👁 « Les enfants s’ennuient le dimanche » de Jean Stafford (Editions do, 2019)

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J’adore les nouvelles et pourtant j’en lis assez peu, alors quand j’ai vu ce titre j’ai sautĂ© dessus. En route pour la dĂ©couverte d’une auteure amĂ©ricaine ayant vĂ©cu entre 1915 et 1979 et qui a obtenu le prix Pulitzer de la Fiction en 1970.

QuatriĂšme de couverture : « Les enfants s’ennuient le dimanche rĂ©unit quelques-unes des nouvelles les plus caractĂ©ristiques et les plus cĂ©lĂšbres de Jean Stafford. Elle en a Ă©crit plus de quarante, publiĂ©es dans de prestigieuses revues, qui ont fait l’essentiel de sa rĂ©putation. The Collected Stories of Jean Stafford fut d’ailleurs un des rares recueils Ă  recevoir le prix Pulitzer de la fiction, en 1970.

La plupart de ses textes s’intĂ©ressent aux diffĂ©rentes pĂ©riodes de la vie de jeunes filles et de femmes, de l’enfance Ă  la vieillesse, cartographiant les peurs, les angoisses et les compromis auxquels elles doivent faire face. Les questions de quĂȘte de l’identitĂ© fĂ©minine, de marginalitĂ© et d’impuissance apparaissent dans toutes ses histoires, et l’ironie abonde dans ses contes d’amours perdus, de rĂȘves brisĂ©s et d’occasions manquĂ©es. Son style alterne entre le langage familier et rustique de Mark Twain et la prose Ă©lĂ©gante et raffinĂ©e d’Henry James, ses deux Ă©crivains favoris. »

Si toutes les nouvelles ne m’ont pas tenues en haleine avec la mĂȘme intensitĂ©, je ressors de ce recueil avec des coups de cƓur pour certaines. IndĂ©niablement, l’Ă©criture de Jean Stafford a ce quelque chose qui fait qu’on reste pendu Ă  ses mots, on veut savoir oĂč vont arriver ses personnages et quels coups la vie leur a jouĂ© avant qu’on les rencontre.

La langue est fluide, elle nous emmĂšne dans son Ă©poque mais porte malgrĂ© tout une modernitĂ© dans sa libertĂ© de ton. Il n’en faut pas moins pour dessiner ces huit portraits de femmes, trĂšs diffĂ©rents, parfois denses, parfois surprenants, toujours singuliers. Chacune porte un passĂ© et des blessures, et parfois des espoirs qui sont soumis aux alĂ©as de la vie. Jeunes, ĂągĂ©es ou en chemin parmi les saisons de la vie, leurs diffĂ©rents caractĂšres offrent un aperçu de l’infini diversitĂ© des personnalitĂ©s fĂ©minines et de leurs parcours au milieu du 20Ăšme siĂšcle.

Les aspects qui ont le plus retenus mon attention sont les vies marquĂ©es par les blessures, les manques, les frustrations, le fait de continuer Ă  se construire sur une basence pointĂ©e du doigts sans cesse par la sociĂ©tĂ© et qui, parfois, prend beaucoup de place dans le cƓur. J’ai Ă©galement Ă©tĂ© fortement marquĂ©e par les carcans qui enferment, que ce soit les milieux sociaux, le rĂŽle d’apparat poussĂ© Ă  l’extrĂȘme ou mĂȘme l’enfermement dans le regard d’autres femmes qui justifient une vie pensant bien faire.

J’ai enfin Ă©tĂ© trĂšs Ă©mue de dĂ©couvrir la part biographique prĂ©sente dans la nouvelle Le chĂąteau intĂ©rieur et je soupçonne que je sois aussi le cas dans Le traĂźneau, en rĂ©fĂ©rence Ă  son premier mariage qui se rĂ©vĂ©la difficile du fait de l’Ă©tat mental de son mari. Le mal-ĂȘtre psychique de ses personnages ont ce rĂ©alisme car elle a connu cet Ă©tat Ă  plusieurs pĂ©riodes de sa vie. Ces femmes, sous ses mots, deviennent alors presque rĂ©elles.

Une dĂ©couverte trĂšs intĂ©ressante qui mĂ©rite une nouvelle lecture de l’Ɠuvre de Jean Stafford pour confirmer cet intĂ©rĂȘt.

Pour en savoir plus

 


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Et vous, vous ennuierez-vous dimanche ?

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