« Balèze » de Kiese Laymon (Les Escales, 2020)

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C’est un texte très intime que nous propose Kiese Laymon pour cette première traduction française de son œuvre. Un roman autobiographique qui revient sur ses blessures, son rapport à son propre corps, ce corps comme entité à part entière qui le dépasse, le possède, ce corps noir dans une Amérique toujours habitée par le racisme.

Quatrième de couverture : « Partant de son enfance dans le Mississippi, passée aux côtés d’une mère brillante mais compliquée, Kiese Laymon retrace les événements et les relations qui l’ont façonné. De ses premières expériences de violence et de racisme jusqu’à son arrivée à New York en tant que jeune universitaire, il évoque avec une sincérité poignante et désarmante son rapport au poids, au sexe et au jeu, mais aussi à l’écriture. En explorant son histoire personnelle, Kiese Laymon questionne en écho la société américaine ; les conséquences d’une enfance passée dans un pays obsédé par le progrès mais incapable de se remettre en question.

Récit intime qui met en lumière les échecs d’un pays, Balèze est un formidable acte de défi et de courage. »

Si je dois commencer par un point extrêmement positif de cette lecture il s’agit de la langue. Le ton de Kiese Laymon est frontal et nerveux mais peut devenir tout à coup d’une grande poésie. Je l’ai vraiment beaucoup aimé. L’ambiance m’a fait penser à une soirée au cours de laquelle la lumière peu à peu décline et où l’on surprend les confidences d’un enfant devenu, en apparence, grand. Et, souvenir après souvenir, l’aube arrive, peut-être un peu blafarde mais chassant malgré tout les monstres de la nuit.

Kiese adresse ce livre à sa mère autant qu’aux lecteurs•trices. Il revient sur ses souvenirs, sur la peur et les violences domestiques, sur les études, la stigmatisation, le racisme insitutionnel et les copains, sur son poids et le martyr qu’il fera subir à son corps, sur la sexualité et les violences envers les filles, sur la culpabilité et la honte, sur les addictions et l’argent source d’angoisse comme d’exaltation, sur l’amour et la force d’une grand-mère qui réchauffe le cœur. A travers ces nombreuses thématiques (et d’autres encore) c’est l’histoire d’une vie aux États-Unis alors que l’on est un enfant noir qui veut aimer et être aimé (et s’aimer lui-même), qui veut grandir et plaire sans mentir, qui veut avancer et défendre ceux qui en ont besoin dans une société qui n’aime pas tous ses enfants.

Riche, dense mais intelligemment construit, ce récit se lit comme une conversation et ne laisse pas une minute d’ennui aux lecteurs•trices. Symptomatique d’un mal-être américain, sa complexité révèle des vies aux antipodes des projections hollywoodiennes pour proposer des images réelles, crues, sincères qui m’ont fait penser aux écrits de Ta-Nehisi Coates.

Une découverte percutante, je suis impatiente de découvrir une prochaine traduction de Kiese Laymon. Soyez sûr•e•s que je serai au rendez-vous.

Je tiens à remercier les éditions Les Escales ainsi que la plateforme NetGalley de m’avoir permis d’accéder à ce livre en avant-première.

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