« Un garçon sur le pas de la porte » d’Anne Tyler (Phébus, 2020)

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J’ai découvert l’écriture fluide et vive d’Anne Tyler l’année dernière, avec son roman La danse du temps, également publié aux éditions Phébus, que j’avais beaucoup aimé. En voyant cette nouvelle parution, je n’ai pas hésité un instant.

Quatrième de couverture : « Micah Mortimer, la petite quarantaine routinière, coule des jours heureux dans un quartier tranquille de Baltimore. En voiture, au travail ou avec sa petite amie, il ne dévie jamais de sa route toute tracée – jusqu’au jour où il trouve Brink Adams qui l’attend sur le pas de sa porte.

Car l’adolescent fugueur en est sûr, Micah est son père biologique… Pour l’homme qui aimait ses habitudes, cette seconde chance sonne comme une malédiction.

Prix Pulitzer, finaliste du Booker Prize, Anne Tyler est une figure majeure des lettres américaines, dont le style irrésistible et piquant fait encore une fois des merveilles, ici. »

Malheureusement, dans ce roman, Anne Tyler a moins réussi à m’emmener dans les rues de Baltimore et dans les vies qui l’animent. Des difficultés à m’attacher à Micah et à Brink, s’ajoutent des considérations sur la vie qui n’ont pas réussi à donner assez de relief à l’ensemble à mon goût. L’écriture reste agréable, les pages se tournent sans difficulté, je ne peux en aucun cas enlever cette fluidité des mots à l’auteure.

Micah est un cinquantenaire qui travaille dans l’informatique : il dépanne les particuliers dans leurs petits soucis techniques quotidiens. Il est aussi assez maniaque et s’applique à avoir une vie aussi rangée que possible, s’investissant également auprès des autres locataires de l’immeuble pour le propriétaire parti passer ses vieux jours au soleil. En couple avec Cass, ce n’est pas la passion qui domine mais plutôt les habitudes. Dans cette vie réglée comme du papier à musique, va débarque Brink, adolescent au caractère ombrageux, qui fuit quelque chose, qui cherche quelque chose.

Les personnages sont réalistes et plairont probablement à d’autres lecteurs, mais l’un des aspects qui aurait pu être plus fouillé et développé concerne les autres habitant de l’immeuble. J’ai presque été plus touchée par ces personnages secondaires que par les principaux.

L’arrivée de Brink va bouleverser le quotidien de Micah, forçant celui-ci à revenir sur sa vie, ses relations qui l’ont chaque fois mené presque au mariage, et puis finalement à la rupture.

Si vous souhaitez une lecture abordable sur les relations familiales et intimes qui permet de se vider la tête quelques petites heures ce livre peut être une piste, si vous cherchez davantage un roman qui vous agrippe les trippes, il faudra sûrement chercher un autre titre de l’auteure. Pour ma part, je vais suivre les conseils de La petite histoire de Pamolico et m’orienter vers Une bobine de fil bleu, qui a été pour elle une pépite.

Je suis malgré tout heureuse d’avoir pu retrouver Anne Tyler cette année et je remercie les éditions Phébus ainsi que NetGalley de m’avoir permis d’accéder à ce livre en avant-première.

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Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Pas de chronique trouvée pour le moment.


 

Et vous, quel est votre roman préféré de cette auteure ?

« La danse du temps » d’Anne Tyler (Phébus, 2019)

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Plus je découvre les parutions des éditions Phébus, plus je suis convaincue que les choix de cette maison correspondent à ma sensibilité. Ce roman ne fait pas exception. Je ne connaissais absolument pas cette auteure et son style m’a beaucoup plu, son analyse des émotions et des frustrations aussi. Une très agréable découverte !

Quatrième de couverture : « À soixante et un ans, Willa Drake mène une existence réglée comme du papier à musique en Arizona. Jusqu’à un coup de fil venu de l’autre bout du pays lui apprenant que la compagne de son fils s’est fait tirer dessus. Sa petite-fille a besoin d’elle ! Tant pis s’il s’agit d’une erreur de numéro, Willa abandonne tout et file à Baltimore devenir grand-mère.

Dans La danse du temps, Anne Tyler nous rappelle avec humour et tendresse qu’il n’est jamais trop tard pour choisir sa vie. »

Nous faisons la connaissance de Willa à plusieurs périodes de sa vie de fille, de jeune femme, de mère et de femme à l’automne de sa vie. Nous découvrons les épreuves qu’elle a dû affronter à chacune de ces périodes et son évolution construite sur le souvenir d’une mère insécurisante et qui pouvait se révéler violente, sur l’admiration envers un père doux et toujours conciliant. Des deux modèles elle optera pour le moins destructeur au risque d’oublier ses besoins.

Après un premier mariage auquel elle sacrifia ses études et ses projets, terminé de façon brutale, nous la retrouvons mariée à un homme qui, à nouveau, l’enferme dans un modèle de domination masculine, dans un modèle d’infantilisation de l’épouse. Mais le hasard de la vie va amener Willa à faire ses propres choix par amour.

J’ai vraiment apprécié ce portrait de femme dépeint sans jugement et que plusieurs époques ont moulé. J’ai admiré la capacité de ce personnage à s’émanciper aux côtés de la petite Cheryl et des nombreux personnages qui composent le voisinage de Baltimore. Un roman tout en douceur, dans un réalisme coloré d’un rayon de soleil doré, comme partagé entre hier et demain. Je prends dès à présent un nouveau billet pour Baltimore en compagnie d’Anne Tyler, reste à savoir avec lequel de ses nombreux romans…

Si vous souhaitez une lecture qui fait du bien sans que ce soit pour autant du pur feel good je vous recommande ce roman. Vous en ressortirez apaisés et le cœur plus léger car celui de Willa se sera un peu libéré mais aussi car la complicité intergénérationnelle qui se construit est très touchante.

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