❤ « Les Bosniaques » de Velibor Čolić (Editions du Rocher-Motifs, 2000)

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Il y a des livres qui vous marquent très longtemps, des rencontres littéraires dont vous savez que ce n’est qu’un début tant elles ont été puissantes. Cela a été le cas avec ce livre de Velibor Čolić. Depuis sa lecture, j’ai acquis plusieurs de ces livres, comme une nécessité, comme une évidence.

Quatrième de couverture : « Séparés par des uniformes différents, les Bosniaques ne sont réunis que dans la mort au front d’une guerre sans gloire.

En trois temps, Hommes, Villes et Barbelés, Velibor Čolić, réfugié du camp de Slavonski Brod, nous livre une succession de témoignages sur la guerre qui a déchiré l’ex-Yougoslavie. Ces très courts textes, presque des épitaphes, déploient sur le ton du constat tout le tragique et l’absurde de ces conflits.

Toujours au cœur d’une douloureuse actualité, ce livre bouleversant, qui en dit plus long sur la réalité de la guerre que bien des reportages, doit être reconnu comme l’un des plus importants et des plus justes sur un drame qui fait s’interroger l’Europe entière. »

De 1992 à 1995, la guerre dévaste la Bosnie-Herzégovine. Velibor Čolić a connu cette guerre. Il arrive à fuir en 1992 et arrive en France la même année. En 1994, ce livre paraît aux éditions Le Serpent à Plumes.

Divisé en trois parties : hommes, villes, barbelés, l’auteur transmet ce qu’il a consigné sur place avant de pouvoir s’échapper d’un camp d’internement serbe. Les petits textes qui composent ce livre nous parlent des hommes de tous uniformes mais aussi de celles et ceux qui n’en portent pas et qui ont été victimes d’exactions. L’ensemble nous dit l’horreur du nationalisme, de l’épuration ethnique et de la guerre dans toute sa complexité. Velibor Čolić met des mots percutants sur les actes générés par la haine, il rend compte des faits, des crimes, en même temps qu’il rend hommage à des personnes broyées par les événements. Son écriture infiniment humaine et révoltée ne peut laisser aucun•e lecteur•trice indifférent•e.

Il est ici question de témoigner d’une guerre. L’auteur le fait par la voie de la dénonciation des violences et des injustices, par l’illustration des situations absurdes, par l’amour de l’humanité, d’un pays, de ses habitants et de ses patrimoines, par l’humour noir et la satire aussi. Une variété de tons qui font que la lecture est une succession de coups au cœur et de réflexions pour le lecteur. Réflexions qui, souhaitons-le, sont un rempart à la culture de la haine de l’autre.

Un livre courageux quand on se rappelle son année de parution et le parcours de son auteur, et dont le propos humaniste fait mémoire de cette part de l’histoire, et est un tombeau pour les oubliés.

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5 commentaires

    1. Oh oui, je pense vraiment qu’il faut le découvrir ! Je vais lire ses livres dans l’ordre chronologique (il faut dire que j’ai prêté certains de ses livres sans les avoir lus alors je m’arrange comme je peux), mais il me semble que « Manuel d’exil » est vraiment remarquable. Tu peux trouver une vidéo de l’auteur lors d’une rencontre dans une librairie (dispo sur YouTube) et c’est déjà très prenant de l’entendre parler de ce livre. Je te souhaite une très belle découverte en tout cas ! 🙂

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