👁 « Des nouvelles du monde » de Paulette Jiles (Gallimard / Quai Voltaire, 2018)

Je poursuis avec cette lecture ma thématique sur les Indiens d’Amérique. Si j’ai été conquise par le style de Paulette Jiles et par la relation qui se noue au fil des pages entre le capitaine Kidd et Johanna, je suis un peu restée sur ma faim concernant le contexte général du récit.


Quatrième de couverture : « Hiver 1870, le capitaine Jefferson Kyle Kidd parcourt le nord du Texas et lit à voix haute des articles de journaux devant un public avide des nouvelles du monde : les Irlandais migrent à New York ; une ligne de chemin de fer traverse désormais le Nebraska ; le Popocatepetl, près de Mexico, est entré en éruption. Un soir, après une de ses lectures à Wichita Falls, on propose au Capitaine de ramener dans sa famille, près de San Antonio, la jeune Johanna Leonberger. Quatre ans plus tôt, la fillette a assisté au massacre de ses parents et de sa sœur par les Kiowas qui l’ont épargnée, elle, et élevée comme une des leurs. Le vieil homme, veuf, qui vivait jadis de son métier d’imprimeur, profite de sa liberté pour sillonner les routes, mais l’argent se fait rare. Il accepte cette mission, en échange d’une pièce d’or, sachant qu’il devra se méfier des voleurs, des Comanches et des Kiowas autant que de l’armée fédérale. Sachant aussi qu’il devra apprivoiser cette enfant devenue sauvage qui guette la première occasion de s’échapper. Pourtant, au fil des kilomètres, ces deux survivants solitaires tisseront un lien qui fera leur force.

Dans ce splendide roman aux allures de western, Paulette Jiles aborde avec pudeur des sujets aussi universels que les origines, le devoir, l’honneur et la confiance. »


La base du roman est fondée sur l’enlèvement d’une enfant de six ans, après le massacre de sa famille, par des Kiowas. Quatre ans plus tard, la tribu est forcée de rendre l’enfant, le capitaine Kidd s’engage à la reconduire chez son oncle et sa tante. Et là, dès le départ, je manque de contexte. Il m’est difficile de faire face à ce type d’événements sans les comprendre, en sachant que les mouvements politiques de l’époque et les conflits étaient nombreux et bien velus.

Nous savons que des enfants étaient enlevés par des tribus mais les raisons peuvent être nombreuses : réaction violente à une assimilation forcée, compensation non négociée pour remplacer un mort indien, raid de vengeance et quoi de plus efficace que l’utilisation des femmes (notamment des plus jeunes) dans les conflits ? Nous le voyons encore aujourd’hui.

Bref, ce que je veux dire, c’est qu’il n’y a pas de guerre propre, tous les partis peuvent être auteurs de crimes, et nous sommes en pleines guerres indiennes qui sont encore difficiles à comprendre pour ma part en ce qui concerne l’implication et les pratiques des différentes tribus.

Le récit se construit ensuite petit à petit autour de la défiance puis de la confiance qui s’installe entre les deux personnages principaux. La recherche des origines quand la langue maternelle a disparu, quand les coutumes familiales ont été remplacées par d’autres traditions. Un voile a été jeté sur le passé et seule la culture indienne est restée dans la tête et dans le cœur de Johanna. Elle n’est plus vue parmi les Blancs comme une des leurs, elle n’est plus vue parmi les Indiens comme une des leurs. Comment se reconstruire une identité solide quand on n’est pas tout à fait aux yeux des autres ?

Suivre le capitaine Kidd permet quelques photographies mentales de l’ambiance des villes de l’Ouest, parfois accueillantes, parfois désœuvrées ou aux mains de vrais truands, c’est une palette entière de couleurs qui est proposée au lecteur. Une palette avec ses tons froids aussi car le danger de l’Ouest est aussi réel, qu’il soit associé à l’armée fédérale, aux Kiowas, aux Comanches ou encore à certains hommes faisant leur gras avec le trafic sexuel d’enfants. *Tu me donnes envie de te la couper*

Nous voyageons littéralement avec Kidd et Johanna, nous parcourons les terres arides, le nez sur la carte du Texas en soufflant pour vite arriver. Et encore, l’arrivée est-elle vraiment la fin du périple ?

Pour conclure, j’ai aimé ce livre mais je l’aurais encore plus aimé s’il m’avait donné des informations plus précises sur le contexte politique de l’époque de manière globale.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Livres de Folavril • Books, moods and more • Dealer de lignes • Lettres d’Irlande et d’Ailleurs • C’est quoi ce bazar ? • Léa Touch Book


 

Et vous, avez-vous une lecture sur l’histoire de l’Ouest à partager ?

4 commentaires

  1. C’est vrai qu’on a finalement peu d’informations sur le contexte politique de l’époque mais je crois que ce n’est pas ce que je recherchais avec cette lecture car elle m’a vraiment conquise.

    Aimé par 1 personne

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