« Des bleus au cartable » de Muriel Zürcher (Didier jeunesse, 2020)

71YfaZkRV2L

Parmi les livres parus juste avant le confinement, il y a ce très joli livre pour la jeunesse. Refroidie dernièrement avec ce genre, j’ai mis un peu de temps à le découvrir et j’en suis sortie séduite. Il sera offert sans aucun doute à l’un de mes neveux dès qu’il aura l’âge conseillé.

Quatrième de couverture : « La rentrée en sixième n’est pas toujours facile. Dès le premier jour, Ralph fait de Lana son bouc émissaire et tous les moyens sont bons pour la tourmenter. Zélie, elle, préfère regarder ailleurs ; pas question d’être une balance, surtout quand on veut être aimée et populaire dans sa classe.

Lana va-t-elle se laisser faire ? Et pourquoi Ralph agit-il ainsi ? Tour à tour, Lana, Ralph et Zélie racontent l’histoire.

Loin de tout manichéisme, un roman qui invite à la réflexion sur le harcèlement. Dès 11 ans. »

L’histoire se déroule autour de trois personnages : Zélie qui veut absolument faire partie des élèves populaires pour cette rentrée en sixième, Ralph qui impose son autorité sur les autres pour mieux cacher des douleurs personnelles et Lana qui va faire les frais de cette colère.

Un schéma assez classique, c’est vrai, raconté autour des trois points de vue tressés pour mieux dessiner les différents rouages d’une situation de harcèlement scolaire.

L’auteure nous parle de l’importance que peut représenter la réputation pour certains adolescents. Quand l’école devient un microcosme dans lequel une hiérarchie s’établit déjà. Quand le regard des autres prend le dessus sur ce que nous sommes et que l’autre, en apparence, ne convient pas à nos critères de coolitude. Alors l’autre, il ne faut surtout pas qu’il nous approche, salisse une réputation longuement travaillée à coup de tutos. Il ne faut pas s’en mêler, quoi qu’il arrive.

Il y a aussi l’idée qu’un garçon, devenant grand, doit en imposer, s’imposer. Alors quand Lana est témoin d’une scène qui fait honte à Ralph, il va devoir lui faire comprendre qu’elle n’a pas intérêt à parler. Et tous les coups sont permis. Ici, le harcèlement vient de la honte, d’une colère détournée vers une personne qui semble vulnérable plutôt que vers son origine réelle.

Enfin, il y a Lana. Une jeune fille qui ne colle pas aux attendus des autres, avec un cartable de bébé qui a son importance dans l’histoire et qui peut réveiller chez le lecteur certains souvenirs (plus ou moins frais). Elle subit, supporte, attend que ça passe jusqu’au jour où…

De ces trois personnages, de leurs parcours, va s’installer une histoire tragiquement banale (mais avec des chats, aussi). Une histoire très abordable qui va tricoter puis détricoter les fils du harcèlement.

Ce roman a définitivement le mérite d’être aussi intéressant qu’abordable et de faire germer pas mal de graines, je pense, dans l’esprit des préados : sur les comportements de harcèlement, sur les victimes et la peur de dire, sur le fait de voir et de ne rien faire par crainte de devenir une balance ou de ne plus être populaire, sur le rôle que doivent aussi assumer les équipes pédagogiques et l’administration face à ces situations. Un roman, au final, pédagogique.

Je tiens à remercier NetGalley France et les éditions Didier Jeunesse de m’avoir fait parvenir ce livre en service de presse.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : …Et tout droit jusqu’au matinLes voyages de LyLivrissimeOn bookinehyphenationDes mots aux livresSonge d’une nuit d’été


 

Et vous, quels livres mettriez-vous immédiatement entre les mains d’un•e préado ?

3 commentaires

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s