« Knock Out ! » de Reinhard Kleist (Casterman, 2020)

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Auteur régulier de la collection écritures chez Casterman, je découvre Reinhard Kleist avec cet album touchant et engageant. Si la boxe n’est pas un sujet récurrent dans mes lectures, cette biographie questionne bien plus largement une histoire personnelle, la société américaine et l’homophobie dans le monde du sport à l’échelle internationale.

Quatrième de couverture : « Une ville, la nuit. Un homme est passé à tabac dans une ruelle par un groupe hurlant des insultes homophobes. Abandonné en sang dans le caniveau, il est abordé par une mystérieuse silhouette encapuchonnée, qui recueille sa confession. Né en 1938 dans une île des Caraïbes, Emile Griffith émigre aux Etats-Unis après la Seconde Guerre mondiale, où, devenu modiste, il confectionne des chapeaux pour femme. Jusqu’au jour où son patron repère son impressionnante musculature, due à une jeunesse passée à trimer dans des exploitations agricoles, et le présente à un entraîneur de boxe. Doué, Emile va rapidement grimper les échelons, mais avec le succès viennent la jalousie et les injures contre ce boxeur qui préfère les hommes… Le tragique destin du premier champion du monde de boxe homosexuel. »

Emile Griffith est un jeune homme passionné par la mode, en particulier par les chapeaux. Un jour, au travail, son employeur constate son physique d’athlète, parfaitement taillé pour la boxe. Les dés sont jetés : le tendre Emile va devenir un champion malgré son caractère qui ne supporte pas la violence. Parce que la lumière rend ivre, parce que l’argent permet de vivre, parce qu’il est tout simplement doué. Parce que la boxe, également, est l’un des rares sports accessibles hors cursus universitaire et dans un contexte ségrégationniste.

Emile enchaîne les victoires, Emile veut vivre sa vie personnelle librement dans un monde majoritairement hétérocentré et prisonnier des stéréotypes ultravirils de son sport. Il va devoir affronter les provocations et les humiliations, jusqu’aux coups de trop. Ces coups qui vont hanter ses jours et ses nuits, qui vont le poursuivre comme un fantôme sur le ring et dans la vie. Ces coups donnés à Benny Paret. La violence s’exercera aussi contre Emile en dehors des matchs, celle-ci ouvrant d’ailleurs le roman graphique.

L’histoire que nous raconte Reinhard Kleist fait malheureusement écho à de nombreuses autres depuis : le roman graphique se termine sur un dossier documentaire passionnant qui fait un état des lieux sur l’homophobie mais aussi sur la misogynie dans la boxe. Force est de constater qu’il y a encore pas mal de boulot pour faire tomber les murs des discriminations que ce soit dans le sport ou dans la vie quotidienne.

Je pense me diriger prochainement vers le roman graphique Le boxeur (Casterman, 2013) pour découvrir un peu plus Reinhard Kleist.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Comics InsideMes pages versicolores


 

Et vous, quels livres sur la boxe avez-vous aimés ?

 

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