« La lettre de Buenos Aires » de Hubert Mingarelli (Buchet/Chastel, 2011)

Il y a un an jour pour jour, mon auteur français préféré s’en allait. Les écrits restent et confèrent à leurs auteurs une part d’immortalité. Aujourd’hui j’ai naturellement envie de vous parler de ce recueil de nouvelles de Hubert Mingarelli. Neuf histoires qui révèlent la délicatesse de cet auteur et son talent pour décrire les failles humaines et les solitudes.

Quatrième de couverture : « Comme souvent dans ses livres, l’auteur raconte des errances. Le monde, autour, est menaçant, même si la nature contient encore la beauté des choses. Sur la route, des personnages vivent leur voyage. Les vies les plus humbles possèdent leur mystère et leur tragédie. Hubert Mingarelli sait les dévoiler au lecteur avec pudeur et poésie. »

Comme toujours avec Hubert Mingarelli nous suivons des hommes de tous âges dans des situations souvent modestes, confrontés aux fantômes du passé ou à eux-mêmes, aux remous de l’histoire ou à leur rapport aux autres. Les femmes sont présentes par touches subtiles, parfois par leur douloureuse absence, parfois par leur passage tendre dans la vie d’un homme, souvent insaisissables.

Comme dans beaucoup de ses romans, Hubert Mingarelli nous propose des environnements maritimes ou liés à l’eau. Ce monde de la marine qu’il a lui-même connu durant quelques années. Un univers masculin qui peut se révéler cruel, un microcosme qui tangue et crie le manque de la terre. Egalement le froid et la neige, contexte qui revient à plusieurs reprises dans son oeuvre, la rigueur de la saison qui clôt l’étape d’une vie avant un recommencement ou qui peut la rompre définitivement.

D’un père et un fils qui campent à un homme qui s’écroule dans la rue à proximité des docks, en passant par un homme qui s’isole dans une forêt, un homme vieillissant et perdant la mémoire, deux soldats rentrant chez eux dans un hiver mortel ou encore deux frères inséparables, chaque situation est pensée dans la complexité des émotions humaines et écrite dans une langue pensée et travaillée pour être simple, extraordinairement intimiste, une force pure.

Il ne faut pas que je lise trop souvent un nouveau roman ou recueil de nouvelles d’Hubert Mingarelli car j’appréhende de ne plus rien avoir de totalement nouveau à découvrir de lui. Mais à chaque fois que je me plonge dans ses lignes et dans sa pudeur pourtant très expressive, dans ses évocations, je me sens chez moi et je me sens bien. Il est le seul auteur qui pourrait me faire lire des centaines de pages sur la cueillette de champignons et des expérimentations de cuissons de galettes de farine, et ça c’est très fort.

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Et vous, quel est votre auteur•e français•e préféré•e ?

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