Les miscellanées d'Usva

Chroniques littéraires sans frontières

« La fille d’avril » d’Annelise Heurtier (Casterman, 2018) — octobre 15, 2018

« La fille d’avril » d’Annelise Heurtier (Casterman, 2018)

J’ai trouvé que ce titre récemment paru était idéal pour la thématique du mois. Littérature adolescente et sujet qui engage au sein de la société et face à ses évolutions et ses questionnements encore en cours.

« La fille d'avril » d'Annelise Heurtier (Casterman, 2018)

« À travers le parcours d’une adolescente déterminée, une plongée fascinante dans les années 60.

Comme pour la plupart des jeunes filles dans les années 1960, l’avenir de Catherine est tout tracé : se marier, avoir des enfants, puis s’en occuper le plus clair de son temps. Un jour, elle est contrainte de rentrer du collège en courant. C’est une révélation : quel sentiment de force, de liberté ! Mais courir, surtout pour une femme, est une chose alors impensable. Pourtant Catherine s’interroge, rêve d’une vie différente, s’entête… Jusqu’où sa détermination la mènera-t-elle ? »

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Le schéma narratif est assez classique : Izia, la petite-fille de Catherine, lui demande de lui raconter son histoire en lien avec des objets du passé qu’elle découvre. Mais il faut bien reconnaître qu’il fonctionne très bien et qu’il a quelque chose de douillet, de rassurant. Je me revois presque petite devant des films d’enfance, avec les grands-parents qui racontent des histoires, immortalisés sur des images qui vieilliront mal mais qui feront toujours leur petit quelque chose de proustien.

Bref, je reviens dans le sujet. Catherine avait 16 à la fin des années 1960 et elle se découvre l’envie puis le besoin de courir pour se sentir exister, pour faire exploser les murs des convenances qui l’étouffent. Le monde que l’on impose aux femmes lui est trop étroit et elle découvre peu à peu que les règles imposées ne le sont pas pour la protéger ou en la considérant mais pour conserver un ordre établi. Le monde des hommes sur les femmes et les enfants. Car si le propos défend le droit des femmes de choisir la vie qu’elles souhaitent mener, il évoque aussi la place des enfants dans les familles et dans le société. Une place réduite à se taire et à écouter.

Annelise Heurtier, dans cette image romancée mais documentée des années précédant mai 1968, permet également d’aborder la question des classes sociales et de son déterminisme. Pour avoir de l’argent il faut faire des études, pour faire des études il faut de l’argent. Alors quand Catherine obtient une bourse pour étudier et peut-être aller jusqu’à obtenir son baccalauréat, quand elle sent qu’elle peut courir comme le font les hommes, quand elle sait qu’elle vaut d’être elle-même, la bête qui sommeille peut sortir ses griffes et secouer le monde.

Les personnages sont touchants, parfois irritants, mais font le décor d’un passé qui a évolué jusqu’à aujourd’hui. Il rappelle que s’il faut parfois du temps pour faire évoluer les mentalités, il ne faut pas se décourager et avancer pour les causes qui nous semblent justes.

Une très belle réussite qui m’aura emmenée avec elle dans un genre qui ne me met pas forcément à l’aise. Bravo !

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Nuée de pétales • Bold readingsLes lectures de SophieEntre les pagesLes mots chocolat


 

Et vous, avez-vous envie de courir avec Catherine pour faire avancer le monde ?

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#jaimemonlibraire | 13 octobre 2018 — octobre 13, 2018

#jaimemonlibraire | 13 octobre 2018

Je vous retrouve comme chaque semaine pour faire un point sur les nouveautés qui ont rejoint ma bibliothèque. Mon objectif : rester fidèle à mes sujets de prédilection mais me pousser aussi un peu hors de ma zone de confort.

 

  • La fille d’avril d’Annelise Heurtier, paru aux éditions Casterman le 5 septembre 2018 :

« La fille d'avril » d'Annelise Heurtier (Casterman, 2018)

« À travers le parcours d’une adolescente déterminée, une plongée fascinante dans les années 60.

Comme pour la plupart des jeunes filles dans les années 1960, l’avenir de Catherine est tout tracé : se marier, avoir des enfants, puis s’en occuper le plus clair de son temps. Un jour, elle est contrainte de rentrer du collège en courant. C’est une révélation : quel sentiment de force, de liberté ! Mais courir, surtout pour une femme, est une chose alors impensable. Pourtant Catherine s’interroge, rêve d’une vie différente, s’entête… Jusqu’où sa détermination la mènera-t-elle ? »

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  • Dans la gueule du loup de Michael Morpurgo et Barroux, paru aux éditions Gallimard jeunesse le 11 octobre 2018 :

« Dans la gueule du loup » de Michael Morpurgo et Barroux (Gallimard jeunesse, 2018)

« Francis et Pieter ont toujours été très différents. Lorsque la guerre éclate en 1939, ils choisissent deux chemins opposés: l’un est pacifiste, l’autre s’engage comme soldat dans la Royal Air Force et part au combat. La suite de l’histoire va bouleverser leurs vies pour toujours. Et Francis doit se jeter à son tour dans la gueule du loup.

L’histoire vraie de deux frères dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale. Un récit limpide et chaleureux par le grand conteur Michael Morpurgo, magnifiquement illustré par Barroux.

Ce qu’ont affronté mes deux oncles m’a profondément marqué. Ce livre est, d’une certaine façon, le plus personnel que j’aie jamais écrit. – Michael Morpurgo »

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  • Le discours de Fabrice Caro, paru aux éditions Gallimard (collection Sygne) le 4 octobre 2018 :

« Le discours » de Fabrice Caro (Gallimard, 2018)

« Tu sais, ça ferait très plaisir à ta sœur si tu faisais un petit discours le jour de la cérémonie.

C’est le début d’un dîner de famille pendant lequel Adrien, la quarantaine déprimée, attend désespérément une réponse au message qu’il vient d’envoyer à son ex. Entre le gratin dauphinois et les amorces de discours, toutes plus absurdes les unes que les autres, se dessine un itinéraire sentimental touchant et désabusé, digne des meilleures comédies romantiques.

Un récit savamment construit où le rire le dispute à l’émotion. »

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  • Ici, les femmes ne rêvent pas de Rana Ahmad, paru aux éditions Globe le 10 octobre 2018 :

« Ici, les femmes ne rêvent pas » de Rana Ahmad (Globe, 2018)« Rana, dix ans, fonce sur son vélo flambant neuf. Heureuse, insouciante, choyée par son père, un vent de liberté lui caresse le visage.

Quinze jours plus tard, c’est terminé. Son vélo est donné à l’un de ses oncles. Encore quelques mois et elle devra, pour être une bonne musulmane aimée d’Allah, porter l’abaya noire sur son corps, le niqab sur son visage et le tarha sur sa tête et ses épaules. Ensuite, ses parents lui trouveront un mari et elle sera condamnée à ne plus rien faire que la cuisine, le ménage et ses cinq prières par jour. C’est la loi.

Il ne reste à Rana que ses yeux pour pleurer et contempler son monde : l’Arabie saoudite des années 2000. Mais sur ce monde, elle porte un regard impitoyable. La frustration sexuelle fabrique des obsédés et des hypocrites. L’obsession et l’hypocrisie transforment les hommes en ennemis de leurs propres sœurs, filles ou épouses. Les agressions et les violences quotidiennes donnent aux femmes l’envie de fuir. Très peu réalisent ce rêve fou.

Rana sera l’une d’elles. Elle n’a jamais oublié le vent de liberté de ses dix ans, elle est prête à tout pour le retrouver et en jouir, et, cette fois, en adulte. »

 

  • De longues nuits d’été d’Aharon Appelfeld, paru aux éditions de l’École des loisirs le 26 avril 2017 :

« De longues nuits d'été » d'Aharon Appelfeld (Ecole des loisirs, 2017)« Papi Sergeï, un ancien soldat devenu aujourd’hui un vieil homme aveugle, et Janek, un garçon juif placé sous sa protection, effectuent un long voyage. En toile de fond, la Seconde Guerre mondiale qui fait rage. Les deux compagnons vont de village en village pour mendier et luttent pour leur survie.

Ce couple de héros peut faire penser, bien sûr, à une variation sur le thème Le vieil homme et l’enfant. On pense beaucoup aussi à La Route, de Cormac McCarthy, pour la profondeur et la simplicité du texte, des dialogues, pour sa situation apocalyptique, pour ce lien de confiance entre un homme et un enfant, dans un monde barbare. Valérie Zenatti, traductrice des romans d’Aharon Appelfeld. »

 

Et vous, quelles sont vos nouvelles trouvailles ?

« Celui-là est mon frère » de Marie Barthelet (Buchet/Chastel, 2016) — octobre 12, 2018

« Celui-là est mon frère » de Marie Barthelet (Buchet/Chastel, 2016)

Encore un achat un peu au plaisir du hasard d’Emmaüs qui m’a beaucoup plu ! De l’amour fraternel à la défiance, du soutien à la confrontation.

9782283029749-46ca6« En te voyant, j’ai pensé que tu étais revenu pour moi, puis que tu avais vieilli. Je me trompais. Déjà tu souhaitais repartir. Et ce n’était pas tant que tu avais vieilli, tu étais transformé – défiguré, allais-je dire, par la brûlure d’une foi neuve. J’ai aussi cru que je délirais. Mais ton nom susurré par tous ceux qui étaient présents a craquelé le silence. J’ai compris que je n’étais pas le seul à te voir. Que c’était vrai. Que c’était toi.

Un jeune chef d’État reçoit la visite de son frère tant aimé, disparu dix ans plus tôt. La brève joie des retrouvailles cède très vite la place à l’amertume et à l’indignation : celui qui est revenu a changé. Il est désormais l’Ennemi. À cause de lui, le pays va s’embourber dans une crise sans précédent.

Celui-là est mon frère, premier roman de Marie Barthelet, est un véritable conte qui déroule, avec sensibilité, le récit envoûtant d’une affection mortelle. »

Nous découvrons l’enfance du protagoniste principal, devenu chef d’État, dont le frère aimé est parti sans jamais redonner de nouvelles. Ce frère revient un jour, annonçant clairement son positionnement de défiance vis-à-vis du pouvoir en place.

Pourquoi cette défiance ? Car depuis des générations une partie de la population est discriminée. Alors que le chef d’État perpétue cette discrimination, le frère, adopté petit mais appartenant à cette communauté, vient demander l’égalité des droits.

Nous entrons alors dans l’esprit du chef qui est bouleversé par le retour de ce frère qu’il a tant aimé, qu’il aime toujours autant qu’il le déteste de revenir en ennemi. Des deux, c’est le frère qui était le mieux placé pour gouverner, mais cette place lui était interdite. Il est aujourd’hui meneur de la communauté opprimée. Cette oppression vient d’une trahison passée et de l’assassinat d’une partie de la famille à la tête de l’État plusieurs générations auparavant. Depuis, toute cette population paie.

La situation finale, absolument dramatique, invite à se questionner sur le goût du pouvoir et le goût de la vengeance, sur la stigmatisation et le sens réel de la fraternité qui ne doit pas être une exception. Une forte découverte.

Pour en savoir plus

 

Et vous, connaissez-vous ce roman ou cette auteure ?

« Capitaine Rosalie » de Thimothée de Fombelle et Isabelle Arsenault (Gallimard jeunesse, 2018) — octobre 11, 2018

« Capitaine Rosalie » de Thimothée de Fombelle et Isabelle Arsenault (Gallimard jeunesse, 2018)

C’est au détour des nouveautés de la librairie de ma commune que je suis tombée nez à nez avec ce livre jeunesse dont je n’avais pas entendu parler. Une couverture magnifique et un récit mêlant enfance et Grande guerre, il ne m’en a pas fallu plus pour craquer.

J01403_rosalie_JAQUETTE.indd« Hiver 1917. Une petite fille courageuse traverse la guerre avec une idée fixe. Elle reherche la vérité et rien ne pourra l’arrêter…

Rosalie a cinq ans et demi. Son père est au front et sa mère travaille à l’usine. Alors, même si elle n’a pas encore l’âge, Rosalie passe ses journées à l’école, dans la classe des grands. On croit qu’elle rêve et dessine en attendant le soir. Mais Rosalie s’est fabriqué une mission, comme celles des véritables soldats. Elle est capitaine et elle a un plan. »

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Alors que nous nou apprêtons à commémorer la fin du centenaire de la Première Guerre mondiale, ce petit livre magnifiquement illustré (j’en suis dingue) permettra aux adultes d’aborder cette thématique auprès des plus jeunes lecteurs.

La guerre est en arrière-plan, que ce soit de la fenêtre de chez elle ou depuis l’école, Rosalie ne la voit pas. Mais elle sait qu’elle se passe quelque part car son père y est, soldat. Il est revenu, une fois, grâce à une permission. Maintenant il n’est là que par courrier. Ces lettres que la maman de Rosalie lui lit certains soirs. Ces lettres étranges qui promettent des choses difficiles à croire, bizarres.

La maman de Rosalie doit travailler pendant que les hommes sont au front, la petite fille peut rester à l’école durant la journée. C’est là que sa mission va se dérouler. Chaque jour, cachée sous le manteaux, oubliée des élèves de la classe, Rosalie note tout. Derrière ses yeux candides et son cahier de dessins, elle note et elle apprend. Sa mission est primordiale.

L’arrivée d’une lettre différente des autres va changer sa maman. La mission de Rosalie n’aura que plus d’importance… car les lettres contiennent-elles vraiment ce qu’on lui a lu ? Rien n’est moins sûr…

Une histoire pour aborder la guerre et le deuil, adaptée aux jeunes lecteurs.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Les instants volés à la vie • Chez MirabiliaLa ménagerie du livre


 

Et vous, voulez-vous accompagner Rosalie dans sa mission ?

« Chroniques de Francine R., résistante et déportée » de Boris Golzio (Glénat, 2018) — octobre 10, 2018

« Chroniques de Francine R., résistante et déportée » de Boris Golzio (Glénat, 2018)

Plusieurs années après avoir enregistré le témoignage de Francine, plusieurs années apès qu’elle soit décédée, Boris Golzio a décidé d’en faire un roman graphique.

9782344025505-L« Francine R. est arrêtée avec sa sœur par la Gestapo à Pouilly-sous-Charlieu, dans la Loire, le 6 avril 1944, pour les faits de résistance de leur frère Joannès. De là, elles partiront dans un convoi de femmes puis elles seront séparées : sa sœur expédiée en camps de travail à Hanovre ; Francine à celui de Watenstedt dans les usines d’armement Herman Göring. Tout au long de son parcours, rien ne lui sera épargné : frappes dès son arrestation par la Gestapo, humiliations continues, trajets en train dans un wagon à bestiaux, accueil par des chiens loups sur le quai de la gare du camp de concentration, expérience médicale, déshabillage des morts, pillage des vivants, travail forcé… Mais aussi, la permanence de l’espoir de sortir vivant de cet enfer, la lumière de deux hommes, un français et un algérien croisés à Watenstedt, le sabotage du travail à la chaine, l’émotion à la libération du camp, la première nuit dans un vrai lit, le 14 juillet de la libération à Paris.

Francine a évoqué tout cela en détail à Boris Golzio dans un long entretien. Longtemps resté avec cette matière entre les mains, l’auteur décide aujourd’hui de retranscrire cette parole dans un récit de bande dessinée dont le dessin se fait le plus neutre et naïf possible afin de rendre l’horreur supportable. Un récit où le texte n’est composé que par la voix de Francine, dans son langage à elle, brut, fait d’hésitations, de répétitions et de tremblements, afin de respecter la vérité ontologique de ses propos et de rendre compte de la meilleure manière possible ce que fut la vie de cette femme. Une résistante, déportée, parmi des milliers d’autres, mais dont chaque voix, chaque parole est unique et doit être sauvée de l’oubli. »

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Les témoins ont disparu ou disparaissent mais leurs mots restent. C’est pour ce travail de mémoire que Boris Golzio a réalisé ce roman graphique, pour que l’oubli ne soit pas le plus fort.

Nous suivons Francine et sa soeur qui transmettent des informations utiles à la résistance mais qui seront arrêtées et déportées à Ravensbruck. C’est ce récit, de l’engagement résistant au retour de déportation, que Francine va faire. Boris Golzio va l’illustrer avec talent.

Autre point très positif de ce livre : le témoignage personnel de Francine est complété et parfois contre-balancé par des recherches documentaires de l’auteur. Cela permet de la nuance tout en respectant la parole du témoin, c’est une approche qualitative que je tiens à souligner.

Le discours est clair, le dessin est doux mais franc, l’approche est sensible et historique. J’ai apprécié l’ensemble de la démarche et j’ai été très intéressée par la période de libération du camp et ensuite le passage par le nord de l’Europe avant le retour en France. Un récit fort dont l’intensité est portée par le dessin avec respect et délicatesse.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : L’accro des bulles


 

Et vous, êtes-vous sensibles aux témoignages ?

[♥] « Frère d’âme » de David Diop (Seuil, 2018) — octobre 9, 2018

[♥] « Frère d’âme » de David Diop (Seuil, 2018)

Quelle attente avant de pouvoir lire ce roman, et quelle claque une fois la dernière page tournée ! Un livre court mais puissant, qui place le lecteur en situation de malaise, d’inconfort parfois mais qui ne le loupe pas dans ce qu’il dénonce ou décrit.

139824_couverture_Hres_0« Un matin de la Grande Guerre, le capitaine Armand siffle l’attaque contre l’ennemi allemand. Les soldats s’élancent. Dans leurs rangs, Alfa Ndiaye et Mademba Diop, deux tirailleurs sénégalais parmi tous ceux qui se battent alors sous le drapeau français. Quelques mètres après avoir jailli de la tranchée, Mademba tombe, blessé à mort, sous les yeux d’Alfa, son ami d’enfance, son plus que frère.

Alfa se retrouve seul dans la folie du grand massacre, sa raison s’enfuit. Lui, le paysan d’Afrique, va distribuer la mort sur cette terre sans nom. Détaché de tout, y compris de lui-même, il répand sa propre violence, sème l’effroi. Au point d’effrayer ses camarades.

Son évacuation à l’Arrière est le prélude à une remémoration de son passé en Afrique, tout un monde à la fois perdu et ressuscité dont la convocation fait figure d’ultime et splendide résistance à la première boucherie de l’ère moderne. »

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David Diop explique que ce roman est né de lectures de lettres de poilus. Des lectures difficiles dans ce qu’elles relatent, dans l’horreur de la Grand guerre. Mais il a aussi constaté le manque de traces de tirailleurs sénégalais qui étaient pourtant sur le front, confrontés à la même horreur. C’est ce manque de traces qui a motivé l’écriture du roman.

L’ouverture se fait avec les deux amis, Alfa Ndiaye et Mademba Diop. Mademba meurt, le ventre grand ouvert vers le ciel et les étoiles, les boyaux dans la boue, suppliant que l’on achève son agonie. Alfa est à ses côtés et sa folie commence en perdant son plus que frère qu’il n’a pas soustrait à ses souffrances quand il le pouvait encore. La culpabilité et le deuil vont lui faire perdre la raison et sa quête de réparation va le mener à commettre des actes extrêmement violents. Respecté par ses camarades de tranchée, il va peu à peu inspirer la peur et être mis à l’écart.

Nous sommes immergés à la fois dans la vie de la tranchée, sur le front et dans l’esprit d’Alfa. Il cherche une façon de se racheter auprès de Mademba qu’il n’a pas pu aider, qu’il n’a pas tué pour lui éviter de souffrir, car on ne tue pas un ami. Et si cette règle ne s’appliquait pas dans cette boucherie ? Et s’il avait pu lui éviter ces dernières heures à se vider de son sang ?

Ce roman est à la fois un portrait de fiction mais aussi un roman sur la Première Guerre mondiale. Un roman sur les tirailleurs sénégalais mais aussi, de façon plus générale, sur les poilus. Il montre l’autorité militaire, la volonté d’utiliser les tirailleurs sénégalais pour faire peur aux ennemis, la nécessité d’effacer l’homme pour faire sortir la bête. Il montre la peur des soldats et les exécutions pour l’exemple. Il montre la folie. Qui ne serait pas devenu fou ? Les études sur les symptomes post-traumatiques sont bien nées de là.

Démobilisé, nous allons suivre Alfa dans un centre médical où si l’on pense qu’il reprend ses esprit, son âme est meurtrie et son esprit est ailleurs. Au Sénégal, entouré de ses amies et de la femme qui l’a aimé, une nuit de lune claire, afin qu’il ne parte pas sans avoir connu le plaisir, afin qu’il ne parte pas comme un garçon mais comme un homme. Les souvenirs de l’Afrique apportent une bouffée d’air même si la jeunesse d’Alfa n’a pas été sans douleur. Le changement d’ambiance ménage un peu le lecteur et le portrait plein d’avenir prend le pas sur le gâchis causé par la guerre.

Alfa repense à tout ce qu’il a pu dire à Mademba et va se torturer des nombreuses paroles qui auraient pu blesser son plus que frère. Oubliant que la guerre l’a tué, il va finalement se convaincre qu’il est l’auteur de la blessure, qu’il est à l’origine de sa perte et va essayer de lui prêter une part de son être pour vivre les choses à travers lui mais toujours avec une violence dont la graine a désormais germé. Car Mademba était garçon, pas encore homme, mais il méritait autant si ce n’est plus qu’Alfa, selon lui.

Un roman qui met une grosse claque et qui ne s’oublie pas de si tôt. Un coup de coeur pour ma part que je conseille dès que j’en ai l’occasion. Une écriture aussi dure que poétique, dont les répétitions se font écho tout au long de la lecture, avec musicalité, et rappellent la tradition des contes oraux. Une réussite.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Je lis et je raconte • Le jardin de NatioraLe Photophore • Les marque-pages d’une croqueuse de livres • Liseuses de BordeauxDes livres à n’en plus finirLes balades de l’impossible • Les Chroniques de Jérémy DaflonLa chanson de la cigale • Viva Reads


 

Et vous, avez-vous envie de découvrir ce roman nominé pour de nombreux prix de cet automne ?

« Quelque part, le soleil brille encore » de Michael Gruenbaum et Todd Hasak-Lowy (Didier jeunesse, 2018) — octobre 8, 2018

« Quelque part, le soleil brille encore » de Michael Gruenbaum et Todd Hasak-Lowy (Didier jeunesse, 2018)

Il y a quelques semaines je m’étais lancée dans la lecture de l’extrait de ce livre, disponible en téléchargement sur le site de Didier jeunesse. Je dois dire que j’ai alors été complètement absorbée par ce roman issu du témoignage de Michael Gurenbaum. C’est donc avec une grande impatience que j’ai attendu sa parution.

81RzZ1BT59L« Prague, 1939. Misha a 10 ans et adore les après-midis au magasin de jouets avec son père. Mais quand les troupes allemandes envahissent la ville, les lois antisémites se multiplient, et l’insouciance de Misha vacille.

Avec sa famille, ils sont envoyés dans un ghetto puis déportés dans le camp de Terezin. C’est là que Misha se lie d’une amitié fraternelle avec quarante garçons.

Erich, Jan, Koko, Felix, Pavel… et surtout Franta, leur éducateur et mentor. Dans les coups durs comme lors de leurs parties de football, ils sont les Nesharim, unis à la vie, à la mort ! Mais avec le danger constant des convois « vers l’Est », Misha peut-il garder espoir ?

En collaboration avec l’auteur Todd Hasak-Lowy, Michael Gruenbaum partage son histoire bouleversante d’humanité et de fraternité. Son témoignage, ainsi que les nombreux documents et photographies originaux qui l’accompagnent, apportent une contribution essentielle à la littérature de l’Holocauste.

Quelque part, le soleil brille encorea reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et du C.N.L. »

Télécharger les premières pages

Le petit Misha vit à Prague avec ses parents et sa sœur. Un jour, les troupes nazies entrent dans la ville. De la fenêtre il regarde ce défilé militaire, qui l’impressionne, malgré l’interdiction de sa mère. Ce jour-là il voit un couple se jeter depuis un balcon d’en face et mourir. Ce couple, il ne le connait pas mais il va petit à petit comprendre son geste. Car les lois antisémites vont se succéder, se démultiplier jusqu’à envoyer les familles juives dans un quartier dont le juste nom est ghetto.

Son père sera arrêté et exécuté, lui et sa famille seront déportés à Theresienstadt, camp de concentration nazi installé en Tchécoslovaquie (aujourd’hui République Tchèque). Misha, qui aime les trains comme beaucoup d’enfants à l’époque, va connaître un voyage qui l’enfermera plusieurs années entre les murs de cette ancienne forteresse. Il sera alors séparé de sa mère et intégré à une chambre avec une quarantaine d’enfants : les Nesharim. Franta, leur éducateur, fera tout pour les protéger de la pleine réalité du lieu en organisation des cours, des lectures et surtout des entraînements de football.

Ce roman-témoignage est passionnant. Il revient sur un épisode de la Shoah en parlant d’un camp assez méconnu du grand public avec les yeux d’un enfant. Camp de transit, la famille de Misha réussira à échapper aux différents convois de déportation vers Auschwitz grâce à la détermination de la maman. La faim, le froid, les poux, les punaises, le travail des enfants, tout cela est abordé. Et plus, la visite tristement connue de la Croix-Rouge dans le camp, qui ne verra pas le subterfuge qui leur est préparé de toutes pièces.

Franta, l’éducateur, aura réussi à créer un univers d’enfants dans l’univers concentrationnaire étouffant de mort, mais Terezin reste un lieu où l’extermination par épuisement, maladie et malnutrition était un objectif pour les nazis dans le processus d’évacuation des Juifs de l’espace vital. Les rescapés d’Auschwitz arrivant à Terezin après la libération du 27 janvier 1945 marqueront l’enfant d’une nouvelle réalité. Il attendra ses amis, ils ne reviendront pas.

J’ai beaucoup aimé cette lecture et je l’ai trouvée à la fois complète et pertinente. Si le sujet n’est pas facile à aborder, je pense que ce livre, par son langage et son espace de protection, pourra convenir à des lecteurs à partir de 12-13 ans (l’idéal reste qu’ils aient des bases sur la Seconde Guerre mondiale et la Shoah). Un très beau livre qui donne sa place à la voix de l’enfance dans la guerre, aux traumatismes, sans utiliser la méthode de transmission par le choc.

Pour en savoir plus

 

Et vous, avez-vous envie de découvrir ce témoignage ou un autre ?

 

Nouveaux blogs #02 — octobre 7, 2018

Nouveaux blogs #02

Une fois par mois, je vous donne désormais rendez-vous pour découvrir de nouveaux blogs littéraires et leurs auteurs qui viennent poser leurs valises parmi nous ! Bienvenue à toutes et tous !

 

Marie Pierrot : lectures, études et découvertes

MariePierrot« Bonjour à toutes et à tous,

Je m’appelle Marie et je suis en deuxième année de licence LLCER anglais. Je tiens à remercier Usva qui m’a gentiment invitée sur son blog pour me présenter. Je suis passionnée par l’écriture et la lecture et ce depuis mon plus jeune âge. Après avoir commencé à partager mes lectures sur Instagram, je me suis lancée il y a maintenant un mois sur la blogosphère afin de pouvoir en parler plus en détails.

Sur mon blog, je partage mes bilans lectures, des revues ainsi que les citations qui me marquent au cours de mes lectures. Je lis aussi bien des classiques que des romans policiers, en passant par des essais. Sur le long terme, je pense aborder d’autres sujets tels que mes études et mes voyages. Mon blog est avant tout un espace à travers lequel je prends du plaisir, je ne me mets aucune pression concernant le nombre de « likes » ou de « followers ». En somme, les mots d’ordres sur mon blog sont la passion et le partage.

Je vous dit à bientôt sur le blog ? »

 

lecafélittéraire

cafélittéraire« Bonjou,

Je m’appelle Alice, j’ai 27 ans (pfiou déjà) et maman d’un petit bout de 2 ans et demie.

Je lis depuis le début de mon adolescence. Le livre qui m a donné envie de lire c’est bien sur Harry Potter !! Je suis une potterhead. ♥ Je n’ai pas de genre de prédilection mais j’avoue que je lis beaucoup de young adult, dystopie et jeunesse. Mais j’aime aussi un bon roman ou un suspens. 🙂

J’ai créé ce blog car j’ai envie de partager ma passion et d’échanger ! Je vais surtout parler de mes lectures mais aussi de challenges littéraire auxquels je vais tenter de participer, de swap via le site livraddict. Mais je compte aussi parler de séries car je suis une grande accro. ^^ Et peut être que je parlerai aussi de certains livres que j’ai aimé lire avec mon fils.

Venez me faire coucou,
Bisous. »

 

Les livres de Léa

livresdeléa« Hello ! Tout d’abord, merci à Usva, de m’offrir l’opportunité de faire découvrir mon blog à travers le sien !

Je m’appelle Léa et je suis passionnée de lecture. J’ai commencé en juillet sur Instagram ou je postais mes avis, mais j’ai commencé à être frustrée de la longueur maximum des commentaires. J’ai donc décidé de partager mes lectures à travers WordPress ! Je suis toujours active sur Instagram, autant que sur mon blog, car je trouve que l’échange est peut-être plus accessible que sur WordPress.

S’il y a une chose que je ne regrette pas d’avoir fait, c’est bien ceci ! J’adore plus que tout partager sur la lecture, les personnages, les auteurs…

J’aime pratiquement tous les styles de romans, allant du policier au roman historique, mais j’avoue avoir une préférence pour la romance !

J’espère que mon blog vous plaira et que nous pourrons bientôt échanger sur nos lectures !

Bonne lecture,
Léa xxx »

 

Une histoire de papier et de mots

histoirepapiersmots« Bonjour,

Sur ce blog, nous sommes deux amies en transition études-travail, répondant au prénom d’Anaïs (oui, toutes les deux !). Nous venons de deux cursus complémentaires : philosophie et lettres classiques, et nous avons décidé de partager sur un blog nos lectures, nos coups de cœur. C’est ici la deuxième version du blog, qui est pour ainsi dire tombé en jachère pendant nos dernières années d’études… Mais nous sommes désormais plus motivées que jamais pour partager nos chroniques, bien que très occupées !

Nous lisons un peu de tout, et à nous deux, nous couvrons une assez grande diversité de genres : de la philosophie aux mangas, en passant par la fantasy, l’histoire, les romances et la littérature jeunesse, sans oublier la littérature contemporaine et classique ! Il y en a donc pour tous les goûts, et nous vous attendons nombreux pour parler de vos lectures… 🙂 »

 

Je vous souhaite autant de belles découvertes que d’échanges et vous donne rendez-vous le mois prochain !

#jaimemonlibraire | 6 octobre 2018 — octobre 6, 2018

#jaimemonlibraire | 6 octobre 2018

Je vous retrouve comme chaque semaine pour faire un point sur les nouveautés qui ont rejoint ma bibliothèque. Mon objectif : rester fidèle à mes sujets de prédilection mais me pousser aussi un peu hors de ma zone de confort.

 

  • Maître-Minuit de Makenzy Orcel, paru aux éditions Zulma le 4 octobre 2018 :

LeVieuxJardinAW+« Poto est né sous les tristes tropiques d’une dictature sanguinaire, de père inconnu et de Marie Élitha Démosthène Laguerre, sa mère présumée qui erre chaque nuit dans les vapeurs de colle. Mais Poto a un vrai don pour se percher au niveau des étoiles, rêver sa vie, se raconter le monde et le dessiner.

Avec pour seul trésor ses dessins dans un sac à dos, Poto se met en chemin. Il mime le fou pour que la faune de la cité le laisse en paix, vivant de larcins et de jongleries… Jusqu’au jour où il se place sous l’étrange protection d’un tueur à gages à la solde du régime.

Voici donc l’histoire saisissante et belle d’un funambule, d’un arpenteur qui apprend la vie en marchant, tel Maître-Minuit, géant haïtien légendaire – un homme debout, qui avance toujours, quoi qu’il arrive. »

 

  • Capitaine Rosalie de Thimotée de Fombelle et Isabelle Arsenault, paru aux éditions Gallimard Jeunesse le 4 octobre 2018 :

J01403_rosalie_JAQUETTE.indd« Hiver 1917. Une petite fille courageuse traverse la guerre avec une idée fixe. Elle reherche la vérité et rien ne pourra l’arrêter…

Rosalie a cinq ans et demi. Son père est au front et sa mère travaille à l’usine. Alors, même si elle n’a pas encore l’âge, Rosalie passe ses journées à l’école, dans la classe des grands. On croit qu’elle rêve et dessine en attendant le soir. Mais Rosalie s’est fabriqué une mission, comme celles des véritables soldats. Elle est capitaine et elle a un plan. »

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  • Les amours d’un fantôme en temps de guerre de Nicolas de Crecy, paru aux éditions Albin Michel le 26 septembre 2018 :

9782226403551_AMOURS_FANTOME_JAQUETTE.indd« Dans le monde des fantômes, une guerre impitoyable fait rage. Des spectres malfaisants, idéologues et criminels, ont pris le pouvoir.

Alors que la Résistance s’organise, un jeune fantôme, à la recherche de ses parents disparus, s’y enrôle avec espoir et conviction. Avant d’être impliqué dans une autre guerre, plus violente encore : celle des humains. Le hasard amène le jeune fantôme jusqu’à une maison étrange, où se cache une jeune fille. Il en tombe amoureux, voudrait lui déclarer sa flamme, alors que celle-ci ne se doute même pas de son existence. Mais un soir elle disparaît…

Pour les jeunes lecteurs comme pour les adultes (à partir de 13 ans). »

 

  • Séraphine de Marie Desplechin, nouvelle édition parue aux éditions de l’École de loisirs le 7 mars 2018 :

9782211236218« Que faire de sa vie quand on a treize ans et qu’on est une fille pauvre, pas laide, sachant lire, sans autre protection que celle d’un vieux curé, d’une tante prostituée et d’une veuve ronchon ? Nonne ? Jamais. Séraphine est trop insolente. Couturière ? Non plus. Elle a trop envie de parler et de voir du monde.

Peut-être qu’un jour les femmes pourront devenir juges, gendarmes ou avocats et faire de la politique… Peut-être même qu’un jour Dieu Lui-même sera une femme. Mais, pour l’instant, nous sommes en 1885, à Paris, ou plutôt à Montmartre. Le souvenir de la Commune est encore vif chez les uns. Les autres s’occupent de l’enterrer définitivement en bâtissant, là-haut sur la butte, le Sacré-Coeur.

Et Séraphine ne voit qu’une solution pour mener la vie libre et sans misère dont elle rêve : s’en remettre à sainte Rita, la patronne des causes désespérées… »

 

  • La rue de l’Ours de Serge Bloch et Marie Desplechin, paru aux éditions de l’Iconoclaste le 3 octobre 2018 :

oursOK« Dans la rue de l’Ours, à Colmar,il y a une boucherie casher. Derrière le comptoir, il y a la tante Thérèse, dite Loulou. Dans l’arrière-boutique, Georges, l’oncle, fait les comptes. Traversez la petite cour, Sylvain est dans son laboratoire. C’est ici que Serge retrouve son père qui prépare la viande. La boucherie, c’est l’épicentre de la famille Bloch. Et pour cause, on se la transmet de père en fils. Serge Bloch se remémore. Il raconte le grand-père, ses parents qui durent fuir la région pendant la guerre. Les années 1960. Les rites juifs. Les grands bonheurs et les petits larcins de l’enfance. Et dresse une galerie de personnages forts et attachants. Le portrait d’une famille attendrissante, où l’amour se dit sans mots.

Si la boucherie a fermé et n’est plus aujourd’hui qu’une devanture aveugle, il n’en reste pas moins que subsiste un héritage. Celui de la beauté du mouvement. Attention, travail, précision. Serge y apprend l’amour du travail bien fait. Du geste précis. Le couteau s’est transformé en crayon. Mais l’héritage est bien ancré.

Qui de mieux placé que Marie Desplechin pour conter cette his- toire de famille ? D’une plume juste, elle se faufile dans le passé des Bloch, avec une tendresse inouïe. En regard, Serge Bloch, d’un coup de crayon, croque ces scènes, qui étaient jusque-là restées blotties dans sa mémoire. Deux artistes qui ont en partage un irrésistible sens de l’humour. »

 

Et vous, quelles sont vos nouvelles trouvailles ?

« Le dictionnaire moderne » de Mcfly et Carlito (Michel Lafon, 2018) — octobre 4, 2018

« Le dictionnaire moderne » de Mcfly et Carlito (Michel Lafon, 2018)

J’ai dévoré ce dictionnaire d’une traite et une chose est sûre : j’ai bien ri et je le picorerai à nouveau avec plaisir !

LE_DICTIONNAIRE_MODERNE_hd« Aujourd’hui, les mots ont une autre portée, un autre sens qu’au siècle dernier, et nous avons décidé de leur enlever le costume fatigué de l’Académie française pour les revêtir d’un short et d’une chemise aux motifs tropicaux.

Ce livre vient dépoussiérer les dicos traditionnels qui ne sont plus les véritables témoins de notre époque.

Ici vous trouverez des définitions honnêtes et actuelles dont le but ultime est que la voix dans votre cerveau prononce cette phrase à leur lecture : Mais oui, c’est trop ça !

Nous espérons du fond de notre coeur que ce dictionnaire déclenchera chez vous ce petit sourire en coin si séduisant. C’est Wikipédia avec de l’humour, c’est Larousse avec la fibre. Bonne lecture, Mcfly & Carlito.

CONCIERGE : BFM de l’immeuble.
DJ : Playlist Spotify qui transpire.
ÉCOUTEURS : Accessoire qui génère les nœuds les plus complexes de l’existence.
IKEA : Immense magasin dans lequel des milliers de personnes tentent de trouver un vendeur disponible.
IPAD : Système d’hypnose pour enfants.
KEBAB : Laxatif grec.
SELFIE : Capture d’ego. »

Je n’ai lu la quatrième de couverture qu’en dernier et je dois dire que je l’ai trouvée un peu en décalage avec mon impression de lecture. Plus que de dépoussiérer les mots pour les rendre actuels, il s’agit d’une interprétation de termes avec des images et situations qui peuvent parler au quotidien. Car si j’adhère à l’humour de ce livre (et plus généralement de Mcfly et Carlito) j’aime aussi la rigueur peut-être désuète de l’Académie française. *Casse bonbon en force*

Avec cette réinterprétation de la langue française, les deux amis mettent le doigt sur des situations drôles comme tendres qui font écho à ce que nous pouvons connaître ou vivre. Ils mettent aussi le doigt sur des sujets importants car l’humour c’est aussi ça : faire passer un message sur des sujets sérieux. Parmi eux, nous trouvons par exemple des idées en lien avec l’égalité des sexes ou encore le VIH.

C’est divertissant, Mcflyique et Carlitesque, c’est en somme un agréable moment de lecture et un futur cadeau de Noël si jamais vous n’avez pas d’idée, il fera mouche je pense. En résumé, ce livre joue avec les mots comme il rit de la vie, de ses hauts comme de ses bas.

Pour en savoir plus

 

Et vous, avez-vous un livre écrit par un/des YouTubeur/s à conseiller ?