« Geronimo » de Matz et Jef (Rue de Sèvres, 2017)

Geronimo : tout le monde connaît son nom mais qui connaît vraiment son histoire ? A l’occasion des 112 ans de son décès, le 17 février 1909, j’ai envie de vous parler de cet homme qui incarne la résistance des premières nations.

Quatrième de couverture : « Le récit d’une figure historique emblématique des luttes indiennes.

1850, dans les paysages grandioses du nord du Mexique. Goyahkla, guerrier et homme-médecine Apache, alerte ses compagnons : il a une vision d’horreur, il leur faut vite rentrer au camp. À leur arrivée, femmes et enfants ont été décimés. La guerre contre les Mexicains fait rage et est d’une violence sans limite. De cet épisode, Goyahkla gardera une haine inextinguible contre les Mexicains et un désir de vengeance qui guidera peut-être parfois à tort les décisions de celui qui sera bientôt renommé Geronimo… Mais la vraie guerre est peut-être plus sournoise, celle des blancs qui s’accaparent les terres sous couvert de collaboration.

Voici le récit de l’affrontement de deux hommes et deux visions : Geronimo, à la tête du dernier groupe Apache résistant aux blancs et aux Mexicains, et Chapo, qui fait le choix de collaborer avec les blancs en échange d’une semi-liberté. »

Ce roman graphique aux illustrations impressionnantes (même si je ne les ai pas toujours trouvées égales en qualité – à mon goût) retrace l’histoire qui a fait que Goyathlay est devenu Geronimo, puis ce qui a fait de lui un symbole international. Nous le rencontrons adulte, homme médecine apache alors que des troupes mexicaines assassinent les membres de la tribu, profitant que les guerriers se soient absentés. Parmi les victimes il y a les membres de sa famille, dont sa femme et ses enfants. Ces assassinats, Goyathlay n’en fera jamais vraiment le deuil et se lancera sur le chemin de la guerre. Son sens de la stratégie, sa bravoure et son besoin de vengeance auront pour effet d’effrayer les troupes mexicaines, ces dernières fuyant en appelant saint Jérôme : Geronimo est né.

Alors que la situation ne s’apaise pas avec les mexicains, des yeux pâles font leur apparition sur les terres apaches… Ils veulent le contrôle sur les populations, ils veulent la propriété des terres.

C’est l’histoire d’un peuple qui n’avait qu’une parole et qui a fait confiance à un autre qui n’en avait souvent pas, par avidité, cupidité et une vision conquérante et raciste du monde. C’est l’histoire d’un homme qui a parfois été épuisé par la guerre mais qui ne voyait pas d’autre chemin à emprunter pour protéger son peuple, sa culture et la terre de ses ancêtres. C’est l’histoire d’un homme qui a parfois été aveuglé par sa colère et son besoin de vengeance mais qui a toujours été fidèle à ses valeurs et loyal envers sa tribu. C’est l’histoire des terres spoliées, des peuples dépossédés, des tribus écrasées par la masse colonisatrice. C’est l’histoire d’un homme qui voulait, pour lui et ses proches, une vie libre.

J’ai vraiment apprécié découvrir l’histoire de Geronimo, même si je n’ai pas toujours été en accord avec les voies de la vengeance, j’ai compris sa douleur et sa détermination. Avec cette histoire nous découvrons le processus de création des réserves indiennes et comprenons que les combats – et la vie d’avant – étaient perdus d’avance. Ce roman graphique, construit en une succession de périodes, d’épisodes importants de la vie de Geronimo et des Apaches, est très dynamique. La lecture est tout simplement captivante.

J’ai tenu à vous parler de ce roman graphique en le liant à l’actualité, car encore aujourd’hui des populations sont menacées et assassinées pour des questions de terres, de richesses des sols à exploiter et d’incompréhension face aux personnes qui ne souhaitent pas vivre dans une société mondialisée (ce serait dommage de ne pas épargner une seule zone de la planète et de laisser des gens libres de vivre selon leurs cultures et croyances). Sur ce sujet, vous pouvez retrouver ma chronique du roman graphique Amazona de Canizales. Également, les descendants des premières nations d’Amérique du Nord sont toujours bafoués dans leurs droits et discriminés.

En savoir plus

Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Pas de chronique trouvée pour le moment.

Et vous, quel livre sur une personnalité historique avez-vous aimé ?

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