đź“– « La chambre de Mariana » d’Aharon Appefeld (L’olivier, 2008)

Me voilĂ  bien embĂŞtĂ©e alors que je dois Ă©crire la chronique de ce livre qui m’a autant Ă©mue que gĂŞnĂ©e… Un dĂ©but d’annĂ©e avec Aharon Appelfeld contrastĂ© mais nĂ©anmoins marquant car derrière ce texte se tient un enfant ayant survĂ©cu Ă  la Shoah et il est impossible de ne pas y chercher la propre expĂ©rience de l’auteur, mĂŞme parcellaire.

Quatrième de couverture : « Avant de fuir le ghetto et la dĂ©portation, la mère d’Hugo l’a confiĂ© Ă  une femme, Mariana, qui travaille dans une maison close. Elle le cache dans un rĂ©duit glacial d’oĂą il ne doit sortir sous aucun prĂ©texte. Toute son existence est suspendue aux bruits qui l’entourent et aux scènes qu’il devine Ă  travers la cloison. Hugo a peur, et parfois une sorte de plaisir Ă©trange accompagne sa peur. Dans un monde en pleine destruction, il prend conscience Ă  la fois des massacres en train de se perpĂ©trer et des mystères de la sexualitĂ©. »

Hugo et sa mère sont enfermĂ©s dans un ghetto. Les rafles et les dĂ©portations s’accĂ©lèrent, la menace est de plus en plus pressante. La mère d’Hugo tente en vain de le placer Ă  la campagne, dans une famille de paysans moyennant rĂ©tribution, mais ses plans n’aboutissent jamais. En dernier recours, elle confie Hugo Ă  une ancienne camarade d’Ă©cole prĂŞte Ă  l’aider : Mariana.

Mariana vit dans une maison close et Hugo va dĂ©sormais y vivre aussi, cachĂ© dans un rĂ©duit attenant Ă  la chambre de cette femme dont il ne sait rien et qu’il va peu Ă  peu apprendre Ă  connaĂ®tre… Dans ses accès de colère, dans sa douceur maternelle, dans sa mĂ©lancolie inconsolable, dans sa dĂ©pendance Ă  l’alcool, dans sa sensualitĂ©.

Sans nouvelles de sa mère qui, après l’avoir confiĂ© Ă  Mariana, est partie en quĂŞte d’une cachette dans les villages environnants, il entend et apprend ce qui se passe Ă  l’extĂ©rieur : la chasse aux Juifs dans les moindres recoins des habitations, les exĂ©cutions publiques. A l’intĂ©rieur : la façon dont Mariana est traitĂ©e par les hommes, leur violence et leur mĂ©pris ; le risque d’ĂŞtre Ă  la mercie d’autres personnes de la maison close et donc de risquer la dĂ©lation Ă  chaque instant. Le danger devient par la suite rĂ©el pour Mariana. Coupable d’avoir Ă©tĂ© prostituĂ©e, d’avoir reçu des Allemands lorsque les Russes prennent le contrĂ´le de la ville.

J’ai Ă©tĂ© très touchĂ©e par Hugo et sa solitude, sa façon d’invoquer ses proches pour les garder en vie et se sentir moins seul, dans son rĂ©duit glacial et sombre. J’ai aimĂ© la façon dont Aharon Appelfeld nous parle de la prostitution et de ces femmes pour lesquelles on sent une rĂ©elle compassion et de la considĂ©ration. Mais un point de bascule entre Hugo et Mariana m’a fait clairement et dĂ©finitivement dĂ©passer la limite du malaise.

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Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniquĂ© : Pas d’autre chronique trouvĂ©e pour le moment.

Et vous, avez-vous lu ce roman ou un autre d’Aharon Appelfeld ?

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