« Burqa ! » de Jamila Mujahed, illustré par Simona Bassano de Tufillo (La Martinière, 2008)

Epuisé, cet album m’a quand même fait de l’oeil. Pourquoi ? Car il est écrit par Jamila Mujahed, journaliste afghane très investie pour la cause des femmes et qui a elle-même vécu et subi la première prise de Kaboul par les talibans. Un changement de régime qui lui fit perdre ses droits. C’est son témoignage, illustré par Simona Bassano de Tufillo, qui est livré ici par le prisme du port forcé de la burqa.

Quatrième de couverture : « Essayez de boire, de manger, de marcher, d’embrasser, ou même de vous faire reconnaître de vos enfants ou de votre mari. Essayez de vivre avec une burka… »

Chaque double page est composée de la même façon : un court texte à gauche qui exprime ce qu’est être une femme enfermée par les lois misogynes des talibans, une caricature à droite qui vient interroger l’absurdité de la situation.

Pour commencer et ne pas être incomprise : les signes et symboles religieux dans l’espace public ne me posent aucun problème (ce que prévoit d’ailleurs la laïcité) mais il y a une immense différence entre le fait de porter ces signes dans un pays qui laisse le choix à chacun•e et le fait de n’avoir aucun choix et de se voir contraint•e de les porter – au risque de subir des conséquences qui peuvent être fatales. Ici, nous sommes bien dans un contexte de dictature religieuse qui ne laisse aucun choix aux femmes : elles ne s’appartiennent plus à aucun niveau.

Il résulte de cette lecture une impression de choc. Jamila Mujahed n’avait jusqu’alors jamais porté la burqa et, du jour au lendemain, la voilà sans travail, forcée de rester chez elle. Pour sortir dans la rue – en cas de nécessité absolue – elle se voit recouverte de la tête aux pieds, enfermée dans une prison de tissu qui la met en plus en danger dans la rue, faute de pouvoir voir correctement ce qui l’entoure.

Cacher les femmes, les réduire à la servitude des hommes et des foyers, les rendre invisibles en même temps qu’éternelles suspectes et coupables, voilà l’injustice dont il est question. Et voir cette violence systématique se reproduire relève de l’insupportable. La force de cet album vient de son ton à la fois personnel et factuel.

Cette lecture a été faite dans le cadre du challenge #autricesdumonde organisé par Claire de Des pages et des lettres.

Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Pas de chroniques trouvées pour le moment.

Et vous, aimez-vous les albums jeunesse engagés ?

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