« Sengo – Tome 1 : Retrouvailles » de Sansuke Yamada (Casterman, 2020)

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En croisant ce manga, j’ai eu le sentiment qu’il abordait l’histoire japonaise d’une façon assez unique dans ce genre littéraire. Intéressée par cette période de l’histoire et par les parcours individuels, il n’a pas eu à beaucoup se défendre pour arriver entre mes mains impatientes.

Quatrième de couverture : « 1945, le Japon est vaincu. De retour au pays, deux soldats qui se sont connus sur le front, le bon vivant Kadomatsu et le désenchanté Toku, se retrouvent par hasard dans un Tokyo détruit et occupé par l’armée américaine. Entre débine et combines, marché noir et prostitution, la question quotidienne de la survie est si cruciale qu’elle éclipserait le désespoir chevillé à ces âmes vaincues. Malgré tout, au fil des nouvelles solidarités qui se nouent dans l’adversité, c’est bel et bien la vie qui regagne du terrain. »

Je dois dire que ce premier tome a été une claque. Les deux personnages masculins sont touchants, chacun à sa façon car très différents. L’un, Toku, dirigeait durant la guerre un groupe de soldats parmi lesquels se trouvait l’autre homme, Kadomatsu. Toku est revenu effondré et est rongé par la culpabilité, Kadomatsu cherche à reconstruire un quotidien sur les ruines du Japon vaincu, expérimentant différentes opportunités qui vont amener le récit à parler de la situation des femmes durant la guerre puis suite à la défaite.

Ce récit est difficile, car les japonais et japonaises sont profondément marqués, car les vainqueurs n’ont pas la victoire modeste, car les femmes sont considérées comme encore moins que des objets au service des désirs d’une partie des américains, car l’économie du Japon est brisée et que pour survivre le corps féminin est une ressource, car chaque jour est incertain pour les adultes comme pour les enfants et qu’il faut survrivre, d’une façon ou d’une autre. Mais ces deux hommes, que nous suivons dans plusieurs situations, sont aussi porteur d’humanité car ils sont là l’un pour l’autre et parfois pour d’autres civils aussi dont nous croisons le chemin et les histoires. Il y a des personnages féminins marquants également, que j’espère nous retrouverons encore dans les tomes suivants.

Une histoire frontale de reconstruction parmi les ruines du Japon qui nous parle des répercussions de la guerre à différents niveaux et qui saura émouvoir nombre de lecteurs. Je pense cependant que ce manga s’adresse à un public averti, notamment pour ce qui est de la représentation très explicité des scènes de sexe et la violence qui leur est particulièrement associée pour certaines d’entre elles.

Pour ce qui est des dessins, ils sont impressionants de réalisme et de détails. Différents des codes habituels du manga grand public, ils s’approchent parfois de la bande dessinée occidentale voire même parfois de l’ambiance de films noirs des années 1950-60 et, pour moi, induisent d’une certaine manière que le message est bel et bien pour un public adulte.

Un premier tome qui laisse une forte impression. Le deuxième tome (déjà paru) est sur ma liste pour avril et le troisième est annoncé par l’éditeur pour le mois de juin.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Chez les vieux ploucsÔ grimoire !SambaBDMinimouth Lit


 

Et vous, suivrez-vous Toku et Kadomatsu dans leur retour à la vie civile ?

5 commentaires

  1. Il secoue, mais il m’a plu malgré certaines scènes violentes et explicites. J’espère qu’il te plaira si tu le croises. 🙂

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