« Feux » de Perrine Le Querrec (Bruno Doucey, 2021)

J’ai découvert Perrine Le Querrec avec son recueil extrêmement difficile mais non moins nécessaire Rouge pute. Alors, quand j’ai vu que les éditions Bruno Doucey éditaient son nouveau recueil, je n’ai pas hésité longtemps.

Présentation de l’éditeur : « Quel point commun y a-t-il entre la caverne où dansent des ombres, la ville de Pompéi et la bibliothèque d’Alexandrie ? Entre Jeanne d’Arc et Antonin Artaud ? Entre le Reichstag et Oradour-sur-Glane ? Entre un autodafé et une immolation ? Entre la rue de la Vieille-Lanterne à Paris et la place Jacques-Cartier de Montréal ? Entre la femme d’Henri Michaux et le printemps arabe de 2011 ? Entre la nuit polaire de Jack London et l’Australie de 2019 ? Il faudrait un répertoire pour dénombrer tous les feux dont parle Perrine Le Querrec dans ce livre incandescent. À la plasticité du feu répond celle de la page : que le poème soit centré comme un brasier ou en colonnes comme des flammes, l’arc électrique des mots crépite sur le papier. Un livre qui réactive une mémoire enfouie et allume des signaux. De quoi attiser la curiosité du lecteur qui brûle déjà d’entrer dans ces pages. »

Le feu : qui permet la vie et inflige la mort. Le feu : comme outil de persécution et comme arme de rébellion. Le feu : réel ou symbolique. Tous les poèmes de ce recueil parle de feux, qu’ils soient littéraires, historiques, sociaux ou encore linguistiques.

De l’origine de l’humanité aux plus grands drames de l’histoire, en passant par des faits quotidiens et des explorations d’oeuvres littéraires, la multitude de références rassemblées par Perrine Le Querrec ont fait entrer mon esprit à l’état d’ébullition. C’est un véritable voyage dans le temps et dans l’espace.

Nombre de poèmes m’ont plus, dans leur fond mais aussi dans leur forme. Car cette dernière est vraiment travaillée. La composition des poèmes est parfois très visuelle et j’ai vraiment apprécié ce processus qui s’est ajouté à une oralité efficace. Cela m’a donné un sentiment de complétude dans la démarche poétique.

Si vous me connaissez, vous devez vous douter que j’avais une petite curiosité particulière. Je travaille sur la représentation de la Seconde Guerre mondiale – et plus particulièrement de la Shoah – dans la littérature et je m’attendais donc à lire des poèmes sur le sujet. Je trouve la proposition de Perrine Le Querrec très forte, percutante en peu de mots. Nous reconnaissons immédiatement Auschwitz-Birkenau, nous reconnaissons immédiatement Oradour-sur-Glane. (Ce petit focus ne concerne qu’une toute petite part du recueil.)

Si nous sentons tout au long de la lecture l’intérêt de l’autrice pour l’histoire et ses moments marquants, il est impossible de ne pas parler de féminisme. L’engagement de Perrine Le Querrec s’exprime avec coeur et colère, détermination et incandescence.

Il ne me reste plus qu’à découvrir les événements que je ne connais pas encore – et d’approfondir les autres – afin de relire les poèmes à la lumière de nouvelles connaissances. J’ai hâte de relire et de redécouvrir ce recueil.

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Et vous, à quoi pensez-vous avec le mot « feu » ?

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