« Blue Pearl » de Paula Jacques (Gallimard jeunesse, 2020)

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Impossible de laisser passer ce roman jeunesse ! Sensibiliser les nouvelles générations au passé dont les stigmates sont encore visibles me tient tellement à cœur que je me suis jetée sur ce roman qui revient sur l’histoire de l’esclavage aux États-Unis et ses premiers pas vers son abolition.

Quatrième de couverture : « Je m’appelle Eliza Burlington. Je suis née esclave de Sir Thomas burlington dont la plantation se trouvait à six miles environ de Suffolk, dans l’État de Virginie. Je lui ai appartenu pendant une douzaine d’années au même titre qu’un chien, une mule ou un meuble de maison.

Le jour où la poupée de son enfance ressurgit dans sa vie, c’est tout le passé de Lizzie qui remonte à la surface, d’un seul coup. La Grande Maison des propriétaires où sa mère cuisinait, Laura May, sa cruelle petite maîtresse, le charme de Luther, le jeune rebelle, et puis ce nouveau régisseur, casseur de nègres. On disait qu’à cinq cents kilomètres de là, l’esclavage était aboli… »

Paula Jacques crée son histoire à partir d’un objet très intéressant : une poupée noire fabriquée par la mère de la narratrice, une femme appartenant à une famille d’exploitants, au même titre qu’un meuble, esclave. Ces poupées ont fait l’objet d’une exposition récemment et je dois dire qu’il faudrait que je me renseigne encore davantage sur ce précieux témoignage qui rend encore plus vif le sujet abordé ici, car impossible de dissocier la poupée de l’enfance, même si elle ne représente pas uniquement cela.

A l’ouverture du roman, Lizzie est devenue une vieille femme. Un jour, quelqu’un frappe à sa porte et lui montre une poupée. Aucun doute, c’est la sienne, celle que sa mère lui avait confectionné pour cet anniversaire, celui d’il y a bien longtemps mais qu’elle ne pourra jamais oublier. Les souvenirs affluent et le lecteur va remonter le temps en compagnie de Lizzie, enfant du 19ème siècle, esclave d’un maître moins pire que certains mais qui reste un homme qui possède des hommes sans que cela ne lui pose problème.

La vie quotidienne, le rapport aux maîtres et à la jeune maîtresse à peine plus âgée que Lizzie, les peurs et les rumeurs d’une guerre qui finira par se déclarer comme Sécession. Puis, un déclencheur. Celui qui va tout faire changer pour la mère et la fille.

J’ai aimé ce portrait de jeune fille, mais aussi de femme car la mère de Lizzie occupe une place importante dans le récit. J’ai trouvé l’écriture de Paula Jacques adaptée à la sensibilité du sujet ainsi qu’à l’âge des lecteurs. J’ai cependant trouvé qu’il manquait un peu de nuance concernant Abraham Lincoln et la situation sociale des années 1920, le présent de Lizzie, devenue une vieille femme. J’aurais juste aimé une précision : tout ne s’est pas joué en un combat, la lutte pour l’égalité n’était pas au bout de ses peines.

Ce roman reste une entrée intéressante sur ce sujet pour les lecteurs à partir de 12 ans, il ne manquera pas de faire émerger des questions, d’amorcer une conversation qui nous concerne tous.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Pas de chronique trouvée pour le moment.


 

Et vous, quel autre livre pour la jeunesse conseillez-vous sur ce sujet ?

2 commentaires

  1. Je pense que ça peut être une porte d’entrée marquante pour de jeunes ados. Honnêtement, en dehors des deux petites réserves exprimées dans la chronique, je n’ai pas pu le lâcher de toute la lecture. 🙂

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