Les miscellanées d'Usva

Actualités littéraires sans frontières

#jaimemonlibraire | 24 avril 2018 — avril 24, 2018

#jaimemonlibraire | 24 avril 2018

Après dix jours de congés, j’ai enfin pu parcourir les nouveautés dans les rayonnages de mon libraire. Bon, je n’ai pas trouvé tout ce que je voulais, mais quand même deux jolis achats. Je crois qu’en ce moment j’ai un truc avec les livres bleus

 

  • La désobéissance civile d’Henry David Thoreau, paru aux éditions Gallmeister (collection Totem) en mars 2017 :

6079-cover-disobedien-58889df32cddb« En juillet 1846, Henry David Thoreau est emprisonné pour avoir refusé,  en signe d’opposition à l’esclavage et à la guerre contre le Mexique, de payer un impôt à l’État américain. Cette expérience sera à l’origine de cet essai paru en 1849 et qui fonde le concept de désobéissance civile. Un texte qui influença Gandhi, Martin Luther King ou Nelson Mandela, et ne cesse d’inspirer philosophes et politiciens depuis plus d’un siècle et demi. »

 

  • Wonder de Raquel Jaramillo Palacio, paru aux éditions Pkj en janvier 2013 mais qui a bien fait parler de lui dernièrement dans des propos élogieux :

9782266232616ORI« Ne jugez pas un livre sur sa couverture.

Ne jugez pas un garçon sur son apparence.

« Je m’appelle August. Je ne me décrirai pas. Quoi que vous imaginiez, c’est sans doute pire. »

Né avec une malformation faciale, August, dix ans, n’est jamais allé à l’école. Aujourd’hui, pour la première fois, ses parents l’envoient au collège… Pourra-t-il convaincre les élèves qu’il est comme eux ? »

 

Et vous, quelles sont vos dernières acquisitions ?

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« THUG – The Hate U Give » d’Angie Thomas (Nathan, 2018) — avril 23, 2018

« THUG – The Hate U Give » d’Angie Thomas (Nathan, 2018)

Ce livre, j’en ai beaucoup, beaucoup, beaucoup entendu parler et il m’était absolument impossible de passer à côté, surtout avec la thématique que j’ai choisie pour le mois d’avril. Mon avis risque d’être similaire à nombre d’autres : ce livre est une pépite, impossible de le lâcher avant qu’il ne soit terminé !

thugwp« Starr a 16 ans, elle est noire et vit dans un quartier difficile, rythmé par les guerres de gangs, la drogue et les descentes de police. Tous les jours, elle rejoint son lycée blanc situé dans une banlieue chic; tous les jours, elle fait le grand écart entre ses deux vies, ses deux mondes. Mais tout vole en éclats le soir où son ami d’enfance Khalil est tué. Sous ses yeux, de trois balles dans le dos. Par un policier trop nerveux. Starr est la seule témoin. Et tandis que son quartier s’embrase, tandis que la police cherche à enterrer l’affaire, tandis que les gangs font pression sur elle pour qu’elle se taise, Starr va apprendre à surmonter son deuil et sa colère; et à redresser la tête.

Depuis sa parution en février 2017, The Hate U Give a bousculé l’Amérique. En dénonçant la violence dans laquelle évolue la jeunesse afro-américaine, sa jeune autrice est devenue une figure de proue de la littérature jeunes adultes. Elle plaide pour un monde qui ferait enfin place à la diversité. »

Après avoir tourné la dernière page, je ne suis pas du tout étonnée de sa réception aux États-Unis et du caillou dans la mare qu’il aura pu jeter. Il porte un militantisme fort qui s’interroge sur ses propres préjugés et c’est cette nuance très présente que j’ai beaucoup aimé. Il est également riche en références socio-culturelles qui ont permis une immersion et un réalisme incroyable. J’ai bien pleuré, j’ai ri aussi, car Starr a une famille et des amis dont les relations sont très attachantes aussi pour le lecteur (le personnage de Maverick est juste parfait). On a juste l’impression de faire partie de la bande pendant quelques heures.

THUG LIFE, c’est le concept de Tupac, The Hate U Give Little Infants Fucks Everybody (La haine que vous inculquez à vos enfants finit par tous nous niquer). Et ce concept est autant un avertissement qu’un message de prévention : le yin et le yang qui rythment la vie. Mais dans le cas présent, c’est l’avertissement qui prend le dessus, parce que l’impunité ne peut plus être acceptée.

On retrouve aussi au fil des pages des mentions à Kendrick Lamar qui introduisent vraiment le discours dans le présent, dans la période que le lecteur connaît ; et on revient aux luttes des années 1950 avec l’apparition régulière d’Emmett Till. Le texte est un maillage entre les luttes passées qui n’ont pas connu la justice qu’elles méritaient et les luttes actuelles qui n’en connaissent pas forcément plus.

« Khalil ne bouge pas. Il ne dit rien. Il ne me regarde même pas. Son corps se raidit, et il s’en va. J’espère qu’il voit Dieu.

Quelqu’un d’autre crie.

Je cligne des paupières pour voir à travers mes larmes. C’est l’agent cent quinze. Il braque sur moi le flingue qui vient de tuer mon pote.

Je lève les mains en l’air. »

Si le récit part de l’assassinat de Khalil, qui fait remonter celui d’une autre amie d’enfance de Starr, Nathasha. La lutte est celle d’une nation pour les crimes sur lesquels on ferme les yeux, car la justice d’un État peut donner l’impression que la mort d’un Noir de compte pas. C’est aussi ce message que la référence à Emmett Till porte, ses bourreaux n’ayant pas été reconnus coupables lors de leur procès.

« Il était une fois un petit garçon aux yeux noisette avec des fossettes. Je l’appelais Khalil. Le monde disait que c’était un voyou.

Il a vécu, mais pas tout à fait assez longtemps, et je me souviendrai de sa mort pour le restant de mes jours.

Un conte de fées ? Non. Mais je m’accroche à l’idée que ça peut finir mois mal.

Si ça ne concernait que moi, Khalil, cette nuit-là, et ce flic, ce serait facile de laisser tomber. Mais il y a bien plus que ça. […] Le plus pourri dans tout ça ? C’est qu’il y en a plein d’autres. »

Il est aussi question de racisme ordinaire qui est un venin qui n’est pas en manque de violence et qui vient empoisonner des quotidiens. Je ne veux pas trop dévoiler de contenus pour vous laisser le plaisir de découvrir cette pépite, mais pour illustrer ce propos je ne peux m’empêcher d’ajouter une dernière citation :

« Ryan, le mec de Maya, est en fait le seul autre Noir en première. Du coup, tout le monde veut nous mettre ensemble. C’est censé se passer comme sur l’arche de Noé apparemment : quand on est deux, il faut former un couple pour assurer la survie de notre couleur dans le groupe. Je remarque plein de trucs débiles dans le genre, ces temps-ci. »

Starr sort avec Chris, un jeune homme Blanc, qui a grandit dans un milieu social très différent du sien. Cela amène aussi Starr à se demander si elle ne trahit pas des décennies de luttes, sa famille qui l’a élevée avec les préceptes des Black Panthers.

Bref, je ne veux ni trop en dévoiler ni trop digresser, mais vraiment, je recommande la lecture de ce livre à tout le monde. Il s’agit d’un livre jeunesse mais les adultes n’ont rien à y perdre, bien au contraire. Après tout on le voit tous les jours, le monde adulte.

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Et vous, l’avez-vous lu et autant aimé ?

« Un autre Brooklyn » de Jacqueline Woodson (Stock, 2018) — avril 20, 2018

« Un autre Brooklyn » de Jacqueline Woodson (Stock, 2018)

Je ne connaissais pas Jacqueline Woodson avant de parcourir ce livre, elle est pourtant une auteure prolifique qui a été remarquée en tant que finaliste et lauréate du National Book Award. Plus impressionnant encore, elle a reçu cette année le prix Alma, qui récomprense chaque année « un auteur, un illustrateur ou une organisation œuvrant pour la promotion de la lecture ».

9782234083271-001-T« La première fois que j’ai vu Sylvia, Angela et Gigi, ce fut au cours de cet été-là. Elles marchaient dans notre rue, en short et débardeur, bras dessus bras dessous, têtes rejetées en arrière, secouées de rire. Je les ai suivies du regard jusqu’à ce qu’elles disparaissent, me demandant qui elles étaient, comment elles s’y étaient prises pour… devenir.

August, Sylvia, Angela et Gigi sont quatre adolescentes, quatre amis inséparables qui arpentent les rues de Brooklyn des années 1970, se rêvant un présent différent et un futur hors du commun. Mais un autre Brooklyn où le danger rôde à chaque coin de rue, menace les espoirs et les promesses de ces jeunes filles aux dernières heures de l’enfance. »

J’avais prévu cette lecture dans le cadre du mois consacré à la lutte pour les droits civiques, mais il s’agit finalement d’un tout autre propos à mes yeux. Il est davantage question de la construction de la réalité et de l’avenir par des adolescentes, la protection que l’on peut s’apporter les unes aux autres pour être plus fortes dans une société dangeureuse pour nous. Et la pauvreté dans un pays riche qui est un terreau fertile pour la violence et l’autodestruction, celle du désespoir.

Un autre Brooklyn c’est cela, un groupe de quatre jeunes filles qui se soutiennent, se préviennent, dans un quartier qui ne respecte pas et dont les recoins regorgent de plaies. Ce jeunes filles ont toutes leurs fêlures, souvent liées à la pauvreté, mais aussi à la société américaine et à la guerre du Vietnam dont les fantômes détruisent autant que les balles.

Un autre Brooklyn c’est celui qu’on s’imagine pour échapper à la réalité, se réfugier dans une perception du présent et une construction de l’avenir. Un autre Brooklyn c’est aussi celui vers lequel vont les Blancs qui laissent le quartier pour en trouver un autre. Un autre Brooklyn, c’est le quartier qui change à mesure que les relations entre les quatre amies évoluent elles-aussi, pour se fatalement distendre.

Le livre aborde également des aspects de la Nation of Islam et de la rupture entre Blancs et Noirs, cette rupture et un poids de la religion qui n’aura pas de prise sur August, personnage principal, qui voudra avant tout être libre.

Un roman qui se lit tout seul, emprunt d’autant de douceur que d’amertume, cru parfois, intelligemment construit. Une lecture que j’ai beaucoup appréciée, plus complexe qu’il n’y paraît.

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Et vous, quelle est votre dernière lecture ?

La page au hasard du jeudi #01 — avril 19, 2018

La page au hasard du jeudi #01

Lorsque je flâne dans ma librairie et que je feuillète des livres dont je n’ai pas entendu parler, je parcours bien entendu la quatrième de couverture puis, si je ne suis pas convaincue, je lis un extrait de page au hasard. À ce stade, dans l’incertitude totale, seul le hasard  de cette page décide.

J’ai donc envie de vous faire un article récurrent partant de ce principe, sur mes derniers achats, ce qui m’a fait envie lors de leur acquisition et un avis sur le texte extrait au regard de ces motivations.

powerwp« 8 septembre 1968

CHARLENE

Le respect. Otis l’a exigé, Aretha l’a crié – « R-E-S-P-E-C-T! » – mais ça n’a pas suffi, alors James a enfoncé le clou :

« I’m black and I’m proud! »

Ouais, encore lui. Depuis le début, il nous accompagne, au gré de nos révoltes. Et maintenant son single est repris dans tous les ghettos.

« I’m black and I’m proud! »

Avant, ses chansons, c’était pour amuser les Blancs, mais il s’est émancipé. Des années qu’il pleure, frémit, vibre à notre rythme.

« Say it loud! I’m black and I’m proud! »

Et ce rythme a créé une autre soul, électrique, viscérale. Celle qu’entre nous on appelle « funk ». Ici, à Detroit, New York, Chicago, partout. Depuis, tout a changé. On chante plus, on se libère. On danse plus, on se transcende. Et quand on sort, Philly est à nous. Fusil sur l’épaule, je m’adresse au groupe :

– Tout le monde est prêt ? Ouais ? Alors on y va ! »

Power de Michaël Mention (Stéphane Marsan, 2018, p.185)

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Cet achat fait partie de ma sélection pour l’anniversaire de l’assassinat de Martin Luther King Jr, il arrive également après ma lecture de Mets le feu et tires-toi, biographie de James Brown. Le hasard a voulu que je tombe sur une page qui parle de cet artiste, je crois que le hasard sait comment me parler. Le passage annonce une lutte et c’est bien de cela dont il est question depuis des décennies et des décennies. C’est bien cela dont il est question dans mes lectures actuelles.

Cet extrait ne me donne que plus envie de découvrir ce roman décrit en quatrième de couverture comme « puissant et viscéral, plus que jamais d’actualité ».

 

Et vous, vous donne-t-il envie de le découvrir ?

« Cinq branches de coton noir » de Steve Cuzor et Yves Sente (Dupuis, 2018) —

« Cinq branches de coton noir » de Steve Cuzor et Yves Sente (Dupuis, 2018)

J’avais vu ce roman graphique sortir en janvier mais j’avais un peu de mal à me décider. Les retours ont été tellement positifs depuis sa parution qu’en le voyant en librairie cette semaine je n’avais plus aucune raison de résister. Et en effet, je m’en serais voulu d’être passée à côté.

cbdcnwp« Philadelphie, 1776. Mrs Betsy est dépêchée par les indépendantistes américains pour concevoir le tout premier drapeau des futurs États-Unis d’Amérique. Sa domestique, Angela Brown, décide alors de transformer cet étendard en un hommage révolutionnaire, en y adjoignant en secret un symbole inestimable…

Douvres, 1944. Le soldat Lincoln se morfond dans son camp militaire, entre discriminations raciales et bagarres quotidiennes. Jusqu’à ce qu’il reçoive une lettre de sa soeur, Johanna, annonçant qu’elle a découvert dans les possessions de leur tante décédée les mémoires d’Angela Brown – rien de moins qu’un témoignage d’une rareté et d’une valeur exceptionnelles. Si l’histoire relatée dans ces mémoires est réelle, alors c’est l’histoire des États-Unis qui est à récrire. »

Les dessins et leur mise en couleur sont magnifiques, les dialogues parfaitement pensés, l’histoire absolument cinématographique : l’ensemble bouge et prend vie dès la première page. Cette bande-dessinée est pour moi un très gros coup de coeur !

Nous suivons Lincoln, Aaron et Tom en guerre contre les troupes du Reich, en 1944. Après avoir tenu un leurre réalisé pour tromper les Allemands, ils sont chargés de retrouver le drapeau réalisé en 1776 dans lequel une étoile noire été cachée, pied de nez endeuillé d’Angela Brown au futur pays qui nie une partie de sa population.

Pour les trois amis, cette mission est l’occasion de prouver leur valeur, en tant que soldats américains, en tant qu’hommes et citoyens afro-américains. C’est une mission difficile qui les attend et la chute de l’intrigue est absolument terrible (je vous laisse pas mal de suspens pour ne pas vous gâcher la lecture, ce serait dommage). Le rythme est haletant, on ne peut lâcher cet ouvrage avant d’en connaître le dénouement.

C’est une lutte pour se prouver sa valeur et la prouver aux autres, pour faire mieux que Jesse Owens, pour que la situation des Noirs aux Etats-Unis s’améliore. On y croit, tout le long, mais n’est-ce pas un peu naïf ? Ramener le drapeau au pays fera-t-il changer les choses ? Dans le doute, autant essayer, qu’aurions-nous à perdre si ce n’est la vie, qui est déjà bien fragile sans la guerre.

Si vous n’avez pas encore lu ce livre, je ne peux que vous le conseiller, il est absolument sublime ! Pour les personnes ayant du mal avec les contextes de conflits je précise qu’une grande partie du récit se déroule sur des zones de guerre.

Sans aucun doute, Cinq branches de coton noir sera bien positionné dans mon top de l’année !

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Et vous, quel est votre dernier coup de coeur ?

« Strange Fruit » de Mark Waid et J.G. Jones (Delcourt, 2017) — avril 18, 2018

« Strange Fruit » de Mark Waid et J.G. Jones (Delcourt, 2017)

Pour le choix de cette lecture cela a été très simple : la couverture m’a bouleversée tellement elle est belle. La composition, les couleurs, la dureté et pourtant la douceur. Trop tard, j’étais conquise.

Strangefruitwp« Et si Superman avait atterri en plein milieu d’une petite ville du Mississipi, au sud des États-Unis, en 1927… et qu’il était noir ? Mark Waid (Irrécupérable) et J.G. Jones (Wanted) secouent l’histoire américaine et les préjugés racistes.

Chatterlee. 1927. Le fleuve Mississipi est en crue et menace de dévaster des villes entières. Des villes qui ont vécu – il n’y a pas si longtemps encore – de la richesse des plantations de coton où l’esclavage était de mise. Un être venu d’ailleurs – aux pouvoirs extraordinaires – descend littéralement du ciel et fait irruption au milieu de cette catastrophe naturelle. Sa peau est noire… »

J’ai été intriguée par le positionnement de départ de cette bande-dessinée. Eh bien autant dire que la couleur de peau fait beaucoup dans le Mississipi (mais pas que) des années 1920.

Ce roman graphique met en exergue la haine, l’exploitation humaine (non, ce n’est plus de l’esclavage à proprement parler mais ce n’est pas non plus du salariat), la duperie politique, les préjugés dans leur forme la plus outrancière. C’est ainsi. Un enfant disparaît quand un homme inconnu arrive. L’homme est le premier suspect avant tout du fait de sa couleur de peau et de sa force surhumaine. ‘Clair que ce ne serait pas arrivé à Superman.

Outre l’histoire principale, qui montre la ségrégation menée par le Klu Klux Klan, j’ai vraiment eu le sentiment que les personnages qui se voulaient sobres et « moins pires » que les autres restaient racistes. Et à partir de là, j’ai senti comme une gêne. Il y a un paternalisme latent, une infantilisation des personnages Afro-américains par les personnages Blancs qui rend l’ensemble encore plus pervers. Car le racisme c’est cela aussi : la haine affichée et le mépris sous-jacent, latent, qui s’engouffre dans les petites fissures non visibles à l’oeil nu mais terriblement tenace.

Si je m’attendais à un coup de coeur (la couverture en a définitivement été un), ça a plus été un coup de poing dans la tronche, l’impression de ne pas voir de porte de sortie.

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Et vous, quel roman graphique vous a fait l’effet d’une claque ?

Les prix littéraires du mercredi #01 —

Les prix littéraires du mercredi #01

Plutôt que de parler de prix littéraires au fil de mes humeurs, il me paraît plus cohérent d’en faire un rendez-vous récurrent. Et ça tombe bien, de très beaux prix et des sélections intéressantes, il y en a souvent ! *Joie dans ma tête*

Le 4 mai nous connaitrons le ou la lauréat/e du Goncourt de la nouvelle puis, le 9 mai, celui ou celle du prix des libraires Québec catégorie roman hors Québec*. Pour me mettre dans l’ambiance, je vais essayer de lire d’ici là les livres que je peux, car les deux sélections sont très belles et tout à fait dans mes goûts littéraires.

*L’objectif pour l’année prochaine est de pouvoir aussi parcourir les auteurs québécois, qui demandent souvent d’être commandés plus en amont.

 

Et vous, quels prochains prix vous intéressent ?

Lecture en cours | 17 avril 2018 — avril 17, 2018
Humeur | 17 avril 2018 —

Humeur | 17 avril 2018

Cette année, le Prix Pulitzer a récompensé Kendrick Lamar dans la catégorie musique, une première pour un rappeur. Un prix grandement mérité pour cet artiste hypercréatif qui nous offre depuis plusieurs années un rap réinventé et engagé. Son titre Alright est aujourd’hui devenu un hymne rassembleur et protestataire du mouvement Black Lives Matter.

Si ce titre est aussi prodigieux que nombre d’autres de l’artiste, je suis indéniablement amoureuse de The Blacker The Berry, extrait du même album, To Pimp a Butterfly (2015). Le Prix Pulitzer a quant à lui été décerné pour le dernier album de Kendrick Lamar, DAMN, paru en 2017.

Je suis heureuse de ce prix, que j’ai accueilli avec un sacré cri de joie, comme l’impression que des oreilles se font moins sourdes. Souhait que ce soit de moins en moins une impression.

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« Pax et le petit soldat » de Sara Pennypacker et Jon Klassen (Gallimard jeunesse, 2017) —

« Pax et le petit soldat » de Sara Pennypacker et Jon Klassen (Gallimard jeunesse, 2017)

Ce roman jeunesse faisait partie des succès de 2017 que je tenais absolument à lire. En 2018, il a été lauréat de plusieurs prix que je suis de près et que je considère comme des références (prix Sorcières en particulier). Si j’ai été précédemment déçue par Sirius, lauréat aussi d’un prix Sorcières, j’ai voulu remettre la mise en jeu.

HS_PAX_RABATS.inddLa guerre est imminente. Lorsque le père de Peter s’engage dans l’armée, il oblige son fils à abandonner Pax, le renard qu’il a élevé depuis le plus jeune âge et envoie le garçon vivre chez son grand-père à cinq cent kilomètres de là. Mais Peter s’enfuit à la recherche de son renard. Pendant ce temps, Pax affronte seul les dangers d’une nature sauvage et se trouve confronté à ceux de son espèce.

Une voix d’auteur superbe à l’écriture cristalline et âpre, magnifiquement servie par les illustrations de Jon Klassen.

J’ai tout simplement passé un très beau moment avec ce roman. Il aborde des questions qui me tiennent à coeur telles que le sens de la guerre, les rencontres qui nous font grandir, l’écoute et l’ouverture aux autres en allant au-delà des préjugés, l’amitié, la bienveillance mais aussi le deuil et la culpabilité.

Toutes ces thématiques sont abordées lors de la quête de Peter pour retrouver Pax, le renard qu’il a recueilli et dont il s’occupe (ou serait-ce l’inverse) depuis plusieurs années. La guerre fait rage et nous suivons le point de vue de l’enfant et du renard sur le monde et les personnages qui les entourent. Voyage initiatique partagé, chacun trouvera sa voie et sortira changé de ce voyage.

Je vous laisse découvrir par vous-même qui est le petit soldat, qui ouvre, rythme et ferme le récit, car c’est un très joli élément de l’histoire. Une histoire qui est aussi un regard d’enfant sur la guerre des adultes.

Une lecture superbe à partir de 11-12 ans, qui permettra d’interroger le monde par le biais d’un périple aussi sensible que passionnant et magnifiquement illustré.

Pour en savoir plus

 

Et vous, un roman jeunesse à recommander ?