Les miscellanées d'Usva

Chroniques littéraires sans frontières

Ils me font envie, vous les avez lus ! #15 — décembre 11, 2018

Ils me font envie, vous les avez lus ! #15

Nous sommes mardi, le moment de retrouver une liste de chroniques d’autres blogs ayant parlé de cinq livres qui me font envie mais que je n’ai pas encore eu le plaisir de découvrir. Alors, en attendant, j’ai le plaisir de vous lire et de vous découvrir, c’est un bon compromis vous ne trouvez pas ?

 

Les cinq livres de cette semaine sont :

 

Merci à vous !

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[♥] « Le fabricant de poupées de Cracovie » de R. M. Romero (Gallimard jeunesse, 2018) —

[♥] « Le fabricant de poupées de Cracovie » de R. M. Romero (Gallimard jeunesse, 2018)

J’ai dévoré ce livre après être revenue de trois jours à Oświęcim, au musée d’Auschwitz-Birkenau et d’une petite demie-journée à Cracovie (en particulier dans le quartier de Kazimierz). Autant dire que le récit, né du même voyage de l’auteure, a trouvé en moi beaucoup d’écho.

COR-1J00279_fabrication_de_poupee_de_CracovieC.indd« Pologne, 1939. Un soir, une poupée du nom de Karolina prend vie dans l’atelier de Cyryl, le fabricant de jouets.

La joie et le courage de la petite poupée enchantent le quotidien de l’homme solitaire.

Karolina lui apprend que le monde des poupées d’où elle vient est en guerre, tout comme celui des hommes.

En ces temps sombres et tourmentés, la magie de Karolina et de Cyryl suffira-t-elle à protéger ceux qu’ils aiment ? »

Feuilleter les premières pages

Je pense que ce livre jeunesse est celui que j’ai préféré cette année sur le sujet de la Shoah. Il y a eu plusieurs parutions d’éditeurs de qualité mais celui-ci remporte ma préférence haut la main.

Karolina vit au pays de poupées et c’est la guerre, les rats sont là. Un jour, elle est appelée par un fabricant de jouets de Cracovie, Cyryl Brzezick, malgré lui, au pays des humains. Il est magicien sans le savoir et il porte avec lui les stigmates de la Première Guerre mondiale. Alors que le nazisme déferle sur l’Europe et qu’il prend possession de territoires de l’Est, les deux personnages vont construire une grande amitié qui leur donnera la force d’affronter de nombreuses épreuves. De leur rencontre avec la famille Trzmiel jusqu’au dernier voyage, c’est une histoire de courage et de sauvetage à tout prix qui nous est donnée à lire.

Le récit montre l’invasion de la Pologne par l’Allemagne nazie, avec l’antisémitisme, la collaboration, la passivité mais aussi la résistance civile… Il  montre la force de l’engagement pour aider quoi qu’il en coûte, de la résistance face à l’oppression, de l’amitié et du cœur. Aider, avec chacun les moyens que la vie nous a donnés et ne pas laisser faire. A l’inverse d’autres romans, celui-ci va au bout de l’explication du système génocidaire nazi tout en gardant un positionnement adapté aux lecteurs adolescents avec des appels à la littérature fantastique. Un coup de cœur !

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : La bibliothèque de ClaireLe parfum des motsCulturevsnews


 

Et vous, quel a été le roman jeunesse qui vous a le plus convaincu ?

Semaine à mille pages | Bilan — décembre 10, 2018

Semaine à mille pages | Bilan

Voilà l’heure de faire le bilan de cette semaine à mille pages ! Je n’ai pas vraiment réussi à vraiment me fondre dans cette semaine de lecture, la préparation de Noël y est un peu pour quelque chose. Malgré tout, j’ai fait de belles découvertes !

 

Lundi 12/11 : j’ai lu Zaï Zaï Zaï Zaï de Fabcaro [72 p.] et Soixante-douze heures de Marie-Sophie Vermot [176 p]

Mardi 13/11 : j’ai lu Elle s’appelait Sarah de Pascal Bresson, Horne et adapté du livre de Tatiana de Rosnay [208 p.]

Mercredi 14/11 : j’ai commencé Marcher sur la rivière d’Hubert Mingarelli

Jeudi 15/11 : j’ai continué Marcher sur la rivière d’Hubert Mingarelli

Vendredi 16/11 : je n’ai rien lu

Samedi 17/11 : je n’ai rien lu

Dimanche 18/11 : j’ai terminé Marcher sur la rivière d’Hubert Mingarelli [247 p.]

Total de pages lues : 703 – Je ferai mieux la prochaine fois !

 

Et vous, comment s’est passée votre semaine ?

« Devant la mort » d’Hervé Prudon (Gallimard, 2018) —

« Devant la mort » d’Hervé Prudon (Gallimard, 2018)

C’est un exercice extrêmement difficile que de faire la chronique d’un livre écrit par un homme condamné par la maladie. Un exercice auquel je ne souhaite pas me prêter trop longuement sans compter que la poésie trouve une résonance différente auprès de chaque cœur.

G02336« Atteint d’un cancer diagnostiqué en août 2017, Hervé Prudon se savait condamné.

Durant les deux derniers mois de sa vie, où il lui était devenu impossible d’écrire le roman qu’il avait ébauché, il remplira deux carnets de moleskine noirs d’une écriture tremblée.

Une centaine de poèmes qui tous parlent de la mort à venir et frappent par leur lucidité et l’urgence dont ils sont un puissant témoignage. Ils dessinent en creux la personnalité d’un homme, porteur d’une douleur existentielle qu’il chercha toute sa vie à conjurer par la légèreté. Sylvie Péju. »

Feuilleter les premières pages

Ce recueil est composé de deux carnets qu’a tenu Hervé Prudon durant les dernières semaines avant son décès. Il s’agit du premier livre que je lis de cet auteur pourtant prolifique et cette première rencontre a été vraiment spéciale. L’écriture se construit à mi chemin entre le vol d’un oiseau derrière la fenêtre et la sensation d’emprisonnement. Hervé Prudon exprime la difficulté d’être enfermé dans la maladie et dans l’immobilité. Il parle avec force de ces choses auxquelles on pense quand on ne peut plus faire que ça et que le temps manque. Il évoque sa femme qu’il va laisser seule, sa colère face à la souffrance et à la maladie qui déforme l’image de sa vie durant ces dernières semaines, il parle de la fatigue et des sensations. Page après page, on vit le deuil d’une vie, on devine l’évolution de la condition de l’auteur.

Pas besoin d’aimer la poésie pour lire ce livre qui touche par son honnêteté et la vérité de son écriture.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : La Bouche à Oreilles


 

Et vous, connaissiez-vous cet auteur ?

Nouveaux blogs #04 — décembre 9, 2018

Nouveaux blogs #04

Une fois par mois, je vous donne désormais rendez-vous pour découvrir de nouveaux blogs littéraires et leurs auteurs qui viennent poser leurs valises parmi nous ! Bienvenue à toutes et tous !

 

Les lectures de Lauriane

leslecturesdelauriane.PNG« Je m’appelle Lauriane, j’ai 18 ans et je suis en première année de prépa littéraire afin d’intégrer un Institut d’Étude Politique. Je voudrais devenir reporter de guerre.

Sur mon blog, je partage plusieurs choses différentes: des avis lectures, bien sur, mais aussi bien livres papier que sur wattpad, une plateforme que j’aime beaucoup. Mais je ne veux pas être enfermée dans la lecture, alors je donne aussi parfois des conseils d’écriture, je parle de mon bullet journal, de la prépa aussi pour répondre aux questions multiples que l’on me pose etc. Je l’ai lancé après instagram pour pouvoir faire des articles plus détaillé. J’aime avoir les deux car je trouve qu’ils se complètent assez : instagram pour la proximité et le blog pour les articles détaillé.

Mon objectif à travers ce blog est de partager autour des livres que j’ai lu et aimé. Surtout que je ne lis pas forcément des livres sorties récemment : je lis beaucoup de classique, pour mes études et pour le plaisir, je vais beaucoup dans des brocantes… Vous pouvez ainsi trouver des avis sur des livres que vous ne trouverez pas spécialement sur d’autre compte.

Concernant mon style de prédilection, je pense que je vais citer Nekfeu : Naturaliste comme Zola, rattrapé par le fantastique. J’aime les romans classique, et plus particulièrement ceux du 19ème comme Zola, mais aussi le fantastique et la science fiction. Je lis quasiment de tout, en fonction des périodes, à part du policier ou des livres qui font peur (même si j’ai 2 Stephen King dans ma pal xD) car je suis une grosse peureuse.

Concernant les futurs lecteurs, tout ce que je peux vous dire c’est que si vous voulez découvrir des livres moins chers car facilement trouvable d’occasion ou même des livres pas encore publié, grâce à Wattpad, et enfin des conseils multiples organisation ou autre, n’hésitez pas ! »

 

Les chroniques d’Hinori-Chan

Leschroniquesdhinorichan.PNG« Concernant mon blog, il s’agit juste d’une sorte de journal si on peut dire concernant mon avis sincère sur ce que je lis ou regarde qui est en lien très très souvent avec le manga. J’avais envie de donner aux autres consommateurs comme moi un avis sincère sachant que ce genre de passion peut coûter très cher pour parfois beaucoup de déception et j’espère pouvoir les aider avec mon avis à acheter malin si on peut dire. Au final je suis juste comme eux, je suis étudiante donc mes revenus sont plutôt limités et j’achète mes propres mangas et animes, parfois je suis forcément déçue d’avoir acheté quelque chose qui finalement paraissait bien, mais juste en pub. J’aimerais que mon blog puisse aider les autres à ne pas acheter n’importe quel navet bien vendu par sa maison d’édition en somme.

Evidemment mon avis n’est pas toujours celui d’un autre et ce que je peux trouver mauvais peut très bien être bon pour quelqu’un d’autre mais étant amoureuse du manga depuis maintenant beaucoup trop d’années je pense en avoir assez lu que pour donner un avis majoritaire si je peux dire. En tous cas je l’espère sinon mon blog finalement ne servira à personne. »

 

Leslecteurs

leslecteurs.PNG« Bonjour, merci de m’avoir sollicité petits blogueurs que nous sommes ! Nous sommes deux sur ce compte, deux élèves en terminale S SVT. Un garçon et une fille.

Alix, elle préfère la littérature fantastique et moi je suis plus romans et du thriller aussi mais nous touchons quand même tous les styles sur notre blog ! Nous sommes passionnés de littérature et nous avons eu l’idée de partager nos avis sur nos lectures, bons comme mauvais. Cette année c’est le bac mais on donne le meilleur de nous même pour poster au moins un livre par semaine.

J’invite toutes les personnes simples, avec la joie de vivre à venir voir ce que l’on propose ! Et merci à ceux qui me suivent déjà de nous soutenir et de liker ! »

 

Le carnet de Stitch

lecarnetdestitch.PNG« Bonjour à tous.

Je m’appelle Charlène, j’ai 24 ans et je suis la créatrice du blog Le Carnet de Stitch. Depuis deux mois, je me suis lancée dans l’aventure de la blogosphère littéraire (oui, oui, une petite nouvelle 😉 ). Mon plus grand rêve est de devenir critique littéraire ou culturelle. Sans surprise, je suis passionnée de littérature contemporaine, d’écriture, d’Histoire et de Stitch (oui, le petit monstre bleu chez Disney :D). Cette année, je me lance aussi dans l’aventure des jurés littéraires avec le Prix SNCF du Polar 2019.  Assez parlé de moi ! Parlons un peu de mon blog !

Vous trouverez des chroniques littéraires et mes écrits personnels. Mon blog est principalement axé sur la littérature anglophone (anglaise, américaine, australienne, etc.), la littérature nordique (suédoise, islandaise, danoise, groenlandaise, etc.) et la littérature française. Je lis également d’autres auteurs étrangers que je classe dans Autre Monde. On va simplement dire qu’on voyage beaucoup niveau lecture ! Je lis de tout : thriller, polar, romance, new romance, historique, etc. Je suis très ouverte niveau lecture !

Si je peux vous donner un conseil ! Intéressez-vous à votre ville ou région de résidence. Ils sont très riches en lecture. J’ai découvert la littérature nordique grâce au Festival des Boréales. Sortez de votre zone de confort en découvrant de nouvelles lectures, c’est un enrichissement personnel énorme. Si vous êtes prêts à faire ce chemin, bienvenue sur mon blog !

Si vous voulez faire des challenges, des partenariats… N’hésitez pas à me contacter par mail, sur les réseaux sociaux ou sur mon blog. »

 

Je vous souhaite autant de belles découvertes que d’échanges et vous donne rendez-vous le mois prochain !

#jaimemonlibraire | 8 décembre 2018 — décembre 8, 2018

#jaimemonlibraire | 8 décembre 2018

Je vous retrouve comme chaque semaine pour faire un point sur les nouveautés qui ont rejoint ma bibliothèque. Mon objectif : rester fidèle à mes sujets de prédilection mais me pousser aussi un peu hors de ma zone de confort.

 

  • Le vieil homme et la mer d’Ernest Hemingway, paru en 1952 et réédité par les éditions Gallimard le 4 mai 2017 :

G00089« À Cuba, voilà quatre-vingt-quatre jours que le vieux Santiago rentre bredouille de la pêche, ses filets désespérément vides. La chance l’a déserté depuis longtemps. À l’aube du quatre-vingt-cinquième jour, son jeune ami Manolin lui fournit deux belles sardines fraîches pour appâter le poisson, et lui souhaite bonne chance en le regardant s’éloigner à bord de son petit bateau. Aujourd’hui, Santiago sent que la fortune lui revient. Et en effet, un poisson vient mordre à l’hameçon. C’est un marlin magnifique et gigantesque. Débute alors le plus âpre des duels.

Combat de l’homme et de la nature, roman du courage et de l’espoir, Le vieil homme et la mer est un des plus grands livres de la littérature américaine.

Cette nouvelle traduction s’attache à restituer la prose lente, solennelle, presque dépouillée et subtilement ouvragée dans laquelle Hemingway chante l’aventure du vieil homme, lui redonnant ainsi toute sa dimension héroïque et tragique. »

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  • Elle s’appelait Sarah de Pascal Bresson et Horne, adapté du livre de Tatiana de Rosnay, paru aux éditions Marabout le 7 novembre 2018 :

71Xlq7-DsnL« Deux histoires se déroulent en parallèle : celle de Julia américaine qui vit à Paris, en 2000, avec son mari Bertrand et sa fille Zoë et celle de Sarah déportée avec son père et sa mère, en 194,2 lors de la rafle du Vel’ D’Hiv’. Les deux récits se rejoignent malgré les années qui les séparent.

Paris, juillet 1942 : Sarah, une fillette de dix ans qui porte l’étoile jaune, est arrêtée avec ses parents par la police française, au milieu de la nuit. Paniquée, elle met son petit frère à l’abri en lui promettant de revenir le libérer dès que possible.

Paris, mai 2002 : Julia Jarmond, une journaliste américaine mariée à un Français, doit couvrir la commémoration de la rafle du Vél d’Hiv. Soixante ans après, son chemin va croiser celui de Sarah, et sa vie va changer à jamais.

Elle s’appelait Sarah, est l’histoire de deux familles que lie un terrible secret, c’est aussi l’évocation d’une des pages les plus sombres de l’Occupation.

Le roman de Tatiana de Rosnay est porté par le souffle de Pascal Bresson et revit sous la délicatesse des dessins de Horne. »

Feuilleter les premières pages

 

  • Zaï Zaï Zaï Zaï de Fabcaro, paru aux éditions 6 pieds sous terre le 21 mai 2015 :

FFFFFF-80-f-nature-0« Les filles, c’est papa… Écoutez, je ne rentrerai pas à la maison ce soir… et peut-être même pendant quelques jours… Vous avez peut-être déjà regardé les infos… Je veux que vous sachiez que votre papa n’est pas un bandit…

Un auteur de bande dessinée, alors qu’il fait ses courses, réalise qu’il n’a pas sa carte de fidélité sur lui. La caissière appelle le vigile, mais quand celui-ci arrive, l’auteur le menace et parvient à s’enfuir.

La police est alertée, s’engage alors une traque sans merci, le fugitif traversant la région, en stop, battant la campagne, partagé entre remord et questions existentielles.

Assez vite les médias s’emparent de l’affaire et le pays est en émoi. L’histoire du fugitif est sur toutes les lèvres et divise la société, entre psychose et volonté d’engagement, entre compassion et idées fascisantes. Car finalement on connaît mal l’auteur de BD, il pourrait très bien constituer une menace pour l’ensemble de la société.

Voici le nouveau récit choral de l’imparable Fabcaro, entre road movie et fait divers, l’auteur fait surgir autour de son personnage en fuite, toutes les figures marquantes – et concernées – de la société (famille, médias, police, voisinage…) et l’on reste sans voix face à ce déferlement de réactions improbables ou, au contraire, bien trop prévisibles. »

 

  • Sophie Scholl : non à la lâcheté de Jean-Claude Mourlevat, paru aux éditions Actes Sud Junior en mai 2014 :

41rjY4UufTL« Elle demande un billet aller-retou pour Stuttgart. Elle devrait pouvoir le faire sans angoisse, mais au moment de parler, il lui semble que sa voix se trouble et la trahit. C’est à cause de son coeur qui cogne et de son estomac qui vrille. Elle doit se battre chaque fois avec la même incontrôlable peur. Elle voudrait passer inaperçue, devenir invisible. Or il lui semble qu’elle occupe tout l’espace, qu’on ne voit qu’elle dans cette gare. La poignée de la valise lui brûle les doigts. Car la menace est partout, qui rôde : les soldats de la Wehrmacht, la police criminelle, la Gestapo. Aussi longtemps qu’elle tient cette valise au bout de son bras, elle est en danger de mort. Et elle le sait. »

 

Et vous, quelles sont vos nouvelles trouvailles ?

« Western tchoukoutou » de Florent Couao-Zotti (Gallimard, 2018) — décembre 7, 2018

« Western tchoukoutou » de Florent Couao-Zotti (Gallimard, 2018)

Vous avez dit western punitif mené par une femme en colère ? Je signe tout de suite ! C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que j’ai débarqué dans le far west béninois, pour suivre les périples de Kalamity Djane et percer les raisons de sa colère.

G01635« Mais voilà qu’un jour, un après-midi de décembre, alors que l’harmattan vrillait la cité dans son rideau de poussière rouge, apparut, par l’entrée sud de la ville, une étrange créature… Le regard droit, le corps arqué, elle conduisait une moto, une grosse cylindrée aux flancs de laquelle avait été dessinée une tête de mort accompagnée d’un écriteau singulier : N.D. dite Kalamity Djane.

À Natingou City, ville montagneuse dans le nord du Bénin, trois personnages singuliers, répliques parfaites des caractères du Far West, tiennent sous leur joug la population par leurs actes excentriques. Un vacher bagarreur, un inspecteur de police teigneux et un homme d’affaires, desperado amorphe et vif à la fois. Apparaît soudain une jeune femme vengeresse donnée pour morte dans des circonstances fort troubles, Nafissatou Diallo, sous le nom de Kalamity Djane, pistolet au poing, annonçant bien haut dans le mythique Saloon du Desperado son désir, sa décision irrévocable d’abattre les trois terreurs.

Après le western américain, le western-spaghetti, voici donc la spécialité béninoise : le western qui joue d’une arme de destruction passive alcoolisée : le western tchoukoutou. »

Feuilleter les premières pages

Mais plus que suivre Kalamity Djane, il s’agit davantage de suivre les trois hommes-cibles, se tortillant comme des poissons dans un filet, pensant encore pouvoir échapper à la vengeance d’une femme blessée et humiliée.

Nous découvrons donc les trois hommes, le shérif, l’homme d’affaires et le cow-boy. Trois hommes unis depuis des années et notamment autour d’un crime dont les coupables idéals ont déjà été écroués. Et si cela ne suffisait pas à la victime ? Et s’il était l’heure de payer ? Chacun inspire le mépris comme la pitié, car ce sont de pauvres hommes. Ils s’enorgueillissent de leur réussite sociale mais derrière le masque il n’y a que sécheresse du coeur et une couche de loose, aussi. Nafissatou Diallo va leur prouver que tout le monde fini par rendre compte de ses actes et la sentence, c’est elle qui va en décider. La présence d’un cinquième personnage, le poète, amoureux fou de Nafi, va venir apporter une dimension supplémentaire au récit, qui m’a autant intrigué que plu.

Une très bonne découverte, une plume directe et vivante, des expressions tantôt magnifiques tantôt drôles qui apportent une ambiance forte à l’ensemble. J’ai forcément aimé le contexte de l’histoire mais j’aurais peut-être aimé que ça aille un peu plus loin, à la Tarantino ou à la Park Chan-Wook. Cependant, l’affaire est rondement menée et l’outrage vengé ! Pour cela, je prendrais bien une tchoukoutou !

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Les libraires masqués du grenierSaveurs livresques


 

Et vous, quels titres de littérature africaine conseilleriez-vous ?

« De longues nuits d’été » d’Aharon Appelfeld (L’École des loisirs, 2017) — décembre 6, 2018

« De longues nuits d’été » d’Aharon Appelfeld (L’École des loisirs, 2017)

J’ai commencé dans l’année un livre d’Aharon Appelfeld sans l’avoir fini. *Honte* J’ai choisi de retenter l’expérience avec celui-ci adressé à la jeunesse. Une ode à la liberté en même temps qu’un regard particulier sur la fuite et la protection d’un enfant en temps de guerre.

9782211230476« Grand-père Sergueï, un ancien soldat, devenu aujourd’hui un vieil homme aveugle et Janek, un garçon juif placé sous sa protection, effectuent un long voyage.

En toile de fond, la Seconde Guerre mondiale fait rage, les deux compagnons vont de village en village pour mendier et luttent pour leur survie.

Les épreuves rencontrées prennent une dimension mythologique et Yanek ne trouve son destin qu’à l’issue de cette migration. »

Yanek a été confié à Sergueï par son père, pour le protéger dans une Ukraine où la chasse aux Juifs fait rage. D’ailleurs, Yanek, ce n’est pas son vrai nom. Son nom à lui est celui de son grand-père, un homme juste et qui inspirait le respect dans son village et au-delà, un homme que Sergeï a bien connu.

L’homme est un vagabond depuis que l’entreprise de la famille de Yanek a fait faillite. Cette entreprise qui continuait à employer Sergueï malgré ses yeux qui ne voulaient plus voir. C’est un lien fort qui uni l’homme à l’enfant, par devoir envers des gens qui ont été bons avec lui, envers l’enfance qui doit être protégée.

Yanek va ainsi accompagner durant plusieurs mois Sergueï, de village en village. L’enfant devient les yeux de l’homme, l’homme se fait l’enseignant de l’enfant. Sergueï, ancien soldat respecté dont le nom ne laisse pas indifférent quand il est prononcé, va apprendre à Yanek à se renforcer, à faire face à l’adversité, à se défendre et à défendre ceux qui en ont besoin, et à voir le monde avec chaque jour des yeux différents. Un lien immensément fort les uni et ce périple va être pour le jeune garçon de onze ans, qui a dû oublier qu’il il était, un véritable parcours initiatique.

Malgré l’affection qu’ils ont l’un pour l’autre, Yanek attend de pouvoir retrouver ses parents. Il a entendu parler des camps. Plus les sons des canons soviétiques approchent, plus il espère les revoir. Ce livre, dont l’errance est inspirée de la propre histoire d’Aharon Appelfeld, est l’histoire d’un enfant forcé de ne plus en être un qui devra aller de l’avant, regarder plus loin que le bout du chemin.

Une très belle découverte dont les évocations spirituelles m’ont moins touchée, mais dont le sens général m’a émue.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : IsalireLes petits papiers d’Olivia


 

Et vous, voulez-vous prendre la route avec eux ?

Les prix littéraires du mercredi #17 — décembre 5, 2018

Les prix littéraires du mercredi #17

Nous nous retrouvons aujourd’hui, et comme toutes les semaines, pour un focus sur quelques prix littéraires décernés ces derniers jours. Pour ce dix-septième numéro, je vous propose un focus sur le Prix Unicef 2018.

« Plus de 3 600 enfants et jeunes de 3 à 18 ans ont participé et ont voté pour leur livre préféré parmi la sélection 2018 sur le thème Réfugiés et migrants, du déracinement à l’exil. Bravo à eux et aux 220 structures qui ont facilité leur participation !

Cette thématique forte a permis de sensibiliser enfants et adolescents à la réalité des enfants contraints de fuir la guerre, la violence, et la pauvreté. Les ouvrages sélectionnés abordent sous différentes formes, l’entraide, la solidarité, l’accueil des réfugiés, leur voyage, leur départ et les causes qui poussent de nombreuses familles à partir. » Source

 

  • Bienvenus de Barroux, paru aux éditions Kaléidoscope le 18 janvier 2017, lauréat de la catégorie 3-5 ans :

Bienvenus_bd-600x673« Chaque jour, des enfants, des femmes et des hommes risquent leur vie pour se mettre à l’abri.

Ils fuient les persécutions, la guerre, la famine…

Que les causes soient politiques ou climatiques, n’oublions jamais que l’asile est un droit constitutionnel.

L’accueil des réfugiés est l’affaire de tous ! »

Découvrir le livre

 

  • Chemin des dunes de Colette Hus-David et Nathalie Dieterlé, paru aux éditions Gautier Languereau le 6 septembre 2017, lauréat de la catégorie 6-8 ans :

9782017024231-001-T« Talia, 7 ans, doit fuir le Soudan avec sa famille et migrer vers un nouveau lieu de vie.

Ballotée des rivages d’Afrique au chemin des dunes du Nord de la France, elle va connaître la peur, l’inquiétude, puis un jour, l’espoir d’un avenir meilleur.

Une histoire digne et bouleversante. »

Découvrir le livre

 

  • Banana Girl de Kei Lam, paru aux éditions Steinkis le 24 mai 2017, lauréat de la catégorie 9-12 ans :

51hiT6gP7XL« Kei a grandi en France, partagée entre deux cultures : les dim sum et le camembert, la fête de la Lune et l’Épiphanie, le baume du tigre et l’eau bénite…

La vie n’est pas toujours simple pour une petite Chinoise à Paris, mais peu à peu elle se forge une identité faite de ces références multiples.

Aujourd’hui, Kei revendique son métissage culturel et assume joyeusement l’étiquette de banane, jaune à l’extérieur et blanche à l’intérieur… »

Découvrir le livre

 

  • Rage d’Orianne Charpentier, paru aux éditions Gallimard jeunesse (collection Scripto) le 16 mars 2017, lauréat de la catégorie 13-15 ans :

Rage_couv_J00276.indd« RAGE… C’est le surnom que son amie lui a donné.

C’est désormais ainsi qu’elle se nomme, pour oublier son nom d’avant, celui de son enfance, d’avant l’exil, la déchirure. Rage a eu affaire à la violence des hommes, de la guerre. Et la voilà réfugiée en France, seule, sans aucun repère.

Telle une bête traquée, elle se méfie de tous. Une nuit, sa route croise celle d’un chien, apparemment dangereux, blessé, maltraité. Le sauver devient une nécessité… »

Découvrir le livre

 

Et vous, des livres récemment primés vous font-ils envie ?

« L’expérience » de Christophe Bataille (Grasset, 2015) —

« L’expérience » de Christophe Bataille (Grasset, 2015)

Ce petit livre m’a rapidement fait de l’oeil de par la singularité de son sujet : les expériences nucléaires engagées dans le désert et auxquelles des soldats français ont dpu participer en tant que cobayes. Top secret : votre mission n’a pas existé, vos séquelles non plus.

9782246811640-T« Je suis sorti de la tranchée et tout de suite ses yeux m’ont fixé : deux prunelles de cendre. C’était une chèvre, une pauvre chèvre que nous n’avions pas vue, enchaînée sur la plaine, face au pylône et à la bombe. Un chevreau semblait s’abriter derrière elle, sur ses pattes tremblantes. Tous deux étaient comme cuits. J’ai abandonné mon compteur, et la chèvre s’est mise à hurler. Le chevreau était tombé sous elle. Il y avait ce cri, mécanique, sans être, un cri à nous rendre fous. Pour ce cri, j’aurais renoncé à la France.

Avril 1961, dans le désert algérien. À trois kilomètres de ce point inconnu, une tour de cinquante mètres porte une bombe atomique. Le jeune soldat qui parle, accompagné d’une petite patrouille, participe à une expérience. Il est un cobaye.

C’est cette zone d’intensité extrême que nous livre Christophe Bataille. Face à l’histoire et à la mort, il reste les mots, les sensations, la douceur du grand départ puis la lumière. »

Feuilleter les premières pages

Nous suivons un homme, le narrateur, qui explique dans des aller-retour entre le présent et le passé ce qui est arrivé dans le désert algérien, à Reggane. Comment est-il arrivé là, lui le mathématicien qui a trébuché lors d’un défilé militaire ? Il nous explique sa nature de cobaye et ce que ces minutes de déflagration nucléaire ont impacté sur le reste de sa vie : en esprit et en corps. Lui, parmi d’autres encore.

Chercher une trace, chercher une preuve de sa présence sur les lieux pour dénoncer l’usage fait des hommes, cela est peine perdue, les dossiers sont scellés et ne sont pas encore prêts à s’ouvrir. Alors il explique, avec ses mots, comment ce jour l’a condamné à laisser une part de lui dans le désert.

Un texte fort et court, dont la brièveté exprime aussi l’urgence de dire par celui qui se meurt. Un texte qui rappelle qu’il y a encore beaucoup d’informations en sommeil, que l’homme joue parfois au savant fou et dévaste autant la terre que ceux qui la peuplent.

Pour en savoir plus

 

Et vous, connaissiez-vous cette histoire ?