« L’enfant ébranlé » de Tang Xiao (Kana, 2020)

Ce manhua (roman graphique chinois) me faisait envie depuis son annonce de publication. Étant donné qu’il était annoncé pour avril, cela vous donne une idée de mon attente. Un récit d’enfance (vous commencez à me connaître) qui exprime la fin de l’idéalisation du père.

Quatrième de couverture : « Yang Hao, 10 ans, partage son temps entre l’école et les inévitables compositions à rédiger, ses copains, avec qui il joue aux jeux video, et sa vie à la maison. Yang Hao est à l’âge où l’on fait des choses dont on n’est pas toujours fier et dont on aimerait se repentir. L’âge où l’on fait des rencontres que nos parents n’apprécient guère. Son père, absent depuis de long mois pour son travail, est enfin de retour à la maison. Ce père qui va venir le chercher après les cours, celui qui va le protéger des plus grands, celui qui va le comprendre… Du moins, c’est ce qu’imaginait Yang Hao. Mais les choses vont prendre une autre tournure. Une dernière rédaction, avec pour thème décrivez votre père va être l’occasion pour Yang Hao de se confronter à la réalité. Faire descendre de son piédestal son père pour s’en construire un idéal fait de ses rencontres. Yang Hao va tout simplement grandir. »

Yang Hao vit avec sa mère. Son père est parti travailler loin afin de subvenir aux moyens de la famille, le lot de nombreuses familles chinoises, notamment quand les foyers sont à la campagne et que le travail et l’argent sont, a priori, en ville. Proche de ses amis, excellent élève, nous découvrons ce garçon joyeux mais très réservé. On dit que ce trait de caractère vient de son père, ce père justement absent et qui va rentrer à la maison quelques temps, en attendant que le travail reprenne.

Après un premier temps au cours duquel le père et le fils vont se rapprocher, sous-couvert d’une protection non-dite, les liens vont se relâcher. Yang Hao va faire des rencontres qui vont l’interroger sur les autres et sur la vie, une école des émotions auprès de jeunes considérés comme peu recommandables, dont un grand frère. Dans les moments avec le père d’un de ses amis, disponible et heureux de lui apprendre des choses, et dans les expériences avec ses nouveaux amis, le garçon va trouver ce qu’il ne trouve pas auprès de son père.

Ce père distant, égoïste, qui ne s’entend plus avec sa femme (qu’on adore en tant que lecteurs•trices dans sa façon de faire face au patriarcat) et qui a parfois des mots blessants envers Yang Hao.

Ce manhua nous parle de la fin de l’enfance, de ce moment où on réalise que nos parents ne sont pas parfaits et qu’ils ne peuvent pas sauver toutes les situations. Ce moment où on réalise aussi la portée de nos actes, le mal que l’on peut faire aux autres et le sens des remords. Il est aussi question du jugement porté sur les enfants qui décrochent du système scolaire (totalement voué à la patrie), de la mise à l’écart des familles qui ne respectent pas le schéma traditionnel, de ces réputations qui se brisent en un rien de temps.

J’ai beaucoup aimé la pudeur et la délicatesse de Tang Xiao, qui se déploient autant dans la forme que dans le fond. Une très belle découverte qui me laisse espérer la traduction de son précédent roman graphique et de ceux à venir.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Les voyages de LyLes instants volés à la vie


Et vous, quel manhua conseilleriez-vous de lire absolument ?

 

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