❤ « Mozart est un joueur de blues » d’Ernest J. Gaines (Liana Levi, 2006)

Pour mes 30 ans, j’ai choisi 30 livres d’occasion parmi lesquels j’ai donné une belle place à Ernest J. Gaines (1933-2019). Je ne connaissais pas cet auteur du célèbre roman Dites-leur que je suis un homme mais il m’a enchantée avec ce recueil de nouvelles. Son attention aux détails de la vie et à la complexité des sentiments humains m’a impressionnée.

Quatrième de couverture : « Quand le jeune Ernest J. Gaines n’était encore qu’un étudiant prometteur, l’un de ses professeurs l’interpella ainsi : Imagine que tu aies un pistolet sur la tempe et qu’on te pose la question, Pour qui écris-tu ? Sans hésiter Gaines répondit : Eh bien […], je dirais sans doute que j’écris pour les jeunes noirs du Sud, pour qu’ils sachent que leur vie vaut la peine d’inspirer des romans, et peut-être qu’ainsi je pourrai les aider à trouver qui ils sont. Imagine que le pistolet est toujours sur ta tempe et qu’on te demande quel autre groupe en particulier tu souhaiterais toucher, reprit le professeur. Eh bien alors, je dirais que j’écris également pour les jeunes blancs du Sud, pour qu’ils sachent qu’à moins de connaître celui qui est leur voisin depuis plus de trois cents ans, ils ne connaîtront que la moitié de leur propre histoire. Ce recueil, composé de nouvelles inédites éclairées par deux textes autobiographiques, vous donnera envie de lire toute son oeuvre. »

Je n’ai pas hésité longtemps à choisir ce recueil comme première lecture du Mois des nouvelles de cette année et je ne le regrette pas une seule seconde. Soyez averti•e•s, 2021 sera une année riche en lectures d’Ernest J. Gaines.

Ce livre se compose de cinq nouvelles écrites entre 1956 et 1966, accompagnées d’une préface et d’une postface de l’auteur. Ces deux textes autobiographiques éclairent son parcours et sa démarche d’auteur qui s’est investi corps et âme à décrire le Sud et la vie de personnes noires dans ce Sud. Chacune de ces nouvelles a un aspect banal sans l’être vraiment : nous avons des situations du quotidien, familiales et/ou amicales, mais des éléments nous rappellent le contexte ségrégationniste ainsi qu’une certaine rupture Nord-Sud.

Si chaque nouvelle a su me toucher j’ai été particulièrement émue par les enfants qui les traversent. J’ignore si l’auteur avait une nostalgie de l’enfance ou une admiration particulière pour l’innocence et la naïveté qui l’accompagne, mais j’ai trouvé ces personnages vraiment attachants et, finalement, pas si naïfs que ça dans le sens où ils n’acceptent pas toujours ce que les adultes font ou résistent à ce qu’ils voudraient qu’ils fassent, notamment quand cela concerne un certain passage à l’âge adulte du point de vue masculin ou quand il s’agit de protéger leur foyer.

J’ai aimé découvrir ce quotidien et chaque personnage peint avec précision, la diversité des caractères et des points de vue, j’ai senti des situations vraies et presque des souvenirs romancés mais infiniment réels. Ernest J. Gaines écrit un quotidien qui mérite vraiment d’être raconté et sa sensibilité le rend vivant à travers un large éventail d’émotions.

Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué  : Pas de chronique trouvée pour le moment.

Et vous, connaissez-vous cet auteur ?
Si oui, laquelle de ses oeuvres préférez-vous ?

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