« Deuils » d’Eduardo Halfon (Quai Voltaire, 2018 ; Le Livre de Poche, 2020)

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J’ai entendu parler de cet auteur il y a maintenant plusieurs mois et j’avais hâte de le lire. J’ai rencontré une plume qui m’a très vite touchée, un sens de l’enfance et du questionnement des origines marquant.

Quatrième de couverture : « Il s’appelait Salomón. Il est mort à l’âge de cinq ans, noyé dans le lac d’Amatitlán. C’est ce qu’on me racontait, enfant, au Guatemala.

Le narrateur éponyme d’Eduardo Halfon voyage au Guatemala à la recherche de secrets qui le hantent. Il tente de démêler le vrai du faux parmi les histoires contradictoires et interdites de la famille de son père. Et plus particulièrement l’histoire de son oncle Salomón qui s’était noyé, enfant, dans le lac Amatitlán. De quoi Salomón est-il vraiment mort ? Plus il avance, plus le narrateur comprend que la vérité réside dans son propre passé enfoui, dans la brutalité du Guatemala des années 1970 et son exil en Floride.

Un roman profond et émouvant, qui appuie la réputation de son auteur, un de ces écrivains qui savent dire beaucoup en peu de mots. »

Une histoire muette habite la famille de l’auteur : le décès d’un enfant de cinq ans. Cet enfant, s’il ne s’était pas noyé serait devenu son oncle. D’une photographie trouvée alors qu’Eduardo était enfant à la recherche de réponses de l’âge adulte, l’auteur appelle les souvenirs, les impressions, les convictions et les zones d’ombres de la mémoire.

Ce roman est la recherche de la vérité en même temps qu’une quête familiale. Il s’agit de donner une histoire plus concrète à ce disparu qui fut un sujet tabou pour la famille, une douleur quotidienne, un silence qui pouvait en dire beaucoup.

Entre les moments remontés du passé et le présent de la recherche, Eduardo va trouver des réponses à ses questions mais également celles qu’il ne se posait pas. D’un enfant, la mémoire disparus tragiquement est convoquée.

L’auteur nous parle d’un sujet qui touche de nombreuses familles : les tabous et les histoires couvertes d’un voile, confuses pour les générations qui suivent et pour qui il manque les pièces de l’arbre généalogique. Il nous parle aussi de ce que l’on croit comprendre lors de l’enfance, des confusions, des constructions de vérités, du glanage d’informations pour recréer la vie de l’absent.

Entre douceur et une franchise à l’humour parfois mordant, Eduardo Halfon nous invite dans un roman intimiste, passionnant. Inutile de vous préciser que je vais me jeter sur ses autres romans. Ma priorité, celui qui m’a fait connaître son nom : Le boxeur polonais.

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5 commentaires

    1. Je l’ai trouvé très joli, il interroge l’enfance et l’interprétation du passé familial. 🙂 Après son plus connu et reconnu est « La boxeur polonais » qui est sur le grand-père de l’auteur et une partie de sa famille déportée. Ce sera mon prochain sans aucun doute. 🙂

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