« Nord » de Merethe Lindstrøm (Cambourakis, 2020)

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Voici peut-être ma lecture la plus difficile de ce début d’année. Une lecture qui appelle à redécouvrir La route de Cormac McCarthy, une lecture qui laisse des traces et qui m’a permis de découvrir une auteure norvégienne au style transperçant. En un mot, une lecture qui ne m’a pas laissée indifférente.

Quatrième de couverture : « Après une catastrophe non déterminée, des milliers de personnes ont été contraintes d’abandonner leur maison et de se mettre en marche pour une destination plus paisible. Un jeune homme de dix-sept ans est parvenu à s’extirper du flot des déplacés. Il marche désormais seul, en quête du Nord, cette région familière où il espère retrouver quelques âmes connues et un semblant d’hospitalité. En chemin, il rencontre un garçon plus jeune qui va l’accompagner dans son périple. Entre ces enfants tous deux porteurs d’un secret va s’établir une forme de compréhension, de complicité particulièrement précieuse en ces temps hostiles.

Dans ce roman intense, Merethe Lindstrøm s’empare des traumas et d’un sentiment de désorientation généralisé faisant écho aux divers drames actuels pour nous offrir une fable particulièrement bouleversante. »

Je m’attendais à ce que ce roman soit difficile mais je ne pensais pas qu’il le serait autant. Dans le froid, dans la soif, dans la perte de repères, dans le passé impossible à oublier et qui poursuit les personnages, ce roman a de quoi laisser des traces au cœur de chaque lecteur.

Nous n’avons pas localisation, nous n’avons pas de datation. Nous avons le narrateur qui nous guide vers le nord, toujours le nord, direction de son ancien foyer. Et, avec lui, nous avons les souvenirs du passé, les épreuves infligées par des hommes à d’autres qu’ils ne considéraient plus comme tels, les souffrances et les marches, déjà, interminables. Avec lui également, un autre garçon, taiseux et tout aussi perdu. Ce ne sont encore des enfants, et pourtant…

La route vers le nord sera longue et, sur le chemin, d’autres épreuves les attendent. Dans un monde ravagé par les hommes, presque aveugle aux autres, cramponné à ses croyances qui engendrent indéfiniment des victimes, le foyer finira-t-il par devenir réel ?

Tout au long de ma lecture, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à des périodes concrètes, mais le fait de ne pas localiser et de ne pas dater donne à ce roman une évocation universelle et intemporelle. Un appel à la vigilance hors des lieux et hors du temps pour nous ramener encore plus fort à des réalités. Derrière les mots du narrateur, on peut voir le passé, la mémoire, mais aussi le présent dont les routes sont foulées par les pieds fatigués d’hommes, de femmes et d’enfants qui cherchent un abris au prix de leur vie.

Un roman émotionnellement difficile, avec certains passages choquants, mais qui veut secouer l’humanité comme un geste désespéré pour nous réveiller, une auteure dont je vais suivre les prochaines traductions de près, je peux vous l’assurer.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Pas de chronique trouvée pour le moment.


 

Et vous, quel autre roman sur les routes recommanderiez-vous ?

3 commentaires

    1. Je n’ai pas encore lu « La route » mais je pense qu’il est aussi difficile que celui-ci. Des lectures qui manquent d’air mais qui plantent des graines de réflexion assez rares. 🙂

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