« Un enfant comme ça » d’Antoine Bréda (La Boîte à Bulles, 2019)

Ce roman graphique correspond typiquement à ce que je recherche en ce moment : une histoire qui nous parle d’humanité avec sensibilité et des illustrations qui se distinguent par leur singularité. Et cette singularité graphique fait écho à la différence de Charles, que ses parents ne comprennent pas et qu’ils vont emmener voir une personne qui mesure la bêtise des enfants.


Quatrième de couverture : « Charles est un petit garçon différent. Peut-être à cause de ses lunettes à cordon ? Ou alors parce qu’il ne met pas les animaux de la ferme à l’intérieur des barrières ? Avec un père qui ne comprend pas et une mère apeurée, Charles grandit et devient malgré lui un adulte. Mais même ainsi, Charles est différent. Trop peut-être, puisque malgré tout l’amour qu’il a en lui, personne ne semble vouloir accepter ce curieux mutisme de l’âme. Cette fragilité aveugle et cette délicatesse silencieuse qui l’anime. L’auteur nous emmène ici dans le quotidien à nu d’un être dénué de malice faisant face à la réalité dans son insidieuse cruauté. La vie telle qu’elle est sans artifice, à travers le regard simplet sans être sot de Charles. Un portrait qui appelle à la tolérance de l’autre et qui rappelle que malgré nos différences, nous sommes tous des êtres sensibles et que tous nous avons besoin qu’une oreille attentive nous comprenne. Un livre qui touche, qui bouscule tout en douceur et qui au final, fait du bien ! »


A priori Charles est bête (parole de spécialiste), mais c’est pas grave, on va le placer avec d’autres enfants comme lui, encadrés par un enseignant formé à des méthodes savamment pensées pour le faire rentrer dans le moule, bien comme il faut. Si ça résiste ? On forcera un peu. On n’a jamais vu un cube passer par un trou circulaire ! Un moule, donc, qui ne lui correspond pas mais qui convient à la masse, alors ce doit être le bon, celui qui rend heureux.

Et si… Et si ce n’était pas le cas ? Et si nous étions en capacité d’accepter les enfants avec leurs spécificités, leurs particularités, ce qui les rend unique ? Et si nous n’aliénions pas leur monde en voulant le calquer sur des logiques d’adultes pressés par l’efficacité et la productivité ?

Charles est devenu un adulte qui se fond dans la masse mais qui ne s’intègre pas pour autant. Transparent, coincé dans une bulle, coincé en lui, il passe à côté de sa vie. Et lorsque le petit Julien, son fils, est surpris à mettre les animaux en dehors de l’enclos comme lui à son âge, la malédiction de l’enfant jugé bête par les spécialistes de l’enfance tend à se perpétuer…

Ce roman graphique aborde avec sensibilité la différence d’un enfant que ses parents vont tenter de rendre normal (concept qui m’échappe). Mais il se concentre surtout sur la vie d’adulte de Charles, car il a fait un bout de chemin mais se confronte à de nouvelles difficultés face auxquelles il se retrouve perdu, désemparé. Entre la violence du monde qui l’entoure et quelques mains tendues, c’est un récit touchant que nous livre Antoine Bréda sur l’acceptation de soi et des autres.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Pas de chronique trouvée pour le moment.


 

Et vous, quel livre sur la dénonciation de la norme conseilleriez-vous ?

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