« La chienne » de Pilar Quintana (Calmann-Lévy, 2020)

Pour ce premier roman traduit en français, Pinar Quintala explore la douleur d’une femme ne pouvant avoir d’enfants. Une thématique forte qui évolue au cœur de sentiments violents comme une tempête.

Quatrième de couverture : « Sur la côte pacifique colombienne, entre océan déchaîné et jungle menaçante, vivent Damaris et son mari pêcheur dans un cabanon de fortune. Elle est mélancolique, mais ce n’est pas dû à sa vie démunie : Damaris n’a jamais réussi à tomber enceinte et elle en souffre de plus en plus. Alors quand sur un coup de tête elle adopte un chiot, l’animal devient une source infinie d’amour qu’elle va choyer sans relâche dans leur univers si hostile. Mais un jour, la chienne disparaît, plongeant Damaris dans un immense désarroi.

Une exploration féroce et bouleversante du désir maternel. Une lecture choc qui dépayse autant qu’elle bouscule. »

Ce court roman est construit sur l’évolution des émotions de Damaris jusqu’à l’explosion. Cette femme, malgré toutes les tentatives et tous les conseils et concoctions, n’arrive par à tomber enceinte. Son seul désir est pourtant de pouvoir donner la vie, de prendre soin d’un petit être, d’avoir elle aussi la chance de créer une famille comme toutes les femmes qui l’entourent. Ce malheur qui habite son corps la hante en permanence bien qu’elle tente de se faire une raison. Un jour, au village, elle croise une voisine qui donne des chiots, elle ne pourra résister et s’investira corps et âme auprès de sa chienne, comme auprès de l’enfant qu’elle n’a jamais eu.

Tout pourrait se passer pour le mieux et pourtant, la chienne ne va pas lui apporter ce dont elle a besoin et un traumatisme passé va se rappeler à elle. Car, finalement, ce lieu où vit le couple ne porte pas en lui que de bons souvenirs, loin de là. Entre frustration, jalousie, impuissance et douleur, la folie approche dangereusement.

J’ai apprécié la précision et le réalisme qui décrit Damaris et son besoin maternel, son mari, la relation distendue qu’ils entretiennent, le feu sous la cendre, d’une immense fragilité face à la pluie. Les espaces, les situations, la nature, les émotions, tout est abordé avec des mots justes et une situation qui pourrait être relativement banale obtient avec Pilar Quintana un vrai potentiel romanesque. Ce roman est une tempête, il est le calme et la langueur, la levée du vent et la montée des eaux, le recul et le constat des dégâts. Pourtant, j’ai été davantage portée par la première moitié du récit que par la seconde qui m’a laissée un peu sur le bord de la route, malgré les qualités citées ci-avant.

Nul doute que ce roman saura convaincre de nombreux•ses lecteurs•trices, par son environnement dépaysant et son personnage féminin marquant. Je vais attendre patiemment une prochaine traduction de l’auteure pour préciser encore un peu plus mon avis sur cette nouvelle plume colombienne.

Je tiens à remercier les éditions Calmann-Lévy et la plateforme NetGalley de m’avoir donné accès à ce roman en avant-première.

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