👁 « Augustin » d’Alexandre Duyck (JC Lattès, 2018)

Vous commencez à me connaître, alors comment passer à côté de ce livre ? Impossible, tout simplement ! Ce livre, qui est un moment de lecture plus que prenant, pourrait être adapté en un très grand film !


Quatrième de couverture : « Le 11 novembre 1918 à 5h15, la France et l’Allemagne signent l’armistice. Mais l’état-major français décide d’attendre onze heures, en ce onzième jour du onzième mois, pour que cessent les combats.

À 10h45, le soldat de première classe Augustin Trébuchon est tué.

Il est le dernier soldat français tué.

Alexandre Duyck a fouillé les archives militaires et civiles, retrouvé tout ce qu’on pouvait savoir sur ce  berger devenu soldat et imaginé le reste  : les pensées de cet homme courageux, observateur, taiseux, blessé deux fois, qui fut de tous les combats, ne prit en 4 ans qu’une seule permission et obéi aux ordres jusqu’au bout. »

Feuilleter les premières pages


C’est toujours étrange de commencer un livre en sachant que l’on va suivre les pensées d’une personne qui va mourir. On le sait et pourtant on s’accrcohe. Plus les minutes passent, plus Augustin Trébuchon nous parle de son histoire, de son enfance jusqu’à son engagement, plus je finis par oublier son triste destin et à chaque fois qu’il me revient en mémoire, mon cœur se tord.

Berger en Lozère, ayant une obéissance absolue envers son père qui lui préfèrera les moutons à l’école, Augustin a perdu sa mère petit. Il se souvient de son village natal, qui lui manque, il revient en pensées dans ses montagnes. Il se souvient de son engagement, lui qui, après avoir perdu son père, est pourtant exempté. Mais il est patriote et veut défendre sa patrie dans une guerre qui s’annonce courte : quelques semaines, quelques mois peut-être mais pas plus. Dès le début de la guerre il est sur le front, il y restera jusqu’aux dernières minutes. Ne prenant qu’une permission en quatre ans, il est le vieux que les nouvelles recrues suivent de près, se disant qu’ainsi ils pourront survivre. Et pourtant. Ce qui sauve Augustin c’est ce qui faisait qu’il était moqué petit : sa connaissance de la nature, le temps qu’il a passé à la rencontrer, la connaître et l’entendre.

Ses copains, ils sont tous morts sauf un. Ils pensent à l’après. Augustin, lui, veut partir, ne pas retourner dans son village. Avec son dernier meilleur ami, ils se projettent le matin du 11 novembre où l’heure de la fin de la boucherie est annoncée. Tenir. Encore quelques heures. Encore quelques minutes. Tenir après quatre années d’horreurs qu’aucun homme ne devrait voir, des années qui ont fauché des enfants qui n’avaient pas encore commencé vraiment leur vie d’adultes.

Les dernières minutes, que je vous laisse découvrir, sont absolument terribles et illustrent parfaitement le décalage entre les poilus et les responsables de l’armée qui ne mettent presque jamais les pieds dans les tranchées et préfèrent la symbolique à la vie de leurs hommes. Les conclusions de l’auteur, suite à ses recherches, sont glaçantes. Je suis ressortie de cette lecture particulièrement émue, séduite par les voyages dans l’histoire personnelle du personnage central, et en colère.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Zéro janvier


 

Et vous, connaissiez-vous l’absurdité accompagnant la fin de la Grande guerre ?

9 commentaires

    1. Il y a des chances pour qu’il te plaise je pense, mais il est beaucoup plus classique dans son écriture que « Frère d’âme ». 😉 Je suis super contente que tu l’aies autant aimé aussi ! 😀

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