👁 « L’homme qui avait soif » d’Hubert Mingarelli (Stock, 2014 ; J’ai lu, 2015)

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VoilĂ  un roman qui serre le coeur comme Hubert Mingeralli savait les Ă©crire, mais sans en faire trop, en toute simplicitĂ© qui cache cependant une Ă©criture complexe, rĂ©duite Ă  l’essentiel. Il nous parle de l’impact de la guerre sur les hommes Ă  travers le personnage d’Hisao, traumatisĂ© et habitĂ© par une soif obsĂ©dante.

QuatriĂšme de couverture : « Japon, 1946, pendant l’occupation amĂ©ricaine. DĂ©mobilisĂ© depuis peu, Hisao revient de la montagne avec une soif obsĂ©dante et des rĂȘves qui le hantent. À bord du train qui doit le conduire vers la femme aimĂ©e, il commet une terrible erreur. Descendu pour boire, il voit le train repartir avec sa valise et l’Ɠuf de jade qu’il a prĂ©vu d’offrir Ă  Shigeko.

Alors qu’un suspens subtil mais intense invite le lecteur Ă  suivre les pĂ©ripĂ©ties d’Hisao courant aprĂšs sa valise, se dessine la bataille de Peleliu oĂč il a combattu aux cĂŽtĂ©s de Takeshi, jeune soldat troublant qui chante dans le noir. Et qui mourra Ă  ses cĂŽtĂ©s.

Dans ce roman aussi puissant que poĂ©tique, Hubert Mingarelli Ă©voque avec une rare Ă©lĂ©gance l’amitiĂ© entre hommes et le Japon meurtri par la guerre. Hisao retrouvera-t-il sa valise et arrivera-t-il jusqu’au mystĂšre Shigeko ? »

DĂšs l’ouverture du roman, Hisao a soif et va tout faire pour boire, perdant ainsi sa valise et le cadeau qu’il souhaitait offrir Ă  sa fiancĂ©e, Shigeko. Cette jeune femme, il ne l’a jamais vue et il part justement la retrouver. La valise, synonyme de promesse de bonheur avec Shigeko – et donc de nouvelle vie -, va devenir sa quĂȘte Ă  travers un Japon trĂšs loin d’ĂȘtre remis de la guerre. Et cette course sur les routes, rythmĂ©e par la soif et le souvenir de Takeshi, est aussi la route du deuil.

Cet ami, restĂ© dans la montagne, mĂ©ritait une vie Ă  la hauteur de la beautĂ© de son chant, portĂ© les nuits au cours desquelles les coups des outils ne cessaient jamais contre les parois de la montagne, au cours desquelles la voix Ă©tait un monde hors de la rĂ©alitĂ© de la guerre. Une montagne qui devait faire barrage, une montagne qui est devenue tombeau. OĂč est aujourd’hui partie son Ăąme ? A-t-elle pu sortir de la montagne ? Et ce souvenir de l’amĂ©ricain qui hante Hisao, le retrouvera-t-il pour conjurer la dĂ©tonation de son rire ?

Ce roman nous parle plus que jamais d’une amitiĂ© entre deux hommes, jeunes, qui n’ont pas eu le temps de vivre avant que la guerre ne viennent les dĂ©truire. Deux Ăąmes qui se sont rencontrĂ©es et reconnues dans la noirceur des boyaux rocheux. Rien ne peut plus ĂȘtre comme avant et Hisao se situe sur cette faille qui le retient dans le passĂ© alors que l’avenir l’attend.

Une lecture trÚs émouvante qui, bien que située dans le temps et géographiquement définie, porte en elle une force bien plus universelle.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniquĂ© : PatiVore ‱ Ecrire dehors


 

Et vous, suivrez-vous Hisao Ă  la recherche de sa valise ?

5 commentaires

    1. Oui, il Ă©tait un peu en dessous d’autres de ces romans. J’en avais discutĂ© avec un libraire qui le connaissait et l’apprĂ©ciait et il m’expliquait que sa maladie l’avait beaucoup fatiguĂ©. Je me suis ensuite dit qu’Ă©tant fatiguĂ©, c’est un sacrĂ© livre quand mĂȘme. 🙂 Tu le sens que j’ai perdu toute objectivitĂ© vis-Ă -vis d’Hubert Mingarelli ? ^^

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