❤ « Manèges. Petite histoire argentine » de Laura Alcoba (Gallimard, 2007 ; Folio, 2015)

Laura Alcoba est une autrice de nationalité française née en Argentine. Son œuvre fait souvent référence à l’enfance sous la dictature en Argentine et c’est pourquoi j’ai souhaité la lire dans le cadre du challenge @autricesdumonde. Également traductrice, elle a notamment travaillé sur les romans de l’autrice argentine Selva Almada et nous la retrouvons pour la version française du roman dernièrement paru Les vilaines de Camila Sosa Villada (Métailié).

Quatrième de couverture : « Maintenant, nous allons vivre dans la clandestinité, voilà exactement ce que ma mère a dit. Pour la trappe dans le plafond, je ne dirai rien, même si on venait à me faire très mal. Je n’ai que sept ans mais j’ai compris à quel point il est important de se taire.

Plus de trente ans ont passé. Mais la narratrice se souvient encore des heures noires de la dictature en Argentine. Elle nous les raconte à hauteur d’enfant. En espérant enfin oublier un peu. »

En préparant mes lectures pour le challenge, je ne priorisais pas cette autrice ne voulant pas la réduire à l’Argentine – quittée durant son enfance – et du fait de sa nationalité française. Mais ce court roman m’a rendue extrêmement curieuse et j’ai eu raison de me laisser tenter car j’ai passé un moment très émouvant à travers le regard de l’enfance, que j’adore explorer, durant une période de fortes répressions politiques.

La narratrice ressent le besoin de raconter ce qu’elle a vécu durant l’enfance. Alors qu’elle pensait devoir attendre, une urgence de dire l’assaille. En une succession d’épisodes, nous la découvrons âgée de sept ans et obligée de se cacher du fait de l’activisme politique de ses parents, tous deux Montoneros. De cachette en cachette, d’épreuves qui font grandir trop vite aux moments de pure enfance et d’insouciance (limitée), nous sommes immergé·e·s dans un quotidien menacé par la sale guerre qui se joue en Argentine dans les années 1970.

Ce texte mêle douceur, innocence et dureté ; amour pour les personnes qui ont partagé le quotidien de cette petite fille et incompréhension à l’encontre d’autres. C’est un cri adressé aux injustices commises envers les opposants et les enfances broyées et spoliées. Le ton adopté est d’un réalisme aussi touchant que déconcertant, nous renvoyant à notre impuissance à protéger ces enfants que l’histoire a dévorés. Des enfants devenus adultes et qui vivent avec un parcours douloureux et difficile à porter, quand ils connaissent leur histoire.

Une première lecture de Laura Alcoba qui en appelle d’autres. Décidément, ce challenge est loin de réduire la liste de mes envies… pour mon plus grand plaisir !

En savoir plus

Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Le blog d’une Pipelette Liseuse !

Et vous, aimez-vous les romans écrits à hauteur d’enfants ?

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5 commentaires

    1. Je ne saurais dire lequel est le plus abouti, mais ayant adoré « Manèges » je ne peux que le conseiller.

      Je pense que je vais lire ses romans sous peu, s’ils sont tous prenants, ça devrait aller vite, au prix de quelques nuits écourtées, mais c’est pas grave. 😁

      Aimé par 1 personne

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