« La mémoire de l’eau » de Ying Chen (Actes Sud-Babel, 1996)

Tous les deux mois, Les lectures d’Azilis organise un challenge source de découvertes tout en douceur : Un mot, des titres. Il s’agit de lire un livre (ou plus si on le souhaite), en deux mois, dont le titre comporte un mot tiré au sort. Pour cette session il s’agissait du mot mémoire.

Quatrième de couverture : « En 1912, alors que le dernier empereur chinois était chassé du trône, grand-mère Lie-Fei avait cinq ans. Elle venait de subir l’opération destinée à rapetisser ses pieds, afin de les rendre beaux comme des fleurs de lotus. Mais grâce au changement de régime, ou à cause de lui, l’opération fut vite interrompue, et c’est avec des pieds moyens – garants d’une position médiane dans le conflit entre la tradition et la modernité – qu’elle traversa sans trop de heurts le régime communiste…

Ce destin singulier, la narratrice, la petite, le retrace avec un humour à froid et une tendresse jamais démenties tout au long d’une histoire qui traverse le xxe siècle, celle de grand-mère Lie-Fei bercée par les odeurs et les couleurs des eaux d’une Chine en profonde mutation. »

Voilà un très court roman composé de chapitres organisés comme des souvenirs, sans chronologie particulière, comme s’ils faisaient surface lors d’une soirée au cours de laquelle une femme nous confierait l’histoire de sa grand-mère.

L’histoire de Lie-Fei est aussi mouvementée que l’histoire de la Chine au 20ème siècle. A travers sa vie ce sont les évolutions de la société qui résonnent : du rapetissement partiel de ses pieds à l’âge de cinq ans – qui fera qu’elle sera toujours un peu marginalisée – à son décès alors que sa petite fille, comme l’autrice, vient de quitter la Chine pour le Canada.

Ce sont des moments souvent difficiles que Ying Chen transmet de l’histoire de Lie-Fei, personnage fort et déterminé en même temps qu’il subit ce que la société devient. Partie de sa région natale, jeune veuve, séparée d’une partie de ses enfants, confrontée à la perte de son patrimoine puis à la violence de la Révolution culturelle à l’encontre des familles aisées. Et pourtant, elle va survivre et surmonter les épreuves en suivant le conseil de son père qu’elle chérissait tant et qui était attaché au compromis : en se tenant au milieu.

Ce roman est un portrait émouvant de femme née à une période charnière de l’histoire chinoise en même temps qu’un regard prenant sur l’histoire politique et sociale d’un pays et de son peuple.

Pour la prochaine session de ce challenge, le mot choisi est ombre, n’hésitez pas à y participer aussi ! De mon côté je vous donne rendez-vous très vite sur Instagram pour découvrir ma sélection de lectures potentielles et le 15 décembre pour découvrir ma chronique !

En savoir plus

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Et vous, quel roman ayant « mémoire » dans son titre avez-vous lu et aimé ?

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