« Ce qu’il faut de nuit » de Laurent Petitmangin (La manufacture de livres, 2020)

A l’origine, ce roman ne faisait pas partie de ma sélection de la rentrée littéraire, mais les avis ont été si positifs dès sa parution que je me suis laissée tenter. Je dois reconnaître qu’il m’a été impossible de le fermer une fois commencé (pourquoi ai-je attendu qu’il soit si tard pour le commencer ?) et ce sont les yeux rougis et l’esprit troublé que je me suis rendue au travail quelques heures après sa lecture.

Quatrième de couverture : « C’est l’histoire d’un père qui élève seul ses deux fils. Les années passent et les enfants grandissent. Ils choississent ce qui a de l’importance à leurs yeux, ceux qu’ils sont en train de devenir. Ils agissent comme des hommes. Et pourtant, ce ne sont encore que des gosses. C’est une histoire de famille et de convictions, de choix et de sentiments ébranlés, une plongée dans le cœur de trois hommes.

Laurent Petitmangin, dans ce premier roman fulgurant, dénoue avec une sensibilité et une finesse infinies le fil des destinées d’hommes en devenir. »

Indéniablement, ce premier roman est annonciateur de prochains livres que je suis déjà impatiente de découvrir. Même si parfois la langue courante me semblait paradoxalement un peu trop ficelée, je me suis attachée à ce père qui nous parle de ses garçons, de sa famille qui fait, page après page, face à des vagues imprévisibles, violentes, dévastatrices.

Laurent Petitmangin nous parle de ce que l’on peut faire, de ce que l’on n’ose pas faire, des émotions qui nous renferment et nous blessent, nous éloignent alors même qu’elles sont liées aux êtres les plus proches de nous. Il nous parle d’un père qui a fait en sorte de transmettre des valeurs à ses enfants et qui se confronte à leur passage à l’âge adulte, au moment où ils font leurs propres choix et se façonnent leur propre monde. Et parfois ce monde en construction est très éloigné de ses idéaux. Qu’a t-il manqué ? Où a t-il commis une erreur ? Oui, le décès de la maman a été un immense séisme dont chacun a eu du mal à se relever, lui le premier. Mais est-ce la seule raison ?

Car il est aussi question d’un espace de détresse sociale, un monde où les usines ferment, où l’emploi est difficile à trouver, où les études ne sont pas faciles à continuer. Comme si tout était joué d’avance et que les cartes te désignaient perdant par principe, car il est terriblement difficile de quitter ces terres gorgées de détresse et de colère. Entre le sentiment d’injustice et la haine, il y a quelques pas, quelques nuits.

L’auteur, en plus d’entrer doucement dans l’intimité d’une famille, montre aussi la facilité avec laquelle nous pouvons emprunter un chemin, la séduction à l’œuvre dans certains milieux, la violence aveugle qui conduit à l’irréversible. Il nous propose aussi le regard d’un homme qui voit grandir ses fils, encore petits et innocents hier, désormais adultes et responsables de leurs actes qui ne sont plus des jeux.

Plus fort encore, il exprime l’amour. Cet amour inconditionnel qui se dévoile petit à petit, qui connait des remous mais qui fait comprendre que quoi que fasse un homme, ses parents ont le droit de continuer à l’aimer comme leur fils, et on ne pourrait les condamner pour cela.

Un texte qui absorbe, surprend, émeut. Un texte qui vous fera garder les yeux et le cœur ouverts. Un texte qui parle de la complexité des émotions humaines et des nuits qu’il faut, aussi, pour pardonner et se pardonner.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : A venir


Et vous, quel premier roman avez-vous découvert avec enthousiasme en cette rentrée ?

 

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