« La chasse aux âmes » de Sophie Blandinières (Plon, 2020)

Les romans sur la Seconde Guerre mondiale et, plus précisément, sur l’histoire de la Shoah échappent rarement à mon attention. Celui-ci me rendait très curieuse car axé sur le sauvetage des enfants du Ghetto de Varsovie.

Quatrième de couverture : « L’Histoire bouscule les âmes, la perversité de l’occupant nazi qui veut corrompre, voir ses victimes s’autodétruire et met en place un jeu ignoble dont l’objectif est de survivre, à n’importe quel prix : vendre son âme en dénonçant les siens ou ses voisins, abandonner ses enfants affamés, ou sauver son enfant, lui apprendre à ne plus être juif, céder son âme au catholicisme pour un temps ou pour toujours en échange de sa vie.

Pour survivre, il faut sortir du ghetto. Par tous les moyens.

Trois femmes, une Polonaise, Janina, et deux juives, Bela et Chana, vont les leur donner. Elles ont organisé un réseau clandestin qui fait passer le mur aux enfants et leur donne, pour se cacher en zone aryenne, une nouvelle identité, un nouveau foyer, une nouvelle foi, polonais et catholiques. »

Je ressors de cette lecture plutôt mitigée (et bien embêtée car j’aurais vraiment aimé être convaincue par ce roman porteur de promesses mémorielles). Pourtant, l’ouverture de l’histoire avait de quoi éveiller l’intérêt : Joachim, le père du narrateur, décédé au moment du récit, a été jugé pour l’assassinat d’un homme en Pologne alors qu’il s’était installé en France et y avait fondé une famille. Pourquoi ce meurtre ? Que peut nous dire l’histoire dans la motivation de cet acte ? Le fils trouvera-t-il les réponses qu’il cherche en se rendant à Varsovie ?

Au coeur du propos, les âmes : vendues, achetées, négociées, broyées, meurtries, assassinées. Et, parfois, sauvées.

S’il permet de revenir sur l’invasion de la Pologne par l’armée Allemande, sur la mise en place des lois antisémites, l’instauration du Ghetto de Varsovie jusqu’à la mise en pratique de la « solution finale », le rythme du récit ne m’a pas convenu.

Tout se déroule très rapidement, trop rapidement. Dans une prison à ciel ouvert coupée du monde où, j’imagine, chaque seconde revêt une durée interminable, le rythme presque enfiévré de l’écriture m’a déstabilisée. J’ai eu le sentiment que l’auteure voulait nous dire beaucoup de choses – et il y a beaucoup à dire, c’est vrai – en trop peu de temps. Finalement, tout s’enchaîne à toute vitesse, avec des détails qui, à mes yeux, n’ont pas toujours servi le propos. De fait, je me suis rapidement essoufflée malgré mon attachement pour les personnages au cœur du roman et mon intérêt pour le sujet. C’est tout à fait personnel, mais sur des thématiques particulièrement sensibles je préfère la sobriété. Le sujet est tellement fort qu’il n’y a pas forcément besoin de plus.

Rapidement, des personnages enfilent les vêtements et les parcours d’hommes et de femmes qui ont réellement existé et que nous pouvons reconnaître très facilement. Je n’ai pas compris l’utilisation de noms fictifs dans ce cadre. Est-ce pour bien rappeler l’espace de la fiction ? Cela s’entend. Dans mon cas, cela m’a fait me distancier car si l’on met en avant le rôle réel de personnes qui ont pris tous les risques par humanité, parfois jusqu’à se sacrifier, j’ai besoin que leurs noms soient présents. La note en fin de roman a été bénéfique sur ce point.

En fin de compte, ce n’est pas un roman qui me restera en mémoire mais s’il peut toucher des personnes qui n’ont pas l’habitude de lire sur la Shoah, c’est un aspect positif que je ne peux négliger.

Je tiens à remercier les éditions Plon ainsi que la plateforme NetGalley de m’avoir permis d’accéder à ce roman en avant-première.

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5 commentaires

    1. Avec plaisir. 🙂 Etant donné mon avis pas très enthousiaste, ça me paraît important de proposer d’autres chroniques. ^^ J’ai aimé l’idée de se positionner à hauteur d’enfants, mais je n’ai pas apprécié la mise en mots. 🙂 Je te souhaite aussi une très belle journée et de belles lectures ! 🌸

      Aimé par 1 personne

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