👁 « Je franchis les barbelĂ©s » de Souad Labbize (Bruno Doucey, 2019)

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Souad Labbize est nĂ©e en AlgĂ©rie et a vĂ©cu dans diffĂ©rents pays avant de s’installer en France. ConfrontĂ©e concrĂštement Ă  la violence, elle nous parle ici des routes de l’exil, du poids de la religion, de la guerre du point de vue de la sociĂ©tĂ© civile.

QuatriĂšme de couverture : « Mon baluchon d’exil et Berceuse pour le dieu de la guerre : les textes qui composent le livre de Souad Labbize donnent le ton d’une poĂ©sie Ă©crite par une femme celle qui a fait le choix de l’exil pour Ă©chapper aux diktats imposĂ©s par les hommes et par la religion. Femme libre, femme livre
 Qu’elle Ă©voque ceux que nous nommons aujourd’hui migrants, exilĂ©s, rĂ©fugiĂ©s, ou raille le retour du divin dans le quotidien, l’autrice affirme son droit Ă  l’insoumission et Ă  la libertĂ©. Avec des mots simples, des images concrĂštes, l’espace du rĂȘve Ă  portĂ©e de main, elle dit non au dieu douteux qui s’en sort avec un casier judiciaire vierge. Et l’on se plaĂźt Ă  rĂȘver d’un monde oĂč l’exil s’écrirait en deux mots, ex-il, tant l’avenir de l’humanitĂ© semble passer par la parole des femmes. »

ComposĂ© de deux parties, ce recueil m’a demandĂ© plusieurs jours de lecture, pour intĂ©grer et digĂ©rer les diffĂ©rents poĂšmes qui prennent la route et se confrontent Ă  l’inconnu, Ă  ce qui est restĂ© derriĂšre l’auteure et derriĂšre les milliers et milliers de vies qui marchent vers un demain, ailleurs, Ă  ce qui a causĂ© le dĂ©part aussi.

Certains poĂšmes ont Ă©tĂ© plus difficiles Ă  habiter que d’autres, la langue de Souad Labbize parle cependant avec force et ses mots sont frappants et riches d’images difficiles Ă  ne pas se figurer. La beautĂ© de certaines sont prĂ©sentes pour prendre le dessus sur la laideur des rĂ©alitĂ©s, l’effet est indĂ©niable. Et dans la colĂšre se mĂȘle la beautĂ©, liĂ©e Ă  l’enfance ou au pays qui a portĂ© ses premiers mots et ses premiers pas. Un amour pour les souvenirs, un amour pour les proches. Mais des souvenirs entĂąchĂ©s de peur et de tristes constats.

La difficultĂ© de partir, l’incertude d’avoir fait le bon ou le mauvais choix, le doute sur la route, les souvenirs qui portent autant qu’ils blessent, le courage et les moments de dĂ©sespoir, l’accueil relatif et les stĂ©rĂ©otypes Ă  l’encontre les exilĂ©s. Souad Labbize dĂ©nonce les nationalismes, les guerres au nom de Dieu, les enfants assassinĂ©s par les bombes, elle nous parle aussi du besoin de dire mais de la difficultĂ© qui parfois l’empĂȘche. Ce n’est pas pareil de dire et d’Ă©crire. Elle nous parle de beaucoup de choses et il faut venir et revenir entre ses mots car il est impossible de les rĂ©sumer. Il vaut mieux vous y inviter.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniquĂ© : Chroniques des imposteurs


 

Et vous, accompagnerez-vous ses pas à travers les barbelés ?

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