« Le meilleur des jours » de Yassaman Montazami (Sabine Wespieser, 2012 ; Points, 2014)

Il y a des romans qui nous attendent sagement, qui nous intéressent sans que nous les gardions en mémoire. Généralement, ce sont des romans que nous achetons en double. Ce fut le cas pour ce roman de Yassaman Montazami. Il était temps de le découvrir et le challenge #autricesdumonde d’octobre m’en a donné la belle occasion.

Quatrième de couverture : « Il s’appelle Behrouz, le meilleur des jours en persan. C’est mon héros, mon père. Iranien réfugié à Paris, il refuse de travailler. Fantasque, il cuisine le canard à l’orange la nuit, danse sur Boney M et affirme que la princesse Soraya est clitoridienne. Son appartement est le refuge des exilés de la révolution : une épouse de colonel en fuite, un poète libertin, un chef d’entreprise opiomane…

Née à Téhéran en 1971, Yassaman Montazami vit en France depuis 1974. Docteur en psychologie, elle a travaillé de nombreuses années auprès de réfugiés politiques et exerce actuellement en milieu hospitalier. Le Meilleur des jours est son premier roman. »

Voici un court roman pour dire l’amour qui lie une fille à son père et vice-versa. Un amour et une attention que le père aura aussi porté à ses semblables tout au long de sa vie.

En 2006, Yassaman Montazami perd son père, Behrouz, le meilleur des jours en persan. De cet enfant prématuré trop chétif pour survivre à l’opposant politique exilé en France qui accueille des iranien•ne•s en fuite chez lui, l’autrice nous offre une autofiction tout en sensibilité et touchante d’admiration.

De ses souvenirs d’enfance à sa vie de femme, Yassaman Montazami retrace la vie de son père grâce au regard son alter-ego littéraire. Eternel étudiant travaillant une thèse sur la pensée de Karl Marx censée révolutionner la pensée (qui fut source de fierté autant que de douleur) ; éternelle présence rassurante, amusante et rassérénante pour son large entourage, qu’il soit privé de son pays ou confronté aux drames de la vie.

Faire face, rire et avancer. Vivre, aimer et être aimé. Affronter les jours et les nuits, les souvenirs des amis assassinés ou survivants de tortures, la perte de son propre père. Un portrait qui parle autant de l’humanité d’un homme – que chaque lecteur•trice aurait aimé avoir la chance de connaître – que de l’histoire contemporaine, de l’oppression politique, de la diaspora iranienne.

Quand l’absence se fait trop présente, il revient aux vivants de pouvoir offrir une sépulture de mots qui ressuscite les souvenirs. La psychologue qu’est Yassaman Montazami ne contredira sûrement pas les bienfaits de l’écriture dans le travail de deuil. Et si le deuil principal est bien celui du père, c’est aussi celui d’un pays.

Seul roman de l’autrice publié à ce jour, je serai au rendez-vous du prochain.

En savoir plus

Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Pas d’autres chroniques trouvées pour le moment.

Et vous, quel roman sur le deuil du père conseillez-vous ?

Retrouvez-moi aussi sur :

2 commentaires

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s