❤ « Nouvelles » d’Edgar Hilsenrath (Le Tripode, 2020)

Dans ma bibliothèque dorment plusieurs romans d’Edgar Hilsenrath. Dès lors que l’on s’intéresse à la littérature de la Shoah, cet auteur s’impose à nous. Un style très particulier, grotesque et sans concession, qui s’avère parfois difficile à aborder.

Quatrième de couverture : « Ce recueil de nouvelles réunit des textes écrits par Edgar Hilsenrath sur une trentaine d’années. C’est un ensemble insolite, qui va de la farce au récit tragique, du témoignage au conte, en passant par le manifeste politique et la critique littéraire. Entre réminiscences et imaginaire, Edgar Hilsenrath raconte la Bucovine de son enfance, évoque l’écriture et la publication de ses trois romans les plus connus, invente une correspondance délirante entre un général et le coiffeur juif Itzig Finkelstein (alias le meurtrier de masse Max Schulz) – personnage principal de Le Nazi et le Barbier –, livre un éloge d’un de ses deux modèles – Erich Maria Remarque –, dénonce le néonazisme et fait une déclaration d’amour à la langue allemande.

On retrouve dans ces nouvelles d’Edgar Hilsenrath sa verve, son humour et son cynisme caractéristiques, mais on y découvre aussi un auteur plus sérieux, parfois amer, toujours engagé. Absurdes, drôles, acerbes, nostalgiques, souvent satiriques, les textes de ce recueil sont touchants de sincérité.

Où ai-je ma place ? Au fond, nulle part. Mon pays est dans ma tête. Tant qu’elle reste claire, tout va bien. (Edgar Hilsenrath) »

J’ai par le passé tenté de lire ses romans, malheureusement sans réussir à en venir à bout. Quand j’ai vu la parution de ce recueil de nouvelles je me suis dit que ce serait sûrement le meilleur moyen pour moi de vraiment réussir à rentrer dans sa littérature et, si cette théorie se confirmait, de pouvoir mieux appréhender l’intégralité de son œuvre par la suite.

Ça a été le cas.

Nombre des nouvelles de recueil sont très personnelles et m’ont permis de mieux cerner l’homme, son histoire, son engagement dans la littérature et dans la mémoire de la Shoah. J’avais besoin de réussir à décoder sa voix, ses choix, j’avais besoin qu’il m’aide à le comprendre et j’ai le sentiment de le connaître déjà beaucoup mieux.

En plus des textes personnels qui reviennent sur les différentes périodes de sa vie, toutes hantées par la Seconde Guerre mondiale qui a brisé sa jeunesse, Edgar Hilsenrath novellise plusieurs fois son personnage de nazi devenu coiffeur en Israël (narrateur du roman Le nazi et le barbier), il nous livre des fables, ses impressions sur l’écriture, son amour de la langue allemande et les difficultés rencontrées pour publier ses textes en Allemagne, sur la vie juive en Europe centrale et de l’Est, avant puis après la Shoah, sur la politique et la vie littéraire. Ce mélange autobiographique et romanesque se lit avec une facilité qui m’a énormément surprise, moi qui ai eu tant de mal à avancer dans ses romans.

Je me permettrai juste de souligner un petit manque à mes yeux : j’aurais aimé que l’année de publication de chaque nouvelle soit mentionnée, pour des questions de contextualisation.

Je me suis sentie proche d’Edgar Hilsenrath et je suis très reconnaissante que cet ensemble soit publié car il m’ouvre une nouvelle porte littéraire qui, jusqu’à présent, s’évertuait à rester fermée. Toute la bibliographie de cet auteur singulier m’attend désromais.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Pas de chronique trouvée pour le moment.


Et vous, quel est votre rapport au style littéraire de cet auteur ?

 

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7 commentaires

    1. Oh oui je viens de voir que tu as attrapé cette satanée Covid ! Prends bien soin de toi, le temps de te reposer et de te remettre, les livres seront là quand tu seras à nouveau sur pieds, prêts à t’accueillir, et nous aussi pour te lire ! 🙂

      Aimé par 1 personne

    1. Je vais profiter du mois « Les feuilles allemandes » pour lire cet auteur, et je pense basculer sur « Nuit » avant de poursuivre « Le nazi et le barbier ». J’ai l’impression, avec le recul, que ce sera plus logique dans la démarche littéraire de l’auteur. Mais en tout cas, pour l’avoir pas mal commencé, il faut quand même s’accrocher.

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