« Sur un air de fado » de Nicolas Barral (Dargaud, 2021)

Des illustrations réalistes aux couleurs douces qui nous emmènent directement dans les années 1960 ; une histoire dans l’Histoire qui interroge la responsabilité individuelle et l’inaction dans une société répressive.

Quatrième de couverture : « Lisbonne, été 1968. Depuis 40 ans, le Portugal vit sous la dictature de Salazar. Mais, pour celui qui décide de fermer les yeux, la douceur de vivre est possible sur les bords du Tage. C’est le choix de Fernando Pais, médecin à la patientèle aisée. Tournant la page d’une jeunesse militante tourmentée, le quadragénaire a décidé de mettre de la légèreté dans sa vie et de la frivolité dans ses amours. Un jour où il rend visite à un patient au siège de la police politique, Fernando prend la défense d’un gamin venu narguer l’agent en faction. Mais entre le flic et le médecin, le gosse ne fait pas de distinguo. Et si le révolutionnaire en culottes courtes avait vu juste ? Si la légèreté de Fernando était coupable ? Le médecin ne le sait pas encore, mais cette rencontre fera basculer sa vie… »

J’ai vraiment été emportée dans cette histoire qui nous présente un homme passif, Fernando Pais, sous la dictature de Salazar et dont les actions passées, le vécu quelques années auparavant, expliquent le positionnement présent. Un fuite de la mélancolie.

Si Fernando fait son travail de médecin sans être très regardant, nous voyons à travers lui et ses relations un aperçu de la censure, des arrestations arbitraires et des tortures, de l’organisation de l’opposition et des risques encourus. La vie peut se dérouler relativement tranquillement dans un régime autoritaire, à condition de ne pas poser de questions, de ne pas égratigner les opinions nationalistes et les mœurs rigides et conservatrices, et de fermer les yeux sur beaucoup de choses.

J’ai aimé que la remise en question de son quotidien par Fernando se fasse par la rencontre d’un enfant. J’adore quand les enfants et leur sens de la liberté et de l’injustice impactent les adultes et c’est le cas ici. Une rencontre qui va secouer Fernando et sa vie égocentrée.

Il est question de sacrifices, de regrets et de remords qui sont souvent le prix de l’engagement au coeur duquel des vies sont en jeu. Des conséquences qui poussent au renoncement au militantisme pour préserver ce qui peut encore l’être. Mais jusqu’à quand et jusqu’où peut-on vraiment accepter ?

Un roman graphique rythmé avec des personnages bien élaborés qui explore la réconciliation avec soi et avec les blessures du passé ainsi que la notion d’engagement. Une belle découverte, graphiquement élégante dans son classicisme et sa palette de couleurs, qui exprime l’importance de certaines rencontres dans les parcours individuels.

Comment ne pas découvrir des airs de fado après cette lecture ?

Je remercie les éditions Dargaud ainsi que NetGalley France pour l’accès à ce roman graphique en service de presse.

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Et vous, quelle œuvre sur la dictature de Salazar recommandez-vous ?

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11 commentaires

    1. Oui je comprends, ça aurait pu me lasser aussi mais je me sui surprise à vraiment me prendre au jeu. Comme pour les illustrations qui sont loin de ce que j’apprécie d’habitude et qui ont malgré tout fait leur effet. Après ça a été une bonne lecture, une belle surprise, mais pas un coup de cœur.

      Aimé par 1 personne

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