« Quand les courges étaient en fleurs » de Dragoslav Mihailović (Gallimard, 1972)

Dragoslav Mihailović est né en novembre 1930 – bon anniversaire à lui ! – et, à l’âge de dix-neuf ans, fut envoyé dans un camp de rééducation du fait des purges titistes. De ce roman, paru en 1968 en Yougoslavie, une pièce de théâtre sera tirée et censurée après la première représentation. Des propos qui ont donc chatouillé et dérangé le pouvoir en place. Vous vous en doutez : ma curiosité est piquée !

Quatrième de couverture : « Dès sa publication, en 1968, ce roman a reçu en Yougoslavie un succès significatif. L’auteur nous entraîne dans les quartiers périphériques de Belgrade avec ses jeunes voyous, dans le monde de la rue où la violence a ses lois et se teinte souvent d’un curieux romantisme. Avec un naturel qui semble parfois toucher à la désinvolture, Mihailović nous apprend quel fut le cadre réel dans lequel toute une génération tenta de vivre au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale.

Ce récit plein d’une vie naïve et violente est écrit dans une langue savoureuse. »

Les quatrièmes couverture restent à jamais figées dans l’époque de publication des livres qu’elles représentent et c’est bien le cas avec celle-ci. Car du curieux romantisme annoncé il y a surtout une profonde violence – notamment à l’encontre des femmes – que montre et dénonce l’auteur lui-même en même temps qu’il décrit des attitudes et considérations clairement sexistes et courantes, ancrées dans une époque.

Personnellement, le fait qu’un texte colle à son époque ne me pose aucun souci, bien au contraire. Ce fut le cas ici. Evidemment certains passages dérangent, mais ce serait une erreur de vouloir les effacer ou les cacher sous le tapis. Car ils nous disent : voici ce que furent les années d’après-guerre en Yougoslavie au coeur des quartiers populaires ; voici comment un auteur positionné contre la dictature communiste de Tito a choisi de les raconter. Du coup, je trouve le résultat aussi intéressant que, parfois, malaisant.

Venons-en aux faits, à l’histoire ! Nous rencontrons Liouba, le narrateur, en Suède où il a émigré et fondé une famille. De son présent il en vient à nous dévoiler les raisons de sa fuite de Yougoslavie. Nous allons alors y découvrir un quotidien rude, violent, cru pour ne pas dire sordide et rendu un tant soit peu palpitant par la chasse aux gonzesses ainsi que par la boxe.

Dans cet environnement à l’ambiance déjà viciée, le régime communiste du maréchal Tito va faire sentir son pouvoir et briser une famille comme une autre, à l’image de l’arbre qui cache la forêt. C’est bien en filigrane que la répression politique est amenée, ce n’est pas le sujet central mais il est tellement visible malgré tout. Il saute aux yeux et à la gorge par les conséquences que doivent subir les individus compromis – ou non.

Liouba part pour l’armée, il va y développer ses aptitudes de boxeur et devenir un champion alors qu’un drame a lieu. Comme si la situation n’était pas assez navrante, la vengeance va s’exprimer. Et de quelle façon ! Là, je passe pour un monstre mais j’adore les histoires de vengeance dans la fiction.

Dragoslav Mihailović nous parle de plusieurs deuils dans ce roman : celui de proches, celui de promesses d’avenir, celui d’un pays, celui du passé. Dans une langue populaire et truculente, Liouba nous raconte son histoire et sa vie, lui qui est malade de son exil, malade de sa Yougoslavie perdue.

Un roman qui en appelle d’autres pour que je me fasse un avis un peu plus précis sur l’auteur et son univers littéraire. Malheureusement, je n’ai pas trouvé d’autre traduction française de son œuvre. Si elle témoigne de la vie sous la dictature du maréchal Tito, se fait à la fois chronique sociale et critique politique, j’espère que des titres jusqu’ici oubliés des maisons d’édition feront un jour leur apparition. En tout cas, je suis contente d’avoir fait cette découverte un peu vintage. Ce ne sont pas les envies qui manquent face au catalogue des éditions Gallimard !

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Et vous, aimez-vous dénicher des romans oubliés ?

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« Vies volées. Buenos Aires, Place de Mai » de Matz et Mayalen Goust (Rue de Sèvres, 2018)

Les éditions Rue de Sèvres créent souvent l’effusion avec leurs publications, pourtant, je ressors très souvent partagée de mes lectures. Après réflexion sur ma frustration personnelle – que je vis cependant bien – j’en arrive à une conclusion : j’ai passé l’âge. Alors, oui, il n’y a pas forcément d’âge pour lire tel ou tel livre surtout dans le rapport que peut entretenir un•e adulte avec la littérature jeunesse. Je suis d’accord. Pour autant, certains procédés narratifs et certaines informations – en prenant de plus en compte les différents niveaux d’information – n’impactent pas de la même manière selon l’âge, les expériences et les connaissances lors de la lecture. Et c’est le principal reproche que j’ai à formuler à l’encontre de ce roman graphique, qui a par ailleurs de nombreuses qualités. Il ne m’a pas surprise, je n’ai rien appris et j’ai presque tout anticipé. Du coup… le plaisir de lecture a été plutôt limité.

Quatrième de couverture : « De 1976 à 1983, la dictature militaire qui régit l’Argentine fait disparaître près de 30 000 opposants politiques. Parmi eux, des jeunes femmes enceintes auxquelles leurs enfants seront arrachés à la naissance. Depuis 1977, leurs grands-mères recherchent ces 500 bébés volés… »

Cela fait un bon moment que je souhaitais découvrir ce roman graphique mettant en avant l’histoire des enfants volés sous la dictature militaire en Argentine (1976-1983) – il faut dire que je n’en ai lu que du bien. Visuellement magnifique, cet ouvrage mêle un scénario rythmé agrémenté de suspens à des propos clairs pour les lectorats cibles de la maison d’édition : adolescents et jeunes adultes.

Dans cette histoire qui se positionne dans notre époque, deux amis vont voir leur monde bouleversé du jour au lendemain : alors que sont aujourd’hui médiatisés les vols d’enfants d’opposant politiques par le régime dictatorial durant les années 1970-80 – notamment rendus publics grâce à la lutte soutenue des Grands-mères de la place de Mai – ils vont décider pour différentes raisons de réaliser chacun un test ADN. Ces tests ne seront que le début de questionnements sur ce qui fut, ce qui est, ce qui aurait dû être et ce qui ne sera jamais. Autour d’eux, plusieurs personnages illustreront les différentes douleurs associées à ces actes inhumains, dont les plaies sont aujourd’hui encore ouvertes.

Plutôt bien mené – même si le suspens a peu fonctionné avec moi – cet album sensibilise à l’une des grandes injustices de l’histoire contemporaine argentine et montre les vies brisées, volées, et l’impact du crime sur la durée. Une injustice qui perdure, de nombreuses familles et enfants enlevés restants sans réponses.

C’est un roman graphique que je trouve particulièrement remarquable au niveau des illustrations. Le scénario, même s’il est intéressant, n’a pas réussi à me convaincre pleinement ni à me surprendre – sauf peut-être à la toute fin. Un album qui s’adresse parfaitement à un lectorat assez jeune (15-20 ans) ou à un public n’ayant pas du tout connaissance de cette époque tragique et ne cherchant pas un livre aux contenus théoriques et historiques trop poussés.

J’aime les romans graphiques qui frôlent le reportage illustré et ici nous sommes dans de la fiction marquée par des faits historiques, une nuance qui a son importance pour moi car j’ai vraiment manqué de données factuelles, presque documentaires. C’est un peu le fossé qui était apparu lors de ma lecture de Les indésirables alors que j’avais été subjuguée par Nous étions les ennemis, beaucoup plus pointu au niveau de son contenu.

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Et vous, quel•s livre•s sur ce sujet conseillez-vous ?

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❤ « Manèges. Petite histoire argentine » de Laura Alcoba (Gallimard, 2007 ; Folio, 2015)

Laura Alcoba est une autrice de nationalité française née en Argentine. Son œuvre fait souvent référence à l’enfance sous la dictature en Argentine et c’est pourquoi j’ai souhaité la lire dans le cadre du challenge @autricesdumonde. Également traductrice, elle a notamment travaillé sur les romans de l’autrice argentine Selva Almada et nous la retrouvons pour la version française du roman dernièrement paru Les vilaines de Camila Sosa Villada (Métailié).

Quatrième de couverture : « Maintenant, nous allons vivre dans la clandestinité, voilà exactement ce que ma mère a dit. Pour la trappe dans le plafond, je ne dirai rien, même si on venait à me faire très mal. Je n’ai que sept ans mais j’ai compris à quel point il est important de se taire.

Plus de trente ans ont passé. Mais la narratrice se souvient encore des heures noires de la dictature en Argentine. Elle nous les raconte à hauteur d’enfant. En espérant enfin oublier un peu. »

En préparant mes lectures pour le challenge, je ne priorisais pas cette autrice ne voulant pas la réduire à l’Argentine – quittée durant son enfance – et du fait de sa nationalité française. Mais ce court roman m’a rendue extrêmement curieuse et j’ai eu raison de me laisser tenter car j’ai passé un moment très émouvant à travers le regard de l’enfance, que j’adore explorer, durant une période de fortes répressions politiques.

La narratrice ressent le besoin de raconter ce qu’elle a vécu durant l’enfance. Alors qu’elle pensait devoir attendre, une urgence de dire l’assaille. En une succession d’épisodes, nous la découvrons âgée de sept ans et obligée de se cacher du fait de l’activisme politique de ses parents, tous deux Montoneros. De cachette en cachette, d’épreuves qui font grandir trop vite aux moments de pure enfance et d’insouciance (limitée), nous sommes immergé·e·s dans un quotidien menacé par la sale guerre qui se joue en Argentine dans les années 1970.

Ce texte mêle douceur, innocence et dureté ; amour pour les personnes qui ont partagé le quotidien de cette petite fille et incompréhension à l’encontre d’autres. C’est un cri adressé aux injustices commises envers les opposants et les enfances broyées et spoliées. Le ton adopté est d’un réalisme aussi touchant que déconcertant, nous renvoyant à notre impuissance à protéger ces enfants que l’histoire a dévorés. Des enfants devenus adultes et qui vivent avec un parcours douloureux et difficile à porter, quand ils connaissent leur histoire.

Une première lecture de Laura Alcoba qui en appelle d’autres. Décidément, ce challenge est loin de réduire la liste de mes envies… pour mon plus grand plaisir !

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Et vous, aimez-vous les romans écrits à hauteur d’enfants ?

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❤ « Celui qui revient » de Han Kang (Points, 2017) | Avec un petit plus cinéma

Je vous propose une chronique un peu particulière aujourd’hui car elle concernera à la fois un roman et un film : la lecture de Celui qui revient de Han Kang ayant été l’origine de mon visionnage de A Taxi Driver de Jang Hoon, je n’ai pas souhaité scinder mes avis en deux articles distincts.

Quatrième de couverture : « En ce printemps 1980, un vent de terreur souffle sur la Corée du Sud. La révolte de Gwangju se solde par un massacre sans nom. Dans la ville meurtrie, Tongho erre parmi les cadavres, à la recherche de son ami disparu. Dans une maison d’édition, Kim travaille sur un texte censuré. Dans l’au-delà, Chongdae part retrouver les siens. Et toutes ces âmes tourmentées ne demandent qu’à trouver la paix. »

Il y a quelques mois je m’étais lancée dans la découverte de Han Kang avec son roman Leçons de grec qui m’était un peu tombé des mains et que j’ai par la suite abandonné (oui, je suis un être insensible, mais je le reprendrai peut-être). J’en ai le souvenir de phrases assommantes et d’un rythme assez lent qui ne m’avaient vraiment pas fait entrer dans l’histoire. Ici, tout a changé dans mon a priori envers Han Kang. Avec Celui qui revient je me suis pris une énorme claque.

C’est un sujet difficile que Han Kang nous propose avec ce roman polyphonique : le soulèvement de Gwangju (1980) en faveur de la démocratie, qui fut réprimé par la force et qui se conclut par le massacre de très nombreux civils, des arrestations massives et des peines d’emprisonnement. Un drame historique qui fut difficile à admettre par les gouvernements successifs de Corée du Sud et qui, aujourd’hui encore, est un symbole de l’importance de la libre parole du peuple, du prix et de la préciosité de la démocratie, en même temps qu’il laisse de blessures non refermées parmi la population coréenne.

Composé de sept parties pour autant de voix et de regards sur un moment de l’histoire, ce roman se concentre sur la disparition d’un jeune adolescent alors que les massacres répondent aux revendications et que les années passent. Dans une volonté de montrer la diversité des personnes engagées dans la lutte pour la démocratie, de redonner voix et dignité aux disparus, de montrer que les êtres assassinés étaient des hommes, des femmes, des enfants, c’est un cri contre l’injustice et l’extrême violence d’une dictature que transmet Han Kang en composant un récit à plusieurs voix autour d’un personnage commun qui hante les esprits malgré les années : Tongho.

A la fois direct et sensible, ce roman conçu avec un grand souci de respect des événements, des êtres et des traumatismes qui en ont découlés me restera très longtemps en mémoire. Si l’histoire du soulèvement de Gwangju vous intéresse, c’est le roman à découvrir en priorité.

« A Taxi Driver » de Jang Hoon (2018)

Au cours de ma lecture de Han Kang je me suis mise à chercher des oeuvres traitant du même sujet et j’ai découvert l’existence de ce film qui, bien qu’il ait reçu un très bel accueil en Corée, semble être passé assez inaperçu en dehors du pays. Je serais ravie d’être contredite sur ce point.

Résumé : « Mai 1980, Séoul. Des manifestations dénonçant la loi martiale proclamée par le dictateur Chun Doo-hwan troublent la routine de Kim Man-seob, un chauffeur de taxi mal embouché et criblé de dettes, élevant seul sa fille. Pour lui, chaque course compte. Lorsqu’il entend un confrère se vanter qu’on lui a promis une somme colossale pour emmener un occidental dans la ville de Gwangju, il se précipite au point de rendez-vous afin de lui voler son client, un journaliste allemand se faisant appeler Peter. Ce dernier a l’intention d’enquêter clandestinement sur certaines rumeurs indiquant que Gwangju serait assiégée par l’armée et coupée du reste du pays. »

Je ne suis pas spécialement les films dans lesquels le remarquable Song Kang-ho apparaît mais je ne cache pas mon plaisir – bien au contraire – quand je regarde un film dans lequel il joue. J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié son personnage dans ce film et l’évolution de celui-ci alors que le drame se met en place et que l’humanité et questionnée.

En créant une rencontre entre Kim Man-seob, chauffeur de taxi et père seul qui a du mal à joindre les deux bouts, et Peter, journaliste allemand qui va tout faire pour rentrer dans Gwangju alors que le gouvernement a coupé les lignes téléphoniques et filtre les entrées dans la ville, c’est un schéma déjà vu mais pourtant efficace et plaisant qui se met en place. Les deux hommes ont du mal à se comprendre, leurs objectifs respectifs ne sont pas du tout les mêmes et leurs caractères renfrognés n’aident pas.

Arrivés à Gwangju un seul objectif doit être visé et tenu : montrer au monde entier ce que la Corée du Sud inflige à la population qui veut faire entendre sa voix et qui demande des droits, témoigner de ce que veut étouffer et noyer dans le sang la dictature, faire en sorte que les morts ne le soient pas pour rien et que leur sacrifice ne soit pas laissé au silence.

Défini par certains comme une comédie dramatique, il vire doucement mais clairement et sans compromis vers le drame pour ne plus retrouver sa légèreté des débuts qui prêtait à sourire. Car l’enjeux est aussi là : montrer qu’on ne sort pas de ces événements comme on y est entré, qu’il y a une réelle rupture, un avant et un après Gwangju.

Un film qui n’est peut-être pas parfait mais qui fonctionne très bien et, ce que j’ai apprécié, reprend plusieurs aspects des violences et de la réalité sur place transcrits également dans le roman de Han Kang. D’où mon souhait de vous parler des deux dans un seul et unique article.

Vous pouvez découvrir ce film – notamment – sur la plateforme e-cinema.com.

Cette lecture et ce visionnage entrent dans le cadre du Challenge coréen organisé par le blog Depuis le cadre de ma fenêtre.

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Et vous, cherchez-vous aussi des films qui font écho à vos lectures ?

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« Sur un air de fado » de Nicolas Barral (Dargaud, 2021)

Des illustrations réalistes aux couleurs douces qui nous emmènent directement dans les années 1960 ; une histoire dans l’Histoire qui interroge la responsabilité individuelle et l’inaction dans une société répressive.

Quatrième de couverture : « Lisbonne, été 1968. Depuis 40 ans, le Portugal vit sous la dictature de Salazar. Mais, pour celui qui décide de fermer les yeux, la douceur de vivre est possible sur les bords du Tage. C’est le choix de Fernando Pais, médecin à la patientèle aisée. Tournant la page d’une jeunesse militante tourmentée, le quadragénaire a décidé de mettre de la légèreté dans sa vie et de la frivolité dans ses amours. Un jour où il rend visite à un patient au siège de la police politique, Fernando prend la défense d’un gamin venu narguer l’agent en faction. Mais entre le flic et le médecin, le gosse ne fait pas de distinguo. Et si le révolutionnaire en culottes courtes avait vu juste ? Si la légèreté de Fernando était coupable ? Le médecin ne le sait pas encore, mais cette rencontre fera basculer sa vie… »

J’ai vraiment été emportée dans cette histoire qui nous présente un homme passif, Fernando Pais, sous la dictature de Salazar et dont les actions passées, le vécu quelques années auparavant, expliquent le positionnement présent. Un fuite de la mélancolie.

Si Fernando fait son travail de médecin sans être très regardant, nous voyons à travers lui et ses relations un aperçu de la censure, des arrestations arbitraires et des tortures, de l’organisation de l’opposition et des risques encourus. La vie peut se dérouler relativement tranquillement dans un régime autoritaire, à condition de ne pas poser de questions, de ne pas égratigner les opinions nationalistes et les mœurs rigides et conservatrices, et de fermer les yeux sur beaucoup de choses.

J’ai aimé que la remise en question de son quotidien par Fernando se fasse par la rencontre d’un enfant. J’adore quand les enfants et leur sens de la liberté et de l’injustice impactent les adultes et c’est le cas ici. Une rencontre qui va secouer Fernando et sa vie égocentrée.

Il est question de sacrifices, de regrets et de remords qui sont souvent le prix de l’engagement au coeur duquel des vies sont en jeu. Des conséquences qui poussent au renoncement au militantisme pour préserver ce qui peut encore l’être. Mais jusqu’à quand et jusqu’où peut-on vraiment accepter ?

Un roman graphique rythmé avec des personnages bien élaborés qui explore la réconciliation avec soi et avec les blessures du passé ainsi que la notion d’engagement. Une belle découverte, graphiquement élégante dans son classicisme et sa palette de couleurs, qui exprime l’importance de certaines rencontres dans les parcours individuels.

Comment ne pas découvrir des airs de fado après cette lecture ?

Je remercie les éditions Dargaud ainsi que NetGalley France pour l’accès à ce roman graphique en service de presse.

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Et vous, quelle œuvre sur la dictature de Salazar recommandez-vous ?

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