Les miscellanées d'Usva

Chroniques littéraires sans frontières

#vacances — août 1, 2018

#vacances

Le blog est en vacances et revient le 20 août.
Je vous souhaite de très belles journées ensoleillées et littéraires !

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Ils me font envie, vous les avez lus ! #06 — juillet 31, 2018

Ils me font envie, vous les avez lus ! #06

Nous sommes mardi, le moment de retrouver une liste de chroniques d’autres blogs ayant parlé de cinq livres qui me font envie mais que je n’ai pas encore eu le plaisir de découvrir. Alors, en attendant, j’ai le plaisir de vous lire et de vous découvrir, c’est un bon compromis vous ne trouvez pas ?

Les cinq livres de cette semaine sont :

 

Merci à vous !

« Pendant les combats » de Sébastien Ménestrier (Gallimard, 2013) —

« Pendant les combats » de Sébastien Ménestrier (Gallimard, 2013)

Ce petit livre, s’il est léger en nombre de pages et en nombre de lignes n’est pas petit dans son contenu, loin de là ! Une découverte de plume qui m’a beaucoup plue et que j’ai très envie de découvrir avec d’autres textes.

A13959« Un matin qu’ils étaient allés voir la rivière en crue, Joseph avait dit à Ménile, mon vieux, je n’ai que toi. Moi aussi, garçon, lui avait dit Ménile.

En 1943, sous l’Occupation, deux jeunes hommes entrent dans la Résistance. L’un est tenu par son sens du devoir et de la précision, l’autre veut dépasser la bête de somme qu’il a été jusqu’alors. Ce qu’ils sont, et ce qui les unit, va passer au révélateur puissant des combats. En peu de mots, dans une distance qui fait songer au cinéma de Bresson, tout le tragique de l’espèce humaine en temps de guerre. »

Nous suivons Ménile, gaillard qui aime la vie simple et qui aime Jeanne, qui lui rend régulièrement visite. Il a peu d’amis, mais parmi eux il y a Joseph, mari et père. La France est occupée et des réseaux de résistance se développent. Joseph est dans la résistance, Ménile va l’aider ponctuellement sur certaines missions.

De là, la peur va petit à petit faire son nid, le sentiment de pouvoir perdre tout ce que l’on a et de faire perdre aux autres ce qu’ils ont, jusqu’à leur vie.

Ce texte questionne l’engagement, la prise de risque, le sacrifice, la loyauté ainsi que la culpabilité.

Je ne veux pas en dire plus de peur de dévoiler une partie du récit, je vous laisse sur votre fin et vous encourage à le découvrir ! Petit par la taille, grand par son efficacité, sa problématique et le ton adopté.

Pour en savoir plus

 

Et vous, avez-vous un livre sur l’engagement à conseiller ?

Parutions éditoriales | Août 2018 — juillet 30, 2018

Parutions éditoriales | Août 2018

C’est la rentrée littéraire ! Beaucoup de nouveautés en perspective, que j’attends avec impatience, et cela jusqu’en octobre. Mais allons-y par étape et commençons par le commencement avec les parutions du mois d’août ! *J’ai mal d’avance à mon portefeuille*

C’est ici que ça se passe !

 

Retrouver les timelines de : avril 2018, mai 2018juin 2018, juillet 2018

 

Et vous, quels livres attendez-vous avec impatience ?

[♥] « Les Gueules Rouges » de Jean-Michel Dupont et Eddy Vaccaro (Glénat, 2017) —

[♥] « Les Gueules Rouges » de Jean-Michel Dupont et Eddy Vaccaro (Glénat, 2017)

J’ai été très intriguée et curieuse de découvrir ce roman graphique qui allie deux histoires, deux cultures avec beaucoup d’humanité et de force. Les dessins sont absolument magnifiques et les dialogues absolument dépaysants.

9782344011836-L« Il était une fois dans le Nord.

Été 1905. En tournée dans toute l’Europe, le cirque de Buffalo Bill s’arrête à Valenciennes. Un événement considérable pour la population locale et l’occasion pour Gervais, un gamin qui travaille au fond de la mine, d’élargir son horizon. De sa rencontre poignante avec des Sioux du cirque va naître une terrible erreur judiciaire quand ses amis indiens sont accusés d’un meurtre sauvage…

Riche en péripéties, ce western transposé au pays de Germinal est aussi une chronique truculente de la vie quotidienne des mineurs au début du XXe siècle, sur fond de remous politiques provoqués par les syndicats anarchistes et l’imminence de la loi sur la laïcité. »

Bienvenue au pays des corons, où les hommes et les garçons descendent à la mine quand il n’ont pas d’autre choix, mais qui en sont fiers car c’est un labeur plein de courage qui fait vivre leur famille. Le petit Gervais est un excellent élève qui pourrait échapper à la mine et ses entrailles en poursuivant ses études et en devenant instituteur. Mais à peine son certificat d’études entre les mains, son père a tout prévu : ce sera la mine, ce sera un deuxième salaire pour le foyer. Il n’y a pas de honte à faire ce métier, il faut accepter et respecter sa classe sociale et ne pas se prendre pour ce que l’on n’est pas.

L’histoire nous emmène avec elle aussitôt que nous en commençons la lecture : par les illustrations, mais aussi par le langage authentique des gens du Nord. Je les entend, j’en ai plein les oreilles et cela joue énormément dans le charme de ce livre !

Buffalo Bill fait produire son spectacle à Valenciennes, non loin du coron où habite la famille de Gervais. C’est en cachette qu’il s’y rend et qu’il se faufile sous les tribunes, sur les conseils d’un Indien membre du spectacle. Pour renter, deux Indiens, White Eagle et Setting Sun, lui proposent de le raccompagner. Un meurtre sera découvert et ils seront suspectés. S’engage alors une traque et Gervais, aidé de son voisin René, vont aider leurs deux amis à échapper à la peine qui les menaces.

Ce roman graphique aborde différents sujets : l’humanisme, la lutte des classes, la vie des mineurs, l’histoire des Indiens et la conquête de l’Ouest. Tout cela avec un souci de souligner ce qui rapproche les protagonistes.

Pour en savoir plus

 

Et vous, est-ce un contexte qui vous intéresserait ?

Book Haul final | Juillet 2018 — juillet 29, 2018
La parole aux lecteurs ! #02 —

La parole aux lecteurs ! #02

Elles se sont faites attendre mais sont enfin là, les vacances estivales ! *Ou mon hibernation rétroactive* Une petite semaine à la maison avant de prendre la route pour l’Ouest et la famille, et donc choisir les livres que je dois emporter. Certains d’entre eux sont inévitables pour ce voyage, d’où ma question d’aujourd’hui :

Et vous, quels sont les livres indispensables de votre été ?

« La Lettre à Helga » de Bergsveinn Birgisson (Zulma, 2018) — juillet 27, 2018

« La Lettre à Helga » de Bergsveinn Birgisson (Zulma, 2018)

Je vous parlais précédemment de mon grand intérêt pour les éditions Zulma, mais, malgré tout de déceptions possibles. Nous voilà donc face à une lecture qui m’a laissé un drôle de goût et que ne m’a pas convaincue même si le début était très prometteur.

la-lettre-a-helga.jpg« C’est au printemps, à la première sortie des agneaux de la bergerie, que j’éprouvais avec le plus d’insistance le désir de te voir ravaler ton orgueil et venir me rejoindre. Et chaque fois que les fleurs de pissenlits s’étalaient dans les prés, des flammes jaunes s’allumaient aussi en un autre endroit…

Bjarni Gíslason, en homme simple, taillé dans la lave mais pétri de poésie, se décide enfin à répondre à sa chère Helga, sa voisine de la ferme d’à côté, la seule femme qu’il aima, aussi brièvement qu’ardemment… »

Dans ce roman, la nature est magnifiée, les paysages islandais sont pour le narrateur une raison de vivre, des éléments qui font partie de lui et qu’il ne peut s’imaginer abandonner. Ils sont encore plus mis en valeur par l’écriture de Bergsveinn Birgisson ainsi que par la traduction de Catherine Eyjólfsson.

La femme du narrateur vient de décéder et jusqu’à son dernier souffle elle aura gardé une jalousie et une rancœur vis-à-vis de son époux et de ses sentiments pour une autre femme. Autre femme que la rumeur, de nombreuses années auparavant, avait désignée comme étant sa maîtresse. Il n’en était alors rien, mais il en fut quelque chose par la suite.

Commence une romance aussi épanouissante que dévastatrice, qui se confronte à des dilemmes et des cas de conscience qui m’ont un peu ennuyée. Je suis relativement pragmatique et assez peu romantique, il faut bien l’avouer. Alors les tergiversations du narrateur ne m’ont pas vraiment touchée, même si j’ai eu beaucoup de compassion pour la difficile situation avec sa femme, violentée dans sa chair et son être après une intervention chirurgicale (je ne suis pas sans cœur non plus).

Mais si tu joues avec le feu, tu dois choisir : attiser la flamme ou l’éteindre. C’est tout. Mais tu ne peux pas tout avoir. Nous allons, à partir de la moitié du roman, tomber dans un état de dépression, de doute et de tiraillement assez difficile à lire, je n’ai pas spécialement adhéré. J’ai complètement décroché au moment où le narrateur lui-même réalise qu’il a touché le fond. Je m’attendais à tout mais pas à ça et un vrai malaise s’est installé jusqu’à la fin du roman, qui a pourtant de vraies qualités narratives.

Une lecture mitigée en ce qui me concerne, mais n’hésitez pas à lire d’autres retours de lecture si vous avez envie de le découvrir, j’en avais lu de bons avant de le commencer.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Madame lit • Bonjour LittératureMélopée : le bruit des livresMon cabinet de curiosités


 

Et vous, avez-vous un auteur islandais à recommander ?

« La Tragédie brune » de Thomas Cadène et Christophe Gaultier (Les Arènes, 2018) — juillet 26, 2018

« La Tragédie brune » de Thomas Cadène et Christophe Gaultier (Les Arènes, 2018)

Avec ce roman graphique nous revenons sur une période intéressante de l’histoire européenne, en chemin pour devenir la tragique histoire du deuxième conflit mondial : l’entre-deux guerres et la montée du national-socialisme en Allemagne à travers les yeux d’un lanceur d’alerte de l’époque.

LaTragédieBrune_plat1« L’histoire vraie du premier reporter français assassiné par les nazis.

En 1934, Xavier de Hauteclocque, grand reporter, publie La Tragédie brune, écrit à la suite de son voyage en Allemagne en novembre 1933. Ce germanophile y décrit un pays remodelé par la politique nazie.

Son regard s’attarde là où d’autres ferment les yeux, ses pas le conduisent là où peu s’aventurent et, finalement, sa plume décrit ce que beaucoup préfèrent ignorer. Son récit, à la première personne, frappe par sa modernité, sa sincérité, sa lucidité et surtout, avec le recul tragique de l’histoire, par son caractère prémonitoire.

La Tragédie brune nous plonge dans ces années d’avant-guerre, à l’heure où Hitler affirme sa toute-puissance politique. Christophe Gaultier et Thomas Cadène s’attachent à mettre en scène le plus fidèlement possible le témoignage d’un homme qui, dès 1934, va alerter le monde sur la catastrophe à venir. »

Xavier de Hauteclocque est un journaliste français germanophile qui va voir de ses yeux, entendre de ses oreilles et comprendre de son cerveau les évolutions en cours dans l’Allemagne des années 1930, avec l’arrivée au pouvoir d’un certain Adolf Hitler. Il va constater les pressions faites sur les personnes et familles récalcitrantes, les dangers qu’encourent déjà les détracteurs au régime mais également l’emballement des adhérents vis-à-vis du parti et de son idéologie. Ces derniers, souvent des connaissances avant cette montée xénophobe et ultra-nationaliste, le surprendront par la rapidité avec laquelle il est possible d’adhérer à des idées abjectes.

Ce livre est adapté de l’ouvrage éponyme écrit par ce journaliste, à l’époque, qui lui vaudra de ne pas voir ni de pouvoir couvrir la suite des tristes événements, de ne pas pouvoir se battre avec sa plume pour dénoncer à nouveau. Ce destin rappelle l’importance de la presse et de sa liberté de parole, rappelle aussi que le nazisme a pris son temps pour arriver au pouvoir et instaurer l’horreur et c’est une partie de ce temps qu’il nous est donné de lire.

Ce qui m’a peut-être le plus marquée c’est le fait de voir apparaître les premiers camps de concentration, bien avant la guerre, ainsi que l’impact et le pouvoir dans les foyers des enfants, obligés d’appartenir aux jeunesses hitlériennes. Ce sont des choses que l’on sait, mais qui sont ici particulièrement saillantes je trouve.

Les dessins un peu old school fonctionnent très bien et sont très agréables à la lecture, ils collent parfaitement avec l’atmosphère générale, comme une enquête de fiction, qui n’en est malheureusement pas. Le premier chapitre du livre original est proposé à la fin de cet ouvrage, c’est un plus appréciable pour découvrir Xavier de Hauteclocque à travers ses mots après avoir découvert une partie de sa vie.

Une belle découverte, entièrement basée sur des faits réels, qui questionne l’acceptation et l’enracinement du fascisme, des discriminations, et la triste puissance de la propagande et de l’intimidation.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Culturevsnews


 

Et vous, quelle est la dernière bande dessinée que vous avez lue ?

« Le Poids du papillon » d’Erri de Luca (Gallimard, 2011) — juillet 24, 2018

« Le Poids du papillon » d’Erri de Luca (Gallimard, 2011)

Je poursuis ma découverte d’Erri de Luca avec ce deuxième roman. Le contexte de l’histoire m’attire moins qu’en ce qui concerne Les Poissons ne ferment pas les yeux, mais pourquoi pas, je tente.

A12935« Quelque part dans les Alpes italiennes, un chamois domine sa harde depuis des années. D’une taille et d’une puissance exceptionnelles, l’animal pressent pourtant que sa dernière saison en tant que roi est arrivée, sa suprématie est désormais menacée par les plus jeunes. En face de lui, un braconnier revenu vivre en haute montagne, ses espoirs en la Révolution déçus, sait lui aussi que le temps joue contre lui. À soixante ans passés, sa dernière ambition de chasseur sera d’abattre le seul animal qui lui ait toujours échappé malgré son extrême agilité d’alpiniste, ce chamois à l’allure majestueuse. Et puis, face à ces deux forces, il y a la délicatesse tragique d’une paire d’ailes, cette plume ajoutée au poids des ans.

Le poids du papillon, récit insolite d’un duel entre l’homme et l’animal, nous offre une épure poétique d’une très grande beauté. Erri De Luca condense ici sa vision de l’homme et de la nature, nous parle de la montagne, de la solitude et du désir pour affirmer plus que jamais son talent de conteur, hors du temps et indifférent à toutes les modes littéraires. »

Nous sommes en pleines montagnes, à la fois dans le sillage du roi des chamois, le vrai, et dans celui du braconnier à qui les hommes ont donné le même surnom. L’un comme l’autre ont reçu cette distinction par le sang. A la croisée entre une fable et un récit mystique, ce livre m’a bien fait sortir de ma zone de confort.

Le premier – le chamois – a perdu sa mère à cause du second, le second – l’homme – ne rêve que de trouver le premier et de s’offrir ainsi son dernier exploit de chasse. Je n’aime pas la chasse. La nature est parfois extrêmement violente, mais je n’aime pas la chasse. L’homme s’autoproclame maître de ce qui l’entoure et se sent libre de tirer à vue sur ce qui lui fait envie, avec sa dose d’excitation et de plaisir, de satisfaction.

Les chamois sentent l’odeur de l’homme en approche. Lui, c’est celle de son heure qu’il respire à pleins poumons, tout comme son double animal, vieillissant, qui ne veut pas être tué par l’un de ses fils, qui ne veut pas perdre sa place de chef de cette manière.

Nous suivons donc les deux, au cours d’une traque et d’un jeu de piste dans les montagnes. Ces montagnes, elles métouffent, c’est plus fort que moi. Erri de Luca parle du ciel de novembre, il veut nous en fait sentir l’air et nous en faire voir les nuages et la luminosité si particulière qui les traverse. Mais je reste coincée dans mon étouffement. Je suis expatriée dans une région de petites montagnes (avant les grosses) et le plat me manque affreusement. *Inspire, expire, inspire, expire*

L’écriture et l’histoire m’ont moins séduite que lors de ma lecture précédente, mais j’ai aimé la réflexion sur la chasse et sur le remord, sur le passé qui nous construit et dont nous devons tirer des enseignements. Tâchons de réfléchir avant d’agir, de penser avant de tirer, peu importe de quoi sont faites nos munitions.

Les questions restent : qui de l’homme ou de l’animal sortira vainqueur ? Quelle est vraiment la victoire pour l’un et l’autre ? Et quel est donc ce fameux poids du papillon, imperceptible mais peut-être de trop ? Je vous laisse le découvrir.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Le monde de Tran


 

Et vous, avez-vous une soudaine envie de montagnes ?