« Né coupable » de Florence Cadier (Talents hauts, 2020)

Ce roman pour adolescents explore le racisme aux États-Unis (particulièrement dans le sud) dans les années 1940, la justice expéditive qui y est liée ainsi que l’horreur de la peine de mort. Une fiction inspirée de faits réels qui sensibilisera les lecteurs et lectrices dont les valeurs citoyennes se construisent.

Quatrième de couverture : « Le 23 mars 1944, alors que l’Amérique a le regard tourné vers la fin du conflit en Europe, la ségrégation bat son plein en Caroline du Sud. George Stinney, jeune Afro-Américain de 14 ans, est arrêté pour le meurtre de deux fillettes blanches. Le garçon, qui reconnaît les avoir croisées quelques heures avant leur disparition, est le coupable parfait aux yeux du shérif, des parents des victimes et de toute la société. »

La littérature jeunesse a aussi des choses à apprendre aux adultes, j’en suis convaincue et ce roman me l’a notamment prouvé car je ne connaissais pas l’histoire du jeune George Stinney. Pourtant son histoire impacte encore le présent car en 2014 son procès et la sentence qu’il a dû affronter ont été révisés (sans que les charges retenues contre lui en 1944 n’aient été totalement abandonnées).

C’est l’histoire d’un jeune garçon noir au mauvais endroit au mauvais moment, qui va croiser deux fillettes. Plus tard, elles seront retrouvées assassinées et George fera le coupable idéal. Agé de 14 ans, il sera arrêté et jugé comme un adulte, subira les pratiques plus que controversées de l’époque (ses aveux sont faux, obtenus de force), sera séparé de sa famille, aura un jugement expéditif (sans avoir pu consulter son avocat au préalable et face à un jury composé intégralement de personnes blanches dans un État ségrégationniste) jusqu’à l’annonce de la sentence : la peine de mort, sur la chaise électrique. Un enfant assassiné qui symbolise à la fois le racisme institutionnel et l’abomination de l’erreur judiciaire irréparable, la barbarie de la peine de mort.

Décédé le 16 juin 1944, Georges Stinney est le plus jeune condamné à mort aux États-Unis au cours du 20ème siècle.

Je regrette qu’on ne reconnaisse pas plus le visage de George Stinney sur la couverture et que quelques coquilles se soient glissées dans le texte (dont une confusion de prénom), mais ce roman historique reste efficace tout en étant adapté à de jeunes adolescents. Il transmet de fortes émotions : le sentiment d’injustice met en colère, l’incroyable inextricabilité de la situation impose pourtant au lecteur de ne pas pouvoir se résoudre à sa fatalité, le manque d’empathie des autorités révolte, la douceur et la candeur du personnage de George émeuvent, l’amour de sa famille réconforte en même temps que son impuissance subie brise le coeur, la révolte et la tristesse de la fin.

Cette lecture sera autant la découverte d’une histoire honteuse des États-Unis qu’un voyage dans le vaste monde des émotions humaines. Un roman bien amené et facile d’accès dès 13 ans.

De Florence Cadier je suis désormais curieuse de découvrir La faute de Rose (Thierry Magnier, 2012) et Dans l’ourlet de nos jupes (Talents hauts, 2017).

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Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Pas de chronique trouvée pour le moment.

Et vous, connaissiez-vous l’histoire de George Stinney ?

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