‚̧ ūüĎĀ ¬ę Je ne peux le croire : Fukushima, Nagasaki, Hiroshima, ha√Įkus & tankas ¬Ľ anthologie √©tablie par Dominique Chipot (Bruno Doucey, 2018)

9782362292002

Le 6 ao√Ľt 1945, la premi√®re attaque nucl√©aire de l’histoire eut lieu √† Hiroshima. La cible : les civils. Hommes, femmes, enfants. Trois jours plus tard, le 9 ao√Ľt, la population de Nagasaki connu le m√™me sort. Un Japon incendi√© et d√©vast√© par les armes les plus destructrices de l’histoire pour acc√©l√©rer une capitulation qui se pr√©cisait pourtant. Impossible de justifier l’injustifiable. Mais regarder, 75 ans apr√®s, ne pas oublier la folie des hommes, la douleur indicible des victimes et la violence du nucl√©aire qui s’est √† nouveau d√©vers√©e sur le Japon en 2011, √† Nagasaki. Cette anthologie est l’une des plus difficiles que j’aie eue √† lire, mais il le fallait. Car aujourd’hui, les armes et centrales nucl√©aires sont pr√©sentes sur tous les continents et restent une menace permanente. Une menace dont les puissants ne veulent se d√©faire malgr√© les √©crans de fum√©e de bonnes intentions.

Quatri√®me de couverture : ¬ę En mars 2011, un s√©isme frappe le Japon, entra√ģnant l‚Äôaccident nucl√©aire de Fukushima. Pour le monde entier, l‚Äôhistoire para√ģt alors se r√©p√©ter. Chacun songe aux deux bombes atomiques qui ont √©t√© largu√©es sur Hiroshima et Nagasaki en ao√Ľt 1945, catastrophe sans pr√©c√©dent dans l‚Äôhistoire de l‚Äôhumanit√©. Nous savons quelle d√©flagration cela a provoqu√© dans la litt√©rature occidentale. Mais que sait-on des po√®tes japonais qui √©crivirent ces trag√©dies en lettres de cendre ? Pr√®s de 120 po√®tes r√©pondent √† cette interrogation, parmi lesquels Matsuo Atsuyuki, un des rescap√©s de Nagasaki, dont les ha√Įkus ont boulevers√© le Japon, ou Oyama Takami, figure majeure du tanka, qui s‚Äô√©leva toute sa vie contre l‚Äôarmement nucl√©aire. Po√®tes d‚Äôun jour ou √©crivains confirm√©s, victimes ou simples t√©moins des d√©sastres qui ont endeuill√© leur pays, ces po√®tes japonais se frayent chemin parmi les d√©combres. Avec l‚Äôespoir que le genre humain ne s‚Äôan√©antisse pas par lui-m√™me. ¬Ľ

Je ne suis pas une habitu√©e des ha√Įkus mais la forme de cette po√©sie impressionniste m’a emmen√©e avec elle. Dire en peu de mots, confier un sentiment, l’essence d’un moment qui a traumatis√© une vie, des vies. Ce sont ces peu de mots pour dire beaucoup qui m’ont impressionn√©e et √©norm√©ment √©mue. Ces ha√Įkus expriment le besoin de dire, l’importance des mots pour tenter d’exorciser ces minutes, ces heures, ces jours impossibles √† oublier. Pour rendre un peu de r√©alit√© et de vie aux proches perdus aussi. Pour t√©moigner aussi au monde.

Le recueil s’ouvre sur le po√®me La guerre de Matsu√Į Yoshiko, un grand coup qui se poursuit tout au long de la lecture. Un dernier cri de d√©sespoir qui donne son nom √† l’anthologie, face aux guerres sans cesse recommenc√©es √† peine les pr√©c√©dentes th√©oriquement termin√©es. Les mots d√©passent les lieux et les dates car la douleur de la perte n’a pas de fronti√®res, car l’empathie est en chacun de nous, qu’elle ne soit encore qu’un bourgeon ou une fleur √©panouie. Mais les mots doivent malgr√© tout rappeler des lieux et des dates car l’histoire, ici port√©e par la litt√©rature, doit nous sensibiliser pour aujourd’hui et pour demain, nous faire garder les yeux et le coeur ouverts.

La premi√®re partie est consacr√©e au s√©isme de Fukushima, un nom d√©sormais tristement c√©l√®bre √† ajouter √† la liste des noms tristement c√©l√®bres. Vient ensuite un semble de Matsuo Atsuyuki, Po√®mes d’un rescap√©, qui dit la douleur des absents, le deuil impossible et la col√®re qui suivent le passage des ann√©es sans s’att√©nuer. Il dit aussi les r√©percussions des radiations sur les corps des d√©cennies apr√®s les bombes, l’isolement de ceux que l’on appelle les atomis√©s. Pour moi, c’est un texte immense √† mettre dans les manuels scolaires. La troisi√®me partie revient enfin sur les bombes de 1945, Hiroshima, Nagasaki.

Cette anthologie nous exhorte au souvenir et √† la parole. C’est √† chacun d’entre nous qu’il revient de mettre les diff√©rents gouvernements face √† leurs reponsabilit√©s, ensemble. De faire en sorte que la liste des noms tristement c√©l√®bres ne s’allonge pas.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Pas de chronique trouvée pour le moment.


 

Et vous, quel livre en lien avec le nucléaire conseilleriez-vous pour sensibiliser sur cette question ?

8 commentaires

  1. Oh √ßa se lit sans peine, et le roman n’est pas √©pais. Il faut juste garder en t√™te que √ßa a √©t√© √©crit a une certaine √©poque, avec sa mentalit√© bien particuli√®re. En dehors de √ßa…
    La référence au nucléaire vaut en fait pour le film de 1968 que je recommande chaudement.
    Mais l’histoire est du m√™me acabit.

    Aimé par 1 personne

  2. Alors vivement la r√©ouverture des m√©diath√®ques ! ^^ (Je commence √† avoir les premiers symptomes du manque) Merci encore pour ce conseil, il va me sortir de mes habitudes en plus, que du positif ! ūüôā

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  3. Je ne peux que t’y encourager, il secoue mais il est infiniment n√©cessaire. ūüôā Et les ha√Įkus renouvellent l’exp√©rience de lecture de la po√©sie donc c’est tr√®s agr√©able aussi.

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