❤ 👁 « Avant le repos » d’Elena Gianini Belotti (Editions do, 2020)

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Vous vous demandez quel livre vous achèterez dès la réouverture des librairies ? Ne cherchez plus, il est là !

Quatrième de couverture : « L’histoire d’Italia Donati, une jeune enseignante de la campagne de Pistoia, en Toscane, qui, victime de sa beauté et de son inexpérience, harcelée et persécutée par des rumeurs mensongères, est poussée vers le seul geste qui puisse laver sa réputation. Martyre de l’obscurantisme, esclave de son appartenance à un genre qui ne comptait pour rien et ne pouvait donc être éduqué, empêchée de vivre, Italia acquit une gloire posthume en étant célébrée par le Corriere della Sera. Son nom est ainsi venu s’ajouter à la longue liste des femmes qui tentèrent de se libérer de la domination imposée par les hommes. Inutile d’insister sur l’importance de raconter une fois encore l’histoire d’une femme dont la fin fut tragique inutile de dire à quel point elle trouve des échos dans notre monde actuel inutile d’expliquer combien il est nécessaire de faire connaître cette terrible destinée. »

Ce roman est de ceux qu’on commence et qu’on ne peut plus reposer. Nous faisons la connaissance d’Italia, dernière des enfants de la famille Donati, qui aura l’opportunité de devenir institutrice. Un métier qui lui permettra de s’épanouir mais aussi et surtout d’apporter une aide financière essentielle à sa famille extrêmement modeste. Jusque là, l’avenir lui tend les bras. Mais, en passant son examen, elle ignore qu’elle fait désormais partie d’un cimetière invisible : celui des institutrices soumises aux diverses pressions des hommes de qui dépendent leurs postes, des populations qui ne voient pas l’éducation obligatoire de leurs enfants d’un bon œil, encore moins quand elle vient de jeunes femmes.

Suivre Italia dans ce qu’elle va devoir affronter dans le petit village de Porciano est une réelle épreuve pour le lecteur. J’ai rarement ressenti une telle tension lors d’une lecture et c’est ce qui rend ce livre si important à mes yeux. Le processus destructeur est suivi du début à la fin, porteur de conséquences, de réactions, d’espoirs et de sentences, encore et encore. C’est un cycle pervers dont on a l’impression qu’il ne s’arrêtera jamais car il y a toujours une bonne raison paranoïaque qui justifie le sort de la jeune femme. L’odeur du sang excite la foule et la douleur d’Italia nous habite un peu page après page, on se défend avec elle et aimerait pouvoir lui crier qu’on la croit, qu’on l’entend, qu’on est là pour elle, tout simplement.

Ce portrait de femme (outrageusement oubliée comme ses consœurs) est aussi le portrait d’une société sexiste dont la hiérarchie et le pouvoir sont indéniablement phalliques. Et, de ce livre, on ne peut s’empêcher de faire certains parallèles avec le monde actuel dans lequel on détruit des vies de femmes à coups de mensonges, de rumeurs ou de jugements purement haineux. Inquisition populaire des mœurs.

Ce roman est tiré de faits réels. On ressort de sa lecture avec le sang glacé et avec cette colère qui peut permettre de ne plus accepter les mentalités destructrices, mortifères. Cette bave venimeuse qui se répand aujourd’hui énormément sur les réseaux sociaux, où l’anonymat donne encore un sentiment de toute puissance et d’impunité, où des foules numériques dévorent leurs cibles avec frénésie. On pense également au harcèlement scolaire qui continue à faire des victimes, de très jeunes victimes.

J’ai aimé ce roman et Italia de tout mon cœur et j’aurais aimé aussi que sa terrible réalité n’existe pas. J’aurais aimé que cette histoire (et les autres qu’elle rappelle) n’ait pas été et qu’elle ne trouve pas non plus d’écho aujourd’hui. J’aurais aimé.

Avec ce roman Elena Gianini Belotti fait mémoire avec force et ne laisse personne indifférent. Je vous en prie : lisez-le, partagez-le, offrez-le.

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Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : PRO/PROSE MAGAZINE


 

Et vous, quel portrait littéraire de femme vous a bouleversé ?

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3 commentaires

  1. Ton avis m’a eue ! Il passe en top list. J’adore ce genre d’histoires tirées de faits réels, sur des femmes qui ont essayé…
    Tu devrais lire À la grâce des hommes. Ton livre m’a fait penser à celui-ci… Un livre dont on sort à la fois plus forte mais aussi plus lourde en émotions…

    Aimé par 1 personne

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