❤ « Le vieil homme. Des adieux » de Noga Albalach (Editions do, 2020)

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Je découvre chaque publication des Éditions do avec un immense plaisir, une grande curiosité et beaucoup d’émotions. Ce titre n’a pas fait exception et j’en suis ressortie tout simplement bouleversée par l’amour qu’il contient. La maladie et la mort sont des sujets difficiles qui égratignent nos vies et la littérature est aussi là pour en parler. Noga Albalach le fait d’une très belle manière.

Quatrième de couverture : « Une fille accompagne son père dans les derniers mois de sa vie. Elle le regarde devenir de plus en plus confus et souhaite préserver quelque chose de sa personnalité, qui disparaît sous ses yeux. Plus il oublie, plus elle se souvient plus il s’éloigne, plus elle sent une proximité nouvelle entre eux. Avec humour, tendresse et poésie, cruauté parfois, elle observe de plus près sa famille et les gens qui les entourent, et la façon dont leurs relations délicates changent à mesure que la maladie de son père progresse. À travers souvenirs et moments tragi-comiques de la vie quotidienne, Noga Albalach dresse le vivant portrait d’un homme courageux et humble, noble à sa manière. Le Vieil Homme. Des adieux, l’histoire d’un seul homme, devient l’histoire de chaque homme, de chaque parent, de chaque famille. »

Conçu en une succession de moments, de courts chapitres, Noga Albalach décrit l’évolution de la maladie de son père. Il perd la mémoire, il perd ses repères, il perd sa mobilité. Il se perd dans sa vie. Mère et fille sont présentes pour tenter de lui redonner une sécurité, pour le soutenir dans ce quotidien devenu labyrinthique. Jusqu’au jour où leur présence et leur attention ne suffisent plus, jusqu’au jour où l’heure du deuil est venue. Ce portrait du père est infiniment émouvant dans l’humanité, dans l’optimisme mais aussi les douleurs qu’il a portés tout au long de sa vie, dans l’héritage qu’il laisse derrière lui.

Ce texte intime nous immerge dans un moment familial difficile, nous invite à nous confronter avec bienveillance à nos propres épreuves (passées ou à venir). Les prénoms des personnages apparaissent peu, le plus souvent nommés par leur statut familial : le vieil homme, la femme du vieil homme, la fille du vieil homme. Ces personnages trouvent des visages et en changent, ils sont inconnus pour devenir petit à petit proches. Nous calquons sur eux nos propres réalités (vécues ou appréhendées) avant de replonger dans l’intégralité du récit et l’histoire qu’il retrace par le biais d’instants puisés parmi les souvenirs de famille, entendus ou vécus, anciens ou récents.

Dans cette écriture du réel teintée de poésie, l’auteure rassemble autour de sujets universels : la perte d’un être cher, l’irréversibilité du temps, la préciosité des souvenirs. Les sujets qui rassemblent me plaisent toujours car ils créent une proximité humaine impalpable — alors que je suis seule dans ma lecture, mon stock de mouchoirs s’épuisant dangeureusement — mais réelle et puissante. Un livre qui m’a touchée en plein cœur et qui révèle une auteure tout en sensibilité et délicatesse, non dénuée d’humour malgré la gravité du sujet.

J’ai tourné la dernière page et je suis partie en voyage dans mes souvenirs, ceux encore très vifs, ceux enfouis sous un peu de poussière, ceux qui se cachent encore et qui devront être exhumés. Car la mort, malgré sa nature absolue, ne peut effacer ce qui a été vécu, à nous de prendre soin du temps précieux que nos proches nous ont donné — ou nous donnent encore — sans compter.

Je tiens à remercier chaleureusement Olivier Desmettre, directeur des Éditions do, pour l’envoi de cet ouvrage en service de presse.

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6 commentaires

  1. Quel beau billet, rempli de sensibilité ! J’ai découvert les éditions Do grâce au livre « Comment j’ai rencontré les poissons » d’Ota Pavel, qui a été pour moi un très beau moment de lecture. Je note bien évidemment ce titre aussi !

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup ! Je dois dire que j’avance pas mal dans le catalogue de cette maison et que je suis à chaque fois convaincue par les choix éditoriaux. Chaque texte porte une grande sensibilité et j’apprécie particulièrement leur prositionnement très international. ♥

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  2. Les premiers livres sur le deuil qui me viennent à l’esprit sont « l’invention de la solitude » de Paul Auster, sur le deuil de son père, moins poignant que ce roman-là mais extraordinaire, c’est d’ailleurs par cet ouvrage que je suis rentrée dans son oeuvre. L’autre auquel je pense c’est « D’autres vies que la mienne » d’Emmanuel Carrère, qui, pour le coup, va vraiment chercher la corde sensible de son lecteur. Deux de mes romans préférés.

    Aimé par 1 personne

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