❤ « Requiem » d’Anna Akhmatova (Interférences, 2005)

Traduit du russe et illustré par Sophie Benech

Anna Akhmatova (1889-1966) a connu les répressions politiques en URSS de l’époque stalinienne. Elle prouve la force de la poésie pour dire la douleur et l’épuisement, pour dire aussi la colère et la détermination – en particulier des femmes – sans oublier la volonté de faire lumière et de rendre ainsi un peu justice aux victimes.

Quatrième de couverture : « En Russie, à la fin des années trente, parmi les millions d’innocents arrêtés qui disparaissent dans les cachots et dans les camps, il y a le fils d’Anna Akhmatova, un des grands poètes russes du siècle. Elle compose alors des poèmes qu’elle n’ose même pas confier au papier : des amis sûrs les apprennent par cœur et, pendant des années, se les récitent régulièrement pour ne pas les oublier.

En évoquant sa tragédie personnelle, Akhmatova parle au nom de toutes les victimes, et aussi de toutes les femmes qui, comme elle, ont fait la queue pendant des semaines et des mois devant les prisons. Ses vers formés des pauvres mots recueillis sur leurs lèvres, comptent parmi les plus poignants de la littérature russe.

Les dizaines de millions de voix étouffées et brisées qui, grâce à elle, traversent l’espace et le temps pour parvenir jusqu’à nous, résonneront encore longtemps dans la mémoire de la Russie. »

Durant la terreur stalinienne, le premier mari d’Anna Akhmatova a été exécuté, son fils a été arrêté et longuement emprisonné à plusieurs reprises, son troisième mari fut envoyé dans un camp où il mourut. Elle fut écartée de la vie littéraire et personnellement menacée. Ses textes ne pouvaient être conservés pour des questions de sécurité, ce furent donc ses amis qui les apprirent et les retinrent jusqu’au jour où ils purent être couchés sur papier.

Ici, Anna Akhmatova dit avec force l’injustice de l’enlèvement de proches, la difficulté de ne pouvoir avoir de nouvelles, le cruel mutisme de la prison, la folie que peut créer en soi la disparition d’un être aimé. Elle dit le bruit des bottes, les cliquetis des serrures des cellules, les cris des femmes et des mères qui attendent face à la prison.

Il faut lire ces poèmes pour nous souvenir et rendre hommage à ces femmes qui ont attendu, pleuré et défendu leurs maris, leurs fils, leurs frères, leurs pères. Des femmes courageuses mais piétinées par un pouvoir totalitaire et paranoïaque. Il faut lire ces poèmes pour nous souvenir et rendre hommage aux millions de personnes innocentes qui furent arrêtées, emprisonnées et envoyées en Sibérie.

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Et vous, quel livre sur la terreur stalinienne conseillez-vous ?

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