« Jour de courage » de Brigitte Giraud (Flammarion, 2019) #RL2019

Vous me proposez un roman qui parle de la Seconde Guerre mondiale — qui plus est des autodafés — mais aussi des questions de discriminations actuelles, d’acceptation de sa sexualité à l’encontre des regards insistants du monde ? Je vous dis : on y va !


Quatrième de couverture : « Lors d’un exposé en cours d’histoire sur les premiers autodafés nazis, Livio, 17 ans, retrace l’incroyable parcours de Magnus Hirschfeld, ce médecin juif-allemand qui lutta pour l’égalité hommes-femmes et les droits des homosexuels dès le début du XXe siècle. Homosexuel, c’est précisément le mot que n’arrive pas à prononcer Livio : ni devant son amie Camille, dont il voit bien qu’elle est amoureuse de lui, ni devant ses parents. Magnus Hirschfeld pourrait-il parler pour lui ? Sous le regard interdit des élèves de sa classe, Livio accomplit alors ce qui ressemble à un coming out.

Deux histoires se mêlent et se répondent pour raconter ce qu’est le courage, celui d’un jeune homme prêt à se livrer, quitte à prendre feu, et celui d’un médecin qui résiste jusqu’à ce que sa bibliothèque de recherche soit brûlée vive. À un siècle de distance, est-il possible que Magnus Hirschfeld et Livio se heurtent à la même condamnation ? »


Livio doit faire un exposé et ce moment, justement d’exposition face à ses camarades, va devenir une occasion d’aborder bien plus qu’un épisode historique ciblé. Une grande partie du texte se passe dans la salle de classe et nous apprenons, comme les élèves plus ou moins concentrés, beaucoup de choses sur la vie et les engagements de Magnus Hirschfeld qu’il est difficile de ne pas admirer. Difficile aussi de ne pas admirer cet adolescent en pleine construction et en pleine révélation à lui-même, qui va amener à réfléchir aux discriminations et aux persécutions d’hier à l’aune du présent. Ou serait-ce l’inverse ?

Il y a les camarades qui soutiennent silencieusement, ceux qui attendent la sonnerie, ceux qui n’ont pas besoin de grand chose pour se faire remarquer, que ce soit pour être tatillon ou pour déconcentrer le groupe, et ceux qui se font plus menaçants. Il y a aussi une enseignante qui ne sait pas où Livio va vouloir en venir, sur le qui-vive, tendue. Enfin, il y a Camille, que Livio connaît depuis des années pour être son meilleur ami. Camille qui l’aime et qui va comprendre, malgré le déni, ce qui lui tombe d’un coup sur le coeur.

Ce texte, même s’il ne m’a pas emportée, est l’occasion dans la rentrée littéraire de parler de difficultés encore réelles aujourd’hui de vivre une vie libre lorsque l’on dépasse d’une norme, elle-même dépassée. Entre l’absence de dialogues avec des parents, l’ego blessé d’une amie qui ne supporte pas le secret et la fuite des illusions, les menaces homophobes de jeunes de sa classe, quels choix s’offrent à Livio ? Entre mémoire et discriminations d’aujourd’hui, faut-il que nous n’apprenions pas ? Une approche des deux sujets singulière et intéressante, mais je suis malheureusement un peu restée à distance.

Pour en savoir plus

 


Ils/Elles l’ont aussi lu et chroniqué : L’Emeraude littéraireLes chroniques de KoryféeClara et les motsGirl kissed by fireIel était une fois…La Belette StéphanoiseLivresque78Lilylit


 

Et vous, est-ce un livre qui a retenu votre attention et qui vous a davantage convaincu ?

Commentaires

4 comments on “« Jour de courage » de Brigitte Giraud (Flammarion, 2019) #RL2019”
  1. Ce livre est dans ma wishlist. Ke trouve le thème très intéressant

    Aimé par 1 personne

    1. Usva K. dit :

      Il aborde des thèmes passionnants, c’est sûr. Je pense que c’est le style qui m’a moins convaincue. J’espère qu’il te plaira entièrement, du début à la fin ! 🙂

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  2. lilylit dit :

    Je l’ai beaucoup aimé mais sans doute aussi parce que la thématique me touche. J’avais aussi beaucoup aimé le précédent de cette autrice, « Un loup pour l’homme ».

    Aimé par 1 personne

    1. Usva K. dit :

      Ah je n’ai pas lu d’autre roman de l’auteure, je vais aller voir ça. 🙂 Pour le coup, je suis sensible aux thématiques, particulièrement la Seconde Guerre mondiale, mais aussi à l’identité individuelle et/ou sexuelle et là ça n’a pas pris pour moi. La thématique n’a pas suffit même si j’ai passé un bon moment. 😉

      Aimé par 1 personne

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