son tour dans la gueule du loup.

L’histoire vraie de deux frères dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale. Un récit limpide et chaleureux par le grand conteur Michael Morpurgo, magnifiquement illustré par Barroux.

Ce qu’ont affronté mes deux oncles m’a profondément marqué. Ce livre est, d’une certaine façon, le plus personnel que j’aie jamais écrit. – Michael Morpurgo »

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  • Le discours de Fabrice Caro, paru aux éditions Gallimard (collection Sygne) le 4 octobre 2018 :

« Le discours » de Fabrice Caro (Gallimard, 2018)

« Tu sais, ça ferait très plaisir à ta sœur si tu faisais un petit discours le jour de la cérémonie.

C’est le début d’un dîner de famille pendant lequel Adrien, la quarantaine déprimée, attend désespérément une réponse au message qu’il vient d’envoyer à son ex. Entre le gratin dauphinois et les amorces de discours, toutes plus absurdes les unes que les autres, se dessine un itinéraire sentimental touchant et désabusé, digne des meilleures comédies romantiques.

Un récit savamment construit où le rire le dispute à l’émotion. »

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  • Ici, les femmes ne rêvent pas de Rana Ahmad, paru aux éditions Globe le 10 octobre 2018 :

« Ici, les femmes ne rêvent pas » de Rana Ahmad (Globe, 2018)« Rana, dix ans, fonce sur son vélo flambant neuf. Heureuse, insouciante, choyée par son père, un vent de liberté lui caresse le visage.

Quinze jours plus tard, c’est terminé. Son vélo est donné à l’un de ses oncles. Encore quelques mois et elle devra, pour être une bonne musulmane aimée d’Allah, porter l’abaya noire sur son corps, le niqab sur son visage et le tarha sur sa tête et ses épaules. Ensuite, ses parents lui trouveront un mari et elle sera condamnée à ne plus rien faire que la cuisine, le ménage et ses cinq prières par jour. C’est la loi.

Il ne reste à Rana que ses yeux pour pleurer et contempler son monde : l’Arabie saoudite des années 2000. Mais sur ce monde, elle porte un regard impitoyable. La frustration sexuelle fabrique des obsédés et des hypocrites. L’obsession et l’hypocrisie transforment les hommes en ennemis de leurs propres sœurs, filles ou épouses. Les agressions et les violences quotidiennes donnent aux femmes l’envie de fuir. Très peu réalisent ce rêve fou.

Rana sera l’une d’elles. Elle n’a jamais oublié le vent de liberté de ses dix ans, elle est prête à tout pour le retrouver et en jouir, et, cette fois, en adulte. »

 

  • De longues nuits d’été d’Aharon Appelfeld, paru aux éditions de l’École des loisirs le 26 avril 2017 :

« De longues nuits d'été » d'Aharon Appelfeld (Ecole des loisirs, 2017)« Papi Sergeï, un ancien soldat devenu aujourd’hui un vieil homme aveugle, et Janek, un garçon juif placé sous sa protection, effectuent un long voyage. En toile de fond, la Seconde Guerre mondiale qui fait rage. Les deux compagnons vont de village en village pour mendier et luttent pour leur survie.

Ce couple de héros peut faire penser, bien sûr, à une variation sur le thème Le vieil homme et l’enfant. On pense beaucoup aussi à La Route, de Cormac McCarthy, pour la profondeur et la simplicité du texte, des dialogues, pour sa situation apocalyptique, pour ce lien de confiance entre un homme et un enfant, dans un monde barbare. Valérie Zenatti, traductrice des romans d’Aharon Appelfeld. »

 

Et vous, quelles sont vos nouvelles trouvailles ?

#jaimemonlibraire | 6 octobre 2018 — octobre 6, 2018

#jaimemonlibraire | 6 octobre 2018

Je vous retrouve comme chaque semaine pour faire un point sur les nouveautés qui ont rejoint ma bibliothèque. Mon objectif : rester fidèle à mes sujets de prédilection mais me pousser aussi un peu hors de ma zone de confort.

 

  • Maître-Minuit de Makenzy Orcel, paru aux éditions Zulma le 4 octobre 2018 :

LeVieuxJardinAW+« Poto est né sous les tristes tropiques d’une dictature sanguinaire, de père inconnu et de Marie Élitha Démosthène Laguerre, sa mère présumée qui erre chaque nuit dans les vapeurs de colle. Mais Poto a un vrai don pour se percher au niveau des étoiles, rêver sa vie, se raconter le monde et le dessiner.

Avec pour seul trésor ses dessins dans un sac à dos, Poto se met en chemin. Il mime le fou pour que la faune de la cité le laisse en paix, vivant de larcins et de jongleries… Jusqu’au jour où il se place sous l’étrange protection d’un tueur à gages à la solde du régime.

Voici donc l’histoire saisissante et belle d’un funambule, d’un arpenteur qui apprend la vie en marchant, tel Maître-Minuit, géant haïtien légendaire – un homme debout, qui avance toujours, quoi qu’il arrive. »

 

  • Capitaine Rosalie de Thimotée de Fombelle et Isabelle Arsenault, paru aux éditions Gallimard Jeunesse le 4 octobre 2018 :

J01403_rosalie_JAQUETTE.indd« Hiver 1917. Une petite fille courageuse traverse la guerre avec une idée fixe. Elle reherche la vérité et rien ne pourra l’arrêter…

Rosalie a cinq ans et demi. Son père est au front et sa mère travaille à l’usine. Alors, même si elle n’a pas encore l’âge, Rosalie passe ses journées à l’école, dans la classe des grands. On croit qu’elle rêve et dessine en attendant le soir. Mais Rosalie s’est fabriqué une mission, comme celles des véritables soldats. Elle est capitaine et elle a un plan. »

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  • Les amours d’un fantôme en temps de guerre de Nicolas de Crecy, paru aux éditions Albin Michel le 26 septembre 2018 :

9782226403551_AMOURS_FANTOME_JAQUETTE.indd« Dans le monde des fantômes, une guerre impitoyable fait rage. Des spectres malfaisants, idéologues et criminels, ont pris le pouvoir.

Alors que la Résistance s’organise, un jeune fantôme, à la recherche de ses parents disparus, s’y enrôle avec espoir et conviction. Avant d’être impliqué dans une autre guerre, plus violente encore : celle des humains. Le hasard amène le jeune fantôme jusqu’à une maison étrange, où se cache une jeune fille. Il en tombe amoureux, voudrait lui déclarer sa flamme, alors que celle-ci ne se doute même pas de son existence. Mais un soir elle disparaît…

Pour les jeunes lecteurs comme pour les adultes (à partir de 13 ans). »

 

  • Séraphine de Marie Desplechin, nouvelle édition parue aux éditions de l’École de loisirs le 7 mars 2018 :

9782211236218« Que faire de sa vie quand on a treize ans et qu’on est une fille pauvre, pas laide, sachant lire, sans autre protection que celle d’un vieux curé, d’une tante prostituée et d’une veuve ronchon ? Nonne ? Jamais. Séraphine est trop insolente. Couturière ? Non plus. Elle a trop envie de parler et de voir du monde.

Peut-être qu’un jour les femmes pourront devenir juges, gendarmes ou avocats et faire de la politique… Peut-être même qu’un jour Dieu Lui-même sera une femme. Mais, pour l’instant, nous sommes en 1885, à Paris, ou plutôt à Montmartre. Le souvenir de la Commune est encore vif chez les uns. Les autres s’occupent de l’enterrer définitivement en bâtissant, là-haut sur la butte, le Sacré-Coeur.

Et Séraphine ne voit qu’une solution pour mener la vie libre et sans misère dont elle rêve : s’en remettre à sainte Rita, la patronne des causes désespérées… »

 

  • La rue de l’Ours de Serge Bloch et Marie Desplechin, paru aux éditions de l’Iconoclaste le 3 octobre 2018 :

oursOK« Dans la rue de l’Ours, à Colmar,il y a une boucherie casher. Derrière le comptoir, il y a la tante Thérèse, dite Loulou. Dans l’arrière-boutique, Georges, l’oncle, fait les comptes. Traversez la petite cour, Sylvain est dans son laboratoire. C’est ici que Serge retrouve son père qui prépare la viande. La boucherie, c’est l’épicentre de la famille Bloch. Et pour cause, on se la transmet de père en fils. Serge Bloch se remémore. Il raconte le grand-père, ses parents qui durent fuir la région pendant la guerre. Les années 1960. Les rites juifs. Les grands bonheurs et les petits larcins de l’enfance. Et dresse une galerie de personnages forts et attachants. Le portrait d’une famille attendrissante, où l’amour se dit sans mots.

Si la boucherie a fermé et n’est plus aujourd’hui qu’une devanture aveugle, il n’en reste pas moins que subsiste un héritage. Celui de la beauté du mouvement. Attention, travail, précision. Serge y apprend l’amour du travail bien fait. Du geste précis. Le couteau s’est transformé en crayon. Mais l’héritage est bien ancré.

Qui de mieux placé que Marie Desplechin pour conter cette his- toire de famille ? D’une plume juste, elle se faufile dans le passé des Bloch, avec une tendresse inouïe. En regard, Serge Bloch, d’un coup de crayon, croque ces scènes, qui étaient jusque-là restées blotties dans sa mémoire. Deux artistes qui ont en partage un irrésistible sens de l’humour. »

 

Et vous, quelles sont vos nouvelles trouvailles ?