👁 « La promesse » d’Hubert Mingarelli (Seuil, 2009)

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Ce roman nous parle d’un dernier au-revoir, d’une rencontre du passé qui a compté, de la distance qui s’est installée et de sa marque, toujours présente des années plus tard. Avancer sur la rivière et trouver l’endroit parfait pour déposer cette petite boîte. Avancer, et trouver la source, là où tout commence.

Quatrième de couverture : « Naviguer sur un lac peut réserver des émotions tellement particulières qu’il est impossible de les partager avec qui que ce soit. D’habitude, Fedia emmène son fils avec lui, mais cette fois non. Et pourtant, Fedia ne cessera de penser à lui. Aux paroles qu’il va devoir trouver pour lui dire ses intentions, ce qu’il était parti faire sur l’eau ce jour-là. Dans le fond de sa poche, une petite boîte en carton fermée par un élastique. Le chagrin est dépassé, du moins le croit-il. La nuit s’avance, la rivière a remplacé le lac, et Fedia continue de frapper avec ses avirons la surface baignée de lune. Il était une fois deux âmes en perdition. Deux jeunes matelots qui s’étaient fait une promesse. »

Fedia est un personnage très touchant, dans son histoire passée mais aussi dans son histoire présente : dans son rapport à son fils, plein d’amour et de pudeur, mais aussi dans le mal qu’il se donne pour déposer la petite boîte qui renferme des émotions passées, un ami proche qui l’a aidé à dépasser des épreuves alors qu’il sortait tout juste de l’enfance.

Dans ce roman, Hubert Mingarelli nous parle de la force de l’amitié entre les hommes, exacerbée pas le contexte d’un centre exclusivement masculin, viril, et régi par des règles strictes et par l’humiliation des supérieurs. Un amitié qui se voulait unique, une amitié qui s’est perdue au large. Et pourtant, aujourd’hui le voilà avec une mission qu’il va accomplir avec sérieux, pour son ami, pour lui, pour son fils.

Comment bien faire les choses (parce qu’une promesse a été faite) et comment bien les dire lorsqu’elles remuent des émotions enfouies et des douleurs que l’on pensait enterrées ? C’est à ces questionnements que Fedia devra répondre, au cœur des bruits puis des silences de la rivière.

La langue d’Hubert Mingarelli est belle comme les tâches de soleil sur la surface de l’eau, malgré cela il m’a manqué un tout petit rien pour me laisser emmener entièrement dans cette histoire. Un très beau récit que je conseille aux admirateurs de l’auteur, mais peut-être pas le premier à découvrir pour les lecteurs qui ne le connaissent pas encore. En ce qui me concerne, même lorsque le coup de cœur n’est pas là, c’est un plaisir immense de le lire et de voyager dans son univers.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : Pas de chronique récente trouvée pour le moment.


 

Et vous, quel livre sur le deuil vous a conquis par sa délicatesse ?

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