❤ « Au point du jour » de Hans-Ulrich Treichel (Gallimard, 2019)

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Ce livre de peu de pages mais lourd d’un passé et d’un présent qui hantent la narratrice, je l’ai attrapé, par hasard. Et ce fameux hasard m’a fait croiser le chemin d’un texte qui m’a saisie par son rythme et par son contenu poignant. Une découverte de Hans-Ulrich Treichel marquante.

Quatrième de couverture : « Aux confins de la nuit, une femme âgée découvre le corps sans vie de son fils. Le sachant condamné par la maladie, elle l’avait invité à venir s’installer chez elle, où elle s’est occupée de lui jusqu’à son dernier souffle.

Posant la tête du défunt sur ses genoux, la mère s’adresse à lui une dernière fois et remonte le temps, dans une oraison funèbre déchirante. Tant que l’aube ne point pas, elle demeure auprès du gisant et lève peu à peu le voile sur ce qui jusqu’alors était resté tu.

À la fois discours d’adieu à l’être aimé et enquête pointilliste sur les conséquences intimes de certains événements historiques, Au point du jour est un bouleversant portrait de mater dolorosa, dont la subtile gravité donne à voir une facette supplémentaire de l’admirable talent de Hans-Ulrich Treichel. »

Hans-Ulrich Treichel nous parle de l’histoire de l’Europe centrale, de la guerre, de l’arrivée des troupes soviétiques, des crimes que l’on commet sur des populations que l’on estime vaincues, sur la vie qui doit continuer, sur les doutes qui subsistent et qui, chaque jour, sortent de l’ombre pour venir maltraiter l’esprit. Il nous parle aussi d’une mère qui vient de perdre son enfant, qui lui parle une dernière fois pour lui dire ce qu’elle n’a jamais réussi à lui dire, attendant et craignant à la fois le lever de soleil, ce jour scellant la mort de son fils, qui sera alors constatée par le médecin.

Entre passé et présent, c’est un portrait de femme avec ses failles et ses forces, avec sa résilience, avec son humanité mais aussi ses préjugés. Un personnage attachant car avec des aspérités, émouvant car revenu d’une épreuve enfouie durant toute une vie. Mais c’est aussi une mère qui nous interpelle, dans ce qu’elle a tenté de partager avec son fils et dans ses absences, ses visites de plus en plus rares. Les mots d’une mère que l’auteur habite magnifiquement, qui viennent résonner dans les oreilles des enfants que nous sommes tous.

Une très belle découverte, une écriture subtile et en sensibilité qui vise juste. Un monologue réaliste qui nous donne presque l’impression de pouvoir presser de notre main compatissante le bras de cette femme qui aura survécu à toute sa famille et à sa propre vie.

Il ne me reste plus qu’à trouver et à découvrir, probablement le coeur bien alourdi, d’autres romans de l’auteur : Vol humain, Le disparu et Anatolin sont dans mes priorités. Je vais le suivre de près.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Aucune chronique trouvée pour le moment.


 

Et vous, tiendrez-vous compagnie à cette mère qui guette l’arrivée du jour ?

2 commentaires

  1. J’espère qu’il te plaira, ça a été ma grande surprise de ces derniers jours, je ne m’attendais pas à aimer autant. Et moi non plus je n’en avais pas du tout entendu parler. 🙂 Merci à toi !

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