« Le jour de la cavalerie » d’Hubert Mingarelli (Points, 2003)

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Un jour avec un petit coup de mou ? J’opte pour du Hubert Mingarelli, car il a le pouvoir de me faire sentir chez moi au creux de ses mots. Et cette phrase, cette impression, je ne suis pas près de les conjuguer au passé.

Quatrième de couverture : « Une ferme, quelque part dans le Sud des États-Unis. Une journée torride. Samuel s’occupe de la vieille, paralysée dans son fauteuil, muette. À Samuel de faire les questions et les réponses, de meubler de ses rêves une journée entière. Seules deux personnes passeront entre le lever et le coucher du soleil : Chester, qui ferait bien une partie de chasse, et Homer, qui raconte la mer, les bateaux… »

Publié une première fois, en 1995, aux éditions Seuil jeunesse, ce court roman au temps suspendu a été réédité chez Points en 2003, cette fois-ci à l’adresse d’un public adulte. C’est un détail éditorial qui m’a surprise, n’ayant pas l’impression que ce soit courant. A la lecture, j’ai compris ce choix même si le texte peut sans problème s’adresser à des adolescents.

Samuel semble être un jeune homme plein de compassion et de colère. De la compassion pour une vieille femme qui ne peut ni se déplacer ni parler, dont il s’occupe au quotidien, l’accompagnant dans ses besoins mais, aussi, la distrayant avec de petits jeux d’acteur et des conversations dans lesquelles il habite leurs deux rôles. De la colère pour le vieux, qui fait peur, qui file des dérouillées aux vapeurs d’alcool, qui écrase et étouffe la maison et les rêves qu’elle abrite.

Car il est question de cela, de rêves pour vivre mieux, pour s’épanouir et améliorer sa situation, pour peut-être, un jour, voir un ailleurs. Ces rêves qui enthousiasment et peuvent éclairer une journée de tous leurs possibles, puis qui affrontent le crépuscule.

Dans un court roman, Hubert Mingarelli nous parle de la violence domestique, de l’enfermement dans une vie trop étroite, de l’enfermement dans un corps qui ne répond plus, de la construction d’une virilité qui repose sur des comportements attendus, de la confrontation à la réussite des autres qui reflète sa propre situation, du manque d’ailleurs, de la solitude. Un roman qui se lit sur les lignes et entre elles, un instant volé au quotidien de personnages coincés dans un cycle sans fin.

Peut-être que demain les choses changeront. Peut-être…

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Pas de chronique trouvée pour le moment.


 

Et vous, quel roman pour la jeunesse auriez-vous plus vu pour adulte et inversement ?

Est-ce que la frontière entre les deux n’est-elle pas parfois poreuse, finalement ?

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7 commentaires

    1. « Un repas en hiver » est comme un souffle retenu du début à la fin, il m’a aussi fait très très forte impression (même si j’ai trouvé la quatrième de couverture un peu optimiste quant au réveil de l’humanité). Je pense que celui vers lequel aller après cette première lecture est « Quatre soldats ». C’est une véritable pépite. ♥ Tu peux retrouver la Seconde Guerre mondiale aussi dans le dernier paru « La terre invisible ». Il n’a pas été un coup de coeur mais une très belle lecture malgré tout (il sort en poche chez Points courant août). En tout cas je ne peux que te souhaiter de très belles lectures avec cet auteur que j’aime d’amour.

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