« Le jardin » de Hye-Young Pyun (Rivages/Noir, 2019) #RL2019

Je ne lis que très rarement des thrillers ou des romans à suspens (il serait bien de m’y aventurer un peu plus) mais ce livre m’a tapé dans l’oeil lors de ma veille éditoriale pour la rentrée littéraire. Un contexte narratif très particulier, torturé et réaliste, une relation entre les personnages qui s’annonçait bien tendue. Bref, le parfait mélange pour une soirée sans lune.


Quatrième de couverture : « Ogui, paralysé et défiguré après un accident de voiture ayant causé la mort de sa femme, se retrouve enfermé chez lui sous la tutelle d’une belle-mère étrange. Cette dernière, une veuve respectable, le néglige peu à peu, le laissant affronter seul sa rééducation et le deuil de son épouse. Plus étrange encore, elle s’obstine à creuser un immense trou dans le jardin entretenu autrefois par sa fille. Afin, dit-elle, de terminer ce qu’elle avait commencé. »


Ogui se réveille à l’hôpital : il ne sent plus son corps et est incapable de parler mais il se souvient avoir eu un accident. Dans la voiture il y a avait sa femme, il ignore encore qu’elle n’a pas survécu. Les chocs vont se succéder : apprendre la perte de son épouse, apprendre la perte de son corps, apprendre la perte de sa vie pour laquelle il s’est démené durant plusieurs décennies.

Après un temps passé à l’hôpital où sa belle-mère est présente à ses côtés, l’heure est venue de rentrer chez lui. Cette maison que sa femme avait aimé et son jardin dans lequel elle s’était activée, donnant parfois l’impression de frôler la folie. Car s’il est question de deuil d’un couple et du deuil de soi, c’est aussi le portrait d’un couple qui s’est délité que dresse Hye-Young Pyun. Et la défunte a laissé une immense souffrance dans le coeur de sa mère comme des lignes et des lignes de témoignage de colère envers son mari. Entre fantasmes et réalité, la belle-mère va installer une atmosphère étouffante et malsaine. Elle doit terminer le projet de sa fille.

Je dois reconnaître que j’ai eu un peu de mal à entrer dans le récit. Le rythme m’a plusieurs fois fait piquer du nez mais après une bonne sieste et la reprise de ma lecture, passé le premier tiers à peu près, je n’ai plus réussi à m’arrêter. Coincée dans ce huis clos, dans les pensées d’Ogui qui n’arrive pas à communiquer, je me suis sentie démunie et terrifiée face à cette belle-mère qui oscille entre tristesse naturelle et manipulation malveillante. C’est cette impossibilité de s’opposer, le fait d’être à la merci du danger sans pouvoir se défendre ou d’en parler qui tient le lecteur. La question en suspens est : quand cela va-t-il se terminer ? Peut-être même plus que comment.

Je peux le conseiller aux personnes qui, comme moi, n’ont pas l’habitude de lire ce genre littéraire car il est accessible et court. Il y a assez peu de risques de l’abandonner, ou plutôt, si la lecture ne s’avère pas particulièrement prenante, il est plus facile de s’encourager à poursuivre. Je suis maintenant curieuse de connaître les avis des amateurs et éclairés du genre… et de tout autre lecteur, bien entendu !

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : La viduité


 

Et vous, quel(s) livre(s) pour débutant en thrillers conseilleriez-vous ?

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