« L’oiseau » d’Oh Jung-hi (Seuil, 2005)

L'oiseau Oh Jung-hi

Premier roman lu dans le cadre du challenge coréen organisé par Cristie du blog Depuis le cadre de ma fenêtre, Oh Jung-hi propose aux lecteurs•rices un texte intimiste qui m’a immédiatement fait penser à la situation des enfants séparés de leurs parents dans les campagnes chinoises dont Golo Zhao avait notamment parlé dans Poisons.

Quatrième de couverture : « Une petite fille raconte. La mère est morte. Le père est au loin, sur des chantiers. Elle s’occupe de son jeune frère, Uil. Une jeune marâtre sortie d’un bordel ne fait qu’un bref passage, vite chassée par la violence conjugale. Les enfants, peu à peu, se retrouvent seuls. Sous les regards compatissants mais aveugles ou impuissants d’un voisinage misérable et d’une société brisée, la fillette, peu à peu, reproduit sur le petit garçon la violence du père sur la figure maternelle. Le monde tendre de l’enfance est inexorablement fissuré, l’humanité pulvérisée laisse apparaître l’abîme côtoyé par l’enfant en chacun de nous. »

La solitude et l’isolement sont au coeur de ce roman. Deux enfants dont le père se déleste auprès de la famille, celle-ci les accueillant comme une corvée. Un jour, le père revient les chercher et annonce qu’il a une nouvelle femme. La vie devrait pouvoir reprendre mais la violence du père et l’ennui de la nouvelle femme dans ce nouveau rôle marital vont mener la jeune aînée (narratrice du roman) à s’occuper seule de son petit frère Uil. Mais quand on est une enfant on ne peut être un substitut de mère.

Voir les jours passer à travers les yeux de la petite fille, comprendre à travers sa naïveté la réalité des situations, les risques pris, les dangers qui rôdent, la violence qui germe également en elle, a été poignant. Et toujours cet espoir de l’enfance, mais pourra-t-il vraiment tenir ?

Si le roman se concentre sur cette situation dramatique qui chaque jour avance un peu plus vers un dénouement tragique, l’auteure explore d’autres thématiques : la violence d’un père, la pauvreté de façon générale, l’homophobie, les croyances populaires, les familles brisée par des accidents de la vie, la jeunesse abandonnée et marginalisée, l’aide sociale qui voit ce qu’elle veut voir.

En peu de pages Oh Jung-hi parle simplement d’une part de la société abandonnée dans laquelle les enfants sont les premières victimes. S’il n’a pas été un coup de cœur, ce roman m’a marquée par la simplicité des mots utilisés pour décrire la complexité et la dureté des situations que vont vivre les deux enfants. Une simplicité qui porte une justesse et qui m’invite à découvrir d’autres romans de cette auteure.

Pour en savoir plus

Challenge coréen


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Pas de chronique trouvée pour le moment.


 

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7 commentaires

  1. Je le note Usva ! Merci pour ta participation !
    J’ai crée un emplacement spécial pour mes livres coréens aussi ! 😉 Sincèrement, je vais de ravissement en ravissement. J’aime cette littérature et le cinéma coréen n’est pas en reste !

    Aimé par 1 personne

    1. Je vais prendre le temps ce week-end de parcourir les autres chroniques du challenge et je crois que ma liste va s’allonger ! ^^ Merci encore et encore pour ce challenge qui crée aussi pour moi de nombreuses pistes de découvertes ! ♥ J’ai lu le roman graphique « Jiseul » qui m’ouvre justement plus sur le cinéma coréen (car adapté d’un film qu’il me faut voir avant de faire une chronique complète) et vraiment, j’ai été immensément touchée. ♥ Il faudrait que je fasse ce genre de challenges pour toutes les cultures du monde mais je crains qu’une vie ne soit malheureusement pas suffisante.

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