« L’hôtel du cygne » de (Zhang Yueran, 2021) • Rentrée littéraire

Si les littératures japonaise ou coréenne sont régulièrement mises en avant, j’ai l’impression que c’est moins le cas avec la littérature chinoise. Je m’y intéresse depuis un moment et mes lectures passées ne font qu’alimenter mon envie d’en découvrir davantage. Avec ce roman je découvre Zhang Yueran, connue en France pour sa première œuvre traduite : Le clou (Zulma, 2019).

Quatrième de couverture : « Venue du lointain Sichuan, Yu Ling travaille à Pékin depuis dix ans et rêve de changer de vie. Au détour d’un pique-nique, avec son acolyte M. Courge, ils fomentent le kidnapping de Dada, charmant petit garçon de l’élite chinoise dont elle est la nounou. Mais une fois avalées les pattes de crabe du Kamtchatka et les brochettes d’ailes de poulet, le plan tombe à l’eau, adieu la rançon : le grand-père de Dada vient d’être inculpé pour corruption, le père est arrêté, la mère a disparu. Yu Ling se retrouve seule avec l’enfant. Dans la grande villa aseptisée, Dada dresse une tente pour y accueillir tous ceux qui comme lui n’ont pas d’amis : l’Hôtel du Cygne. Dans le huis clos de cette drôle de famille recomposée, Zhang Yueran dresse le portrait tout en nuances de la Chine d’aujourd’hui. »

Alors que Yu Ling et un complice prévoient de kidnapper Dada, le fils de la famille pour laquelle elle est nounou, rien ne va se passer comme prévu.

C’est avec une belle sensibilité que Zhang Yueran explore les souvenirs et les sentiments de Yu Ling, trentenaire aussi blessée par la vie que perdue dans celle-ci. A ses côtés, Dada, petit bonhomme de six ans qui a du mal à sociabiliser et à se faire des amis, ignoré par sa mère autocentrée et qui a tissé un lien très particulier avec sa nourrice. Si le père du garçon est plus tendre et humain, il reste très absent, très occupé. L’enfant et la nourrice : deux personnages aussi attachants qu’attachés l’un à l’autre, qui nous font vivre un beau moment de lecture. Mention spéciale à Dada, particulièrement incarné et rafraîchissant.

Roman sur la survie au quotidien et la solitude, cette lecture serre le coeur autant qu’elle l’ouvre. Grave, drôle ou émouvant, le roman alterne des moments intimistes et poétiques.

Je regrette cependant que ce roman soit si peu critique à l’encontre du gouvernement chinois ou engagé, ce que j’attendais un peu en arrière-plan. Cela est sans aucun doute lié au fait que Zhang Yueran vive en Chine, l’opposition politique y étant sévèrement réprimée. Cependant, on y trouve un regard critique sur les nouveaux riches, sur la pression et certains abus à l’encontre des jeunes talents. Y sont aussi évoqués des choix de vie qui se confrontent, montrant ainsi quelques visages de trentenaires chinoises et leurs aspirations.

Une lecture très agréable qui me donne naturellement envie de découvrir Le clou, qui devrait être plus explicite sur l’histoire contemporaine chinoise et ses stigmates.

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Et vous, de quel pays trouvez-vous la littérature pas assez visible ?

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