« Soleil amer » de Lilia Hassaine (Gallimard, 2021) • Rentrée littéraire

Comme beaucoup d’hommes, Saïd est parti pour la France laissant femme et enfants en Algérie. Le projet : aider à reconstruire la France, travailler dur pour aider financièrement la famille tout en rêvant de rentrer au pays natal, un jour.

Quatrième de couverture : « À la fin des années 50, dans la région de l’Aurès en Algérie, Naja élève seule ses trois filles depuis que son mari Saïd a été recruté pour travailler en France. Quelques années plus tard, devenu ouvrier spécialisé, il parvient à faire venir sa famille en région parisienne. Naja tombe enceinte, mais leurs conditions de vie ne permettent pas au couple d’envisager de garder l’enfant…

Avec ce second roman, Lilia Hassaine aborde la question de l’intégration des populations algériennes dans la société française entre le début des années 60 et la fin des années 80. De l’âge d’or des cités HLM à leur abandon progressif, c’est une période charnière qu’elle dépeint d’un trait. Une histoire intense, portée par des personnages féminins flamboyants. »

Lilia Hassaine nous propose de traverser plusieurs décennies au coeur d’une famille dont certains membres dissimulent sciemment un secret. Saïd a réussi à faire venir sa famille en France où ils bénéficient enfin d’un logement en HLM – ce qui n’était pas automatique. Mais le budget est extrêmement serré et la nouvelle grossesse de Naja s’annonce difficile à assumer.

En France, Saïd a aussi son frère Kader et sa belle-sœur, Hélène, qui est française. Heureux, ils ne parviennent cependant pas à avoir l’enfant qu’ils désirent tant.

Les membres de cette famille ainsi que de la communauté qui se crée au sein du HLM vont nous faire vivre la cité et les espoirs qui se muent en difficultés quotidiennes, racisme, violences, frustration. A travers un groupe de personnes aux parcours différents qui finissent par se rejoindre, ce sont aussi les drames qui frappent la jeunesse et les changements générationnels qui sont décrits. Je pense notamment à la perte de la langue des parents, à la volonté de libération qui habite les jeunes filles, au refus des impératifs dictés par le père.

D’une certaine manière, le récit se fait presque l’allégorie de l’Algérie et de la France : sœurs empêchées par les douleurs du passé malgré leurs liens et histoire commune indiscutables. Car la relation franco-algérienne est bel et bien à mes yeux une histoire de famille(s) contrariée.

Ce roman est aussi une histoire de perte, de la maternité refusée, perdue ou interdite. Une sorte d’hommage à la force d’aimer des femmes et des mères ainsi qu’à leurs blessures.

Si vous avez aimé ce roman, je ne peux que vous recommander de découvrir Leïla Sebbar et Mehdi Charef. Et, vous l’aurez compris, si vous aimez ces deux auteurs, je ne peux que vous recommander de découvrir ce roman de Lilia Hassaine.

En savoir plus

Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Agathe The BookReading in the cityLe blog d’une Pipelette LiseuseLes chroniques de KoryféeLe boudoir de NathLes lectures de Maman NatureJoelleBooks

Et vous, quel roman mêlant Algérie et France conseillez-vous ?

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4 commentaires

  1. J’avais beaucoup aimé autour de cette thématique L’art de perdre d’Alice Zeniter et plus récemment Le tailleur de Relizane d’Olivia Elkaim et Vingt stations d’Ahmed Tiab. Je note donc avec grand plaisir tes recommandations. Merci!

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