« Ensemble » de Luke Adam Hawker (Les Arènes, 2021) • Rentrée littéraire

Peut-être faites-vous partie de ces lecteurs et lectrices qui sont tombé·e·s sous le charme de l’album L’enfant, la taupe, le renard et le cheval de de Charlie Mackesy paru il y a un an chez cette même maison d’édition. Pour ma part, c’est le cas. J’ai donc précommandé cette nouvelle merveille d’illustration que je suis contente de vous présenter malgré une part de réserve.

Quatrième de couverture : « Des nuages noirs assombrissent l’horizon. En les voyant s’approcher, chacun se demande : Quand vont-ils arriver ? Combien de temps cela va-t-il durer ? La tempête bouscule tout. Un homme et son chien font face à l’incertitude, à la séparation, à l’inconnu. Ils nous montrent que l’on peut traverser les moments difficiles autrement et savourer ce qui compte vraiment dans la vie. »

Ouvrir cet album c’est passer un temps incalculable à observer et décortiquer le moindre détail de chaque page tant le travail de dessin est riche. J’en suis encore sans voix tant c’est réussi et tout simplement beau.

Luke Adam Hawker est un artiste britannique formé à l’origine au design. La crise sanitaire – et sociale – vécue en 2020 lui a inspiré ce livre. Alors que l’humanité faisait face à un virus qui la contraignait à s’isoler de façon exceptionnelle, ici la menace est représentée par un d’épais nuages noirs, d’immenses averses, une tempête cachant le soleil.

Dans cette tempête : un homme seul et son chien. Dans l’appartement, dans la rue, dans différentes situations du quotidient mais qui disent bien l’isolement et l’attente de jours meilleurs. Chaque dessin est intelligemment pensé, parfois avec une belle touche poétique, et fera forcément écho à des moments que nous avons vécu, je pense par exemple au vide des rues mais aussi aux rayons de supermachés dévalisés par des réactions de survie excessives.

Petit à petit, la fin de la tempête approche jusqu’aux retrouvailles tants espérées.

Si Luke Adam Hawker est derrière les illustrations, Marianne Laidlaw a élaboré les textes en collaboration avec le dessinateur. Et, si j’ai été plus que subjuguée et étourdie de plaisir par les planches dessinées, j’ai été particulièrement sceptique concernant la vision très gentillette et idéaliste de la trame narrative.

Certains aspects ironiques des illustrations ont disparu des textes et j’ai beau ne pas être quelqu’un de pessimiste – on me qualifie même de naïve -, je pense que délivrer un message positif à des lecteur·ice·s et prétendre l’existence d’un idéal humaniste sont deux choses différentes. Croire que le monde dit d’après est collectif et bienveillant est une erreur, il me semble encore plus individualiste qu’avant et en fuite vis-à-vis du réel. D’où l’importance de conserver un peu d’ironie et de mordant. Je plonge donc essentiellement dans les illustrations et laisse les bons sentiments caricaturaux de côté. Pourtant, j’aime ça d’habitude les bons sentiments…

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Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Pas d’autre chronique trouvée pour le moment.

Et vous, quel·le dessinateur·ice vous a conquis·e dernièrement ?

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