👁 « Hommes sans mère » d’Hubert Mingarelli (Seuil, 2004)

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Cet article a été publié une première fois le 5 juin 2019. Le premier que je découvrais et qui ne se déroulait pas en contexte de conflit. Des hommes entre eux, avec leurs blessures, leurs frustration mais aussi et surtout, leur solitude.

Retrouver Hubert Mingarelli me fait toujours du bien. Je ne sais pas comment l’expliquer mais c’est comme parfois reprendre son souffle : remplir ses poumons, se libérer et s’offrir un plaisir subtil difficilement descriptible. J’ai encore quelques livres de cet auteur qui m’attendent mais je ne veux pas les lire trop vite, j’ai besoin de pouvoir me dire qu’il en reste encore. Bref, j’adore Hubert Mingarelli.

Quatrième de couverture : « Maria était assise sur le bord du lit, et Homer sur la chaise en face d’elle. La chambre était exiguë, elle ne possédait pas de fenêtre, il y avait un lit, une chaise, et une patère suspendue à la porte. Les murs étaient montés en briques et peints en blanc. Une ampoule de faible intensité brillait dans une lampe en papier rouge, contre l’un des murs. En dessous il y avait un lavabo, et le lit était recouvert d’un drap propre. Maria souleva ses pieds du sol et tendit ses jambes. Homer accrocha sa casquette au montant de la chaise.

РTes jambes sont tr̬s jolies.

– Merci.

– Je les aime beaucoup.

– Je sais.

– Comment peux-tu le savoir?

– Tu les as beaucoup regardées tout à l’heure.

– Tu m’as vu les regarder?

– Oui, mais ça ne m’a pas gênée. »

Nous commençons ce récit en découvrant deux hommes aux caractères et à l’expérience très différents. Un loup de mer et une jeune recrue, voilà le duo que nous allons suivre alors que leur bateau a débarqué pour un jour et une nuit. Cette nuit, ils veulent la passer auprès de femmes, mais pas dans la maison de passage qui ouvre ses portes au reste de l’équipage. Non. Ce qui leur faut c’est une maison plus éloignée, qui se mérite, loin des hommes avec qui ils passent déjà leur vie et qui ne leur laisse pas une minute de répit.

Il faut réussir à trouver cette maison, il le faut. Ils la trouveront. Commence alors une nuit qui rassemble les âmes esseulées, qui les lie et les confronte à leurs blessures et à leurs rêves brisés. Une nuit entre hommes et femmes, entre un homme sans femme et un homme sans mère, quoi qu’il en soit entre hommes qui recherchent une présence féminine pour les rassurer et les entourer.

La subtilité d’Hubert Mingarelli fait encore mouche, sa langue envoûte et touche au coeur. J’ai peur de ne pas retrouver l’émotion intense ressentie à la lecture de Quatre soldats, mais ce fut un très agréable moment de lecture. Encore un livre en moins à découvrir de cet auteur, je sens l’angoisse monter un peu plus…

Vraiment, si vous ne connaissez pas encore cet auteur, allez-y ! Faites-vous du bien ! ♥

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué :


 

Et vous, quel est votre livre préféré d’Hubert Mingarelli ?

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