❤ « La mort et son frère » de Khosraw Mani (Actes Sud, 2020)

L’auteur, né à Kaboul en 1987, réside en France depuis 2015. Observateur malheureusement intime des drames qui se déroulent dans le pays depuis de nombreuses années, c’est avec un regard pointu et précis qu’il nous livre le roman aux multiples facette d’un drame.

Quatrième de couverture : « Dans l’étrange ville de Kaboul, un matin d’hiver, un jeune homme sort de chez lui pour aller retrouver celle qu’il aime. Dix minutes après, une roquette tombe sur sa maison et tue quatre membres de sa famille. L’attentat, son contexte et ses conséquences sont ensuite évoqués à partir d’une trentaine de points de vue différents, ceux de protagonistes qui de près ou de loin ont un rapport avec le drame, d’un chauffeur de taxi à un chien errant, d’une journaliste de la télévision à l’arbre planté face au bâtiment détruit, d’un terroriste à un gamin des rues, d’un détrousseur de cadavres à la pelle qui creuse pour préparer les tombes.

Ainsi les voix de Kaboul, de l’aube jusqu’à tard dans la nuit, racontent-elles des histoires d’amour, de corruption, de remords, de sexe, de massacres, de pertes, de gains, de mensonges, de cruauté, d’amitié… Une journée dans un coin du monde où la mort n’est qu’une anecdote à peine commentée, vite oubliée. Par sa narration collective, par son style aussi fluide que sobre, le roman touche à l’universel en révélant l’insupportable fragilité humaine. »

Une roquette est tombée sur une maison, il n’y a aucun survivant. Un peu avant la tombée de la bombe, un homme quittait le foyer pour rejoindre sa maîtresse. Dans la maison : ses parents, sa femme et son frère. A partir de son regard, point de départ d’une journée singulière et en même temps terriblement comme les autres dans un pays qui connait des morts prématurées et non naturelles chaque jour.

D’un regard nous partons sur un autre, nous dévions et peu à peu la journée est dépeinte à travers différents angles et à différents moments, tous articulés autour du drame : humains, animaux ou encore arbre, les angle se multiplient et Khosraw Mani tisse un récit polyphonique avec une précision arachnéenne. C’est impressionnant.

L’auteur nous fait approcher une famille en même temps qu’une société dans laquelle on peine à trouver quelques espoirs. Il y a des passages difficilement soutenables mais dans la noirceur, l’espace d’un instant, un geste emprunt d’humanité peut encore apparaître.

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