❤ 👁 « Elles sont au service » de Fabienne Swiatly (Bruno Doucey, 2020)

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Pour commencer ce mois consacré à la poésie et aux éditions Bruno Doucey, j’ai souhaité vous parler de l’une de leurs dernières publications. Fabienne Swiatly s’est beaucoup intéressée au milieu du travail et ici ce sont les femmes qui sont mises en avant, les femmes qui sont dans des emplois au service des autres, souvent dans l’aide à la personne, dans la santé, dans l’assistance. C’est vrai, c’est beau, c’est un acte social. Tout simplement.

Quatrième de couverture : « Aide à la personne, soin, accueil, éducation… Prise en charge du corps de l’autre… Entretien des bureaux, des maisons, des écoles.

Dès les premiers mots, le ton est donné sans faux-semblants : c’est des femmes au travail dont nous parle ce livre composé de petites proses. Soixante-deux textes pour être précis, comme autant d’instantanés cadrés serrés, de fragments sans prétention qui donnent à voir les fragments de vie de celles qui sont au service. Sans jugement ni commisération, avec un sens aigu du détail et du langage des corps, Fabienne Swiatly scrute la réalité sociale et les tâches dévolues aux femmes. Pénibilité, abnégation, révolte ou beauté du geste –, celles qui se taisent trouvent dans la plume exacte de l’autrice une alliée de premier ordre. Total respect. »

Infirmières, femmes de ménages, caissières, prostituées, ces femmes sont photographiées à un moment de leur vie professionnelle par la bienveillance de Fabienne Swiatly. Entre jeu sur les mots du quotidien, ironie d’un instant, douceur d’un geste, altruisme immodéré, injustice sociale ancrée, réalité cruelle, réparties percutantes, l’auteure nous fait voyager dans des vies de femmes.

Chaque portrait est un instantané. Une poésie du quotidien, en prose. Un portrait par page, un tiers de page. Un petit texte porteur de grands sujets de société. Dire beaucoup en peu de mots, c’est le talent de Fabienne Swiatly. Et avec la réflexion, l’émotion. J’en ai vécu tout un panel, dans un premier temps lors d’une lecture de l’auteure (magnifique moment avec le ton originel), puis seule, au milieu des gens, dans le bus. Le lieu où l’on ne se regarde pas ou si peu. Lieu où les vies se croisent, et parmi elles des femmes, qui sont au service, y vont ou en reviennent.

Les histoires de ce livre ne restent pas calmement rangées entre les pages, elles prennent vie et nous suivent. Une conclusion qui fait grandir le regard porté à l’autre, comme dans le dernier recueil de Maram Al-Masri, Métropoèmes. Deux nouveautés qui se répondent et qui, pour citer Bruno Doucey, pourraient être deux silex qui créent des étincelles.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Pas de chronique trouvée pour le moment.


 

Et vous, souhaitez-vous porter votre regard sur ces instants ?

5 commentaires

    1. Oh oui !!! ^^ Si tu as des conseils en termes de maisons d’édition de poésie, je suis preneuse, car pour le coup, en dehors de Bruno Doucey, je suis complètement perdue. ^^’

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